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	<title>Cinématraque</title>
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	<description>Si on avait du talent, on ferait des films</description>
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	<title>Cinématraque</title>
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		<title>Cannes 2026. Le bilan !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mehdi Khnissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 13:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[bilan]]></category>
		<category><![CDATA[cannes]]></category>
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		<category><![CDATA[palmares]]></category>
		<category><![CDATA[Palme d'Or]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, Cinématraque met un point final à sa couverture du Festival de Cannes par un article bilan ! [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/06/03/cannes-2026-le-bilan/">Cannes 2026. Le bilan !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, Cinématraque met un point final à sa couverture du Festival de Cannes par un article bilan !</p>
<p><strong>Nombre de films vus</strong></p>
<p>Juliette : 26</p>
<p>Julien : 36</p>
<p>Mehdi : 33</p>
<p><strong>Podium (toutes catégories confondues)</strong></p>
<p>Juliette : <em>Notre Salut</em> (Emmanuel Marre &#8211; Compétition) / <em>Soudain</em> (Ryusuke Hamaguchi &#8211; Compétition) / <em>Clarissa</em>  (Chuko Esiri et Arie Esiri &#8211; Quinzaine)</p>
<p>Julien : <em>Soudain</em>  (Ryusuke Hamaguchi &#8211; Compétition) / <em>Notre Salut</em> (Emmanuel Marre &#8211; Compétition) / <em>Merci d&rsquo;être venu</em>  (Alain Cavalier &#8211; Quinzaine)</p>
<p>Mehdi : <em>Minotaure (</em>Andreï Zviaguintsev &#8211; Compétition)/ <em>Soudain</em> (Ryusuke Hamaguchi &#8211; Compétition)/ <em>La libertad doble </em>(Lisandro Alonso &#8211; Quinzaine)<em><br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Plan le plus marquant (toutes catégories confondues)<br />
</strong></p>
<p>Juliette : Le dernier plan de <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/minotaure-dandrei-zviaguintsev-prendre-le-capitalisme-par-les-cornes/"><strong><em>Minotaure</em></strong></a>. Impossible de le révéler ici dans son exactitude. Il arrive à rendre abstraite une image pourtant connue, et il la transforme pour montrer la destruction du monde. Il crée un long tableau cauchemardesque et tragique qui semble représenter la Terre entière ruinée par le guerre. Il nous évoque ainsi toutes les blessures des dernières années. C&rsquo;est une pure idée visuelle qui fait penser à du Lynch autant qu&rsquo;aux représentations de l&rsquo;Apocalypse.</p>
<p>Julien : Moins un plan qu&rsquo;une scène, celle du champ de maïs à la fin de <em>Paper Tiger</em>, modèle de précision de montage visuel et sonore, apogée de classicisme classieux dans le très beau film de James Gray, un de ceux qui grandit dans mes souvenirs depuis mon retour de Cannes.</p>
<p>Mehdi : Le dernier plan de <em>Yesterday, the eye didn&rsquo;t</em> sleep, film palestinien un peu trop convenu dans l&rsquo;ensemble, mais qui finit sur un magnifique plan d&rsquo;émancipation. Peut-être que ce plan est un peu trop « démonstratif », mais je le trouve vraiment réussi et il donne une belle dimension au film.</p>
<p><strong>Meilleurs actrice et acteur (toutes catégories confondues)<br />
</strong></p>
<p>Juliette : Léa Seydoux &#8211; <em>L&rsquo;Inconnue</em> / Swann Arlaud &#8211; <em>Notre Salut</em></p>
<p>Julien :  Léa Seydoux &#8211; <em>L&rsquo;Inconnue / Tom Sturridge &#8211; The Man I Love<br />
</em></p>
<p>Mehdi : Virginie Efira et Tao Okamoto &#8211;<em>Soudain /  Swann Arlaud &#8211; Notre Salut</em></p>
<p><strong>Film que tu regrettes le plus avoir raté (toutes catégories confondues)<br />
</strong></p>
<p>Juliette : Ben&rsquo;imana de Marie-Clémentine Dusabejambo (Un Certain Regard)</p>
<p>Julien : <em>La Gradiva</em> (Semaine de la Critique) et <em>Teenage Sex and Death at Camp Miasma</em> (Un Certain Regard)</p>
<p>Mehdi : <em>La Gradiva</em> (Semaine de la Critique)</p>
<p><strong>Ton avis sur le palmarès et cette édition dans son ensemble</strong></p>
<p>Juliette : Lorsqu&rsquo;on l&rsquo;a suivi au gré des projections sur la Croisette, cette édition a souffert d&rsquo;une grille de programmation étrangement mal construite. Les films semblables se sont retrouvés projetés les uns à la suite des autres avec tous les japonais dans les premiers jours, tous les films d&rsquo;époque <em>queer</em> dans les trois derniers, et une première semaine assommante sur les figures d&rsquo;artistes en réflexion ou en souffrance. Encore une fois le cinéma est sans prolétaire et les films se sont presque tous sentis obligés d&rsquo;ajouter une forme de création quel qu&rsquo;elle soit, comme si rien d&rsquo;autre n&rsquo;était important. À cet égard, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/22/notre-salut-demmanuel-marre-au-bureau-citoyen/"><strong><em>Notre Salut</em></strong></a> qui se moque d&rsquo;un petit écrivain ou <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/21/fjord-a-rome-fais-comme-les-roumains/"><strong><em>Fjord</em> </strong></a>et <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/minotaure-dandrei-zviaguintsev-prendre-le-capitalisme-par-les-cornes/"><strong><em>Minotaure</em> </strong></a>qui se sont passés de ces figures m&rsquo;ont fait beaucoup de bien. Oui on huait Canal+ mais dès que les salles s&rsquo;éteignait, il y avait une fracture qui dépassait ce logo. La cassure c&rsquo;est celle d&rsquo;une sélection avec des films très majoritaires occidentaux, avec beaucoup de cinéastes parlant d&rsquo;elles/eux-mêmes. Cette réflexion ne concerne pas la qualité des films qui, en revanche, étaient pour la plupart réussis. Néanmoins, une compétition avec des films réussis ce n&rsquo;est pas nécessairement une bonne compétition. Il manquait des réalisatrices, il manquait un cinéma africain ou sud américain. Cela étant dit, on peut se féliciter d&rsquo;une percée méritée du cinéma <em>queer</em>. Entre<a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/13/la-vie-dune-femme-gabrielle-en-11-chapitres/"> <strong><em>La vie d&rsquo;une femme</em></strong>,</a> <em><a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/14/nagui-notes-quelques-jours-a-nagui-de-koji-fukada-noubliez-pas-la-melancolie/"><strong>Quelques jours à Nagi</strong></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/19/garance-de-jeanne-herry-les-limites-dune-cineaste/"><strong>Garance</strong></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/la-bola-negra-motus-et-bouche-cousue/"><strong>La Bola Negra</strong></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/coward-le-coeur-deserteur/"><strong>Coward</strong></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/21/the-man-i-love-plaire-aimer-et-chanter-fort/"><strong>The Man I love</strong> </a></em>voire même <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/soudain-de-ryusuke-hamaguchi-il-faut-tenter-de-vivre/"><strong><em>Soudain </em></strong></a>si on veut jouer, il y avait un souffle non hétéro salvateur &#8211; pas toujours si bien employé mais on ne peut pas tout avoir ! Même si les cinéastes femmes étaient absentes, le genre féminin ne l&rsquo;était pas avec de très beaux duos, de très belles relations inédites et des comédiennes en état de grâce. C&rsquo;était somme toute une belle sélection mais bien trop entachée par les biais d&rsquo;un commité qui ne voit pas très loin. Pour étendre son regard reste la semaine, la quinzaine ou celui qui serait « certain », comme si tout ce qui n&rsquo;était pas du nord était bizarre.</p>
<p>Au moins le palmarès aura récompensé les bons films. J&rsquo;interroge un peu l&rsquo;ordre qui a été choisi. <em>Fjord </em>est un film intéressant et les débats qu&rsquo;il provoque lui permettent d&rsquo;échapper à toute accusation de palme consensuel. Le sujet et la forme ne sont pas faciles dans ce long-métrage qui cherche la limite de la tolérance et nous embête bien en nous questionnant beaucoup. Le choix de ce film lorsqu&rsquo;un <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/minotaure-dandrei-zviaguintsev-prendre-le-capitalisme-par-les-cornes/"><strong><em>Minotaure</em> </strong></a>est à la place d&rsquo;en-dessous donne l’impression d&rsquo;une petite provocation ou alors témoigne de la peur que comme l&rsquo;année précédente, on soit accusé de donner une palme seulement politique. Selon moi, palmer <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/soudain-de-ryusuke-hamaguchi-il-faut-tenter-de-vivre/"><em><strong>Soudain</strong></em></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/22/notre-salut-demmanuel-marre-au-bureau-citoyen/"><em><strong>Notre Salut</strong></em></a> ou <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/minotaure-dandrei-zviaguintsev-prendre-le-capitalisme-par-les-cornes/"><em><strong>Minotaure</strong> </em></a>aurait été des prises de positions aussi fortes voire plus importantes. C&rsquo;est néanmoins la magie de Cannes et d&rsquo;un jury. Il est imprévisible et détaché des avis entendus sur la Croisette, et si on veut jouer le jeu du parasocial j&rsquo;imagine aisément un Stellan Skarsgård défendre le film de Mungiu et Park Chan-Wook qui aime les dilemme moraux le suivre. Quoi qu&rsquo;il en soit, les juges ont décidé de balayer les films trop autocentrés et ont formé un palmarès avec ceux qui se tournaient vers la politique et l&rsquo;Histoire. <strong><a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/fatherland-un-genie-dans-le-deni/"><em>Fatherland</em></a>, <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/la-bola-negra-motus-et-bouche-cousue/"><em>La Bola Negra</em>,</a> <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/22/notre-salut-demmanuel-marre-au-bureau-citoyen/"><em>Notre Salut</em></a> ou <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/minotaure-dandrei-zviaguintsev-prendre-le-capitalisme-par-les-cornes/"><em>Minotaure</em></a></strong>, même si deux parlent concrètement d&rsquo;écrivains, ont au moins ce mérite de questionner la place de l&rsquo;homme influent (dans le sens genre masculin) dans notre société. Pris tous ensemble ils forment une belle réflexion et un bon palmarès.</p>
<p>Julien : Sur l&rsquo;édition 2026 dans son ensemble, je constate une certaine sévérité générale sur le niveau d&rsquo;ensemble des propositions. Certes, ce Cannes 2026 a manqué d&rsquo;un ou deux chefs-d&rsquo;oeuvre immédiats et aucune Palme de consensus ne se détachait du reste. Mais cela dit, à l&rsquo;exception d&rsquo;<a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/histoires-paralleles-fenetre-sur-four/"><strong><em>Histoires parallèles</em> </strong></a>de Farhadi et dans une moindre mesure l&rsquo;<a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/19/autofiction-femmes-et-homme-au-bord-de-la-crise-de-panique/"><strong><em>Autofiction</em> </strong></a>d&rsquo;Almodovar, très peu de sorties de route dans une sélection homogène, peut-être trop homogène. Les sélections parallèles ont dans l&rsquo;ensemble tenu leur rang, avec notamment une Quinzaine des cinéastes assez forte apparemment cette année après plusieurs éditions en retrait. En ce qui concerne le palmarès, je ne cacherai pas une certaine pointe de frustration. Si le jury présidé par Park Chan-wook a su dans l&rsquo;ensemble identifier les vrais films porteurs de cette cuvée (à l&rsquo;exception regrettable du très beau <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/20/paper-tiger-tigres-et-daron/"><strong><em>Paper Tiger</em></strong></a> de James Gray et du plus bizarre mais réussi <em>L&rsquo;inconnue</em> d&rsquo;Arthur Harari), la répartition des prix me semble un peu trop conservatrice pour m&#8217;emballer. Les deux prix principaux ont récompensé deux films d&rsquo;un académisme assuré au détriment de choix plus audacieux mais aussi à mes yeux plus emballants en <strong><a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/soudain-de-ryusuke-hamaguchi-il-faut-tenter-de-vivre/"><em>Soudain</em> </a></strong>et<a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/22/notre-salut-demmanuel-marre-au-bureau-citoyen/"> <strong><em>Notre Salut</em></strong></a>. Si le choix des doubles prix d&rsquo;interprétation est une idée sympathique, l&rsquo;<em>ex aequo</em> sur le Prix de la mise en scène entre <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/fatherland-un-genie-dans-le-deni/"><strong><em>Fatherland</em> </strong></a>et<a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/la-bola-negra-motus-et-bouche-cousue/"> <strong><em>La Bola Negra</em></strong></a>, deux films on ne peut plus antinomiques, était plus évitable tant il donne l&rsquo;impression d&rsquo;un jury incapable de trancher dans ses décisions.</p>
<p><a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/21/fjord-a-rome-fais-comme-les-roumains/"><strong><em>Fjord</em> </strong></a>fait cependant une Palme que je ne contesterai pas, et qui consacre Mungiu au sein du cercle des réalisateurs doublement palmés. Son film ne retrouve pas forcément la maestria de ses meilleurs films en termes de mise en scène, mais reste d&rsquo;une acuité d&rsquo;écriture et de caractérisation hors normes. Un film plus subtil et moins fondamentalement réactionnaire que les jugements hâtifs de certains de ses défenseurs et de ses détracteurs, qui tous négligent le véritable point de vue de <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/21/fjord-a-rome-fais-comme-les-roumains/"><strong><em>Fjord</em> </strong></a>qui devrait centraliser la discussion : celui des enfants, dont la parole et la capacité d&rsquo;action est confisquée par tous les acteurs qui les entourent. Même si ce n&rsquo;était pas ma Palme, force est de constater que par les discours qu&rsquo;il provoque depuis samedi soir, le film saisit quelque chose de notre actualité qui en fait un choix qui se comprend.</p>
<p>Mehdi : Une sélection 2026 de bonne tenue mais qui ne restera pas dans les mémoires. Il me manque un ou deux films vraiment incontournables (<em><strong>Magellan</strong> </em>et <em><a href="https://www.cinematraque.com/2025/05/23/resurrection-et-la-lumiere-fut/"><strong>Résurrection</strong></a>, </em> pour moi l&rsquo;année dernière). Mais c&rsquo;est également une sélection sans très mauvais film. Très bien mais peut mieux faire, donc. Pour le palmarès, j&rsquo;en suis très satisfait. Les meilleurs films de la sélection y sont et je ne vois pas de gros manque. <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/15/soudain-de-ryusuke-hamaguchi-il-faut-tenter-de-vivre/"><strong><em>Soudain</em> </strong></a>aurait peut-être mérité un autre prix en plus de celui de l&rsquo;interprétation (qui est une évidence). <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/21/fjord-a-rome-fais-comme-les-roumains/"><strong><em>Fjord</em></strong></a>, comme Palme d&rsquo;or a été une surprise pour beaucoup, mais c&rsquo;est une Palme méritée et courageuse tant le film ose un point de vue qui va en énerver beaucoup. Je suis curieux de sa réception lors de sa sortie.</p>
<p><strong>Une anecdote que tu retiens ?</strong></p>
<p>Juliette : Je retiens malheureusement une anecdote totalement auto-centrée (un comble après ce que j&rsquo;ai écris plus haut). J&rsquo;ai failli ne pas voir <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/19/linconnue-letre-et-le-neant/"><em><strong>L&rsquo;Inconnue</strong></em></a> à cause de cette peste de billetterie mais j&rsquo;ai finalement eu un billet la veille et en corbeille. Pour les non initiés je vous explique l&rsquo;importance de ce détail : lorsque l&rsquo;on fait la queue pour le Grand Théâtre Lumière, deux chemins s&rsquo;offrent à nous : le passage Orchestre/Corbeille qui nous fera traverser le tapis rouge ; ou le passage Balcon qui tel un pouilleux nous emmène direct sur les marches. Donc, pour <em>L&rsquo;Inconnue</em> j&rsquo;ai l&rsquo;honneur de traverser le tapis. Une fois que je m’assois je découvre, grâce au gars de la batteuse de mon groupe qui travaille pour France TV, que la caméra de la croisette avait fait un gros plan sur moi pendant cette traversée épique. Jamais eu autant l&rsquo;impression d&rsquo;être une star je dois donc marquer ce flex insignifiant en noir sur blanc ici. (ils ont en plus extrait le flux vidéo de ce moment mémorable)</p>
<p>Julien : Quoi d&rsquo;autre sinon notre rencontre impromptue avec Mehdi dans les toilettes du Palais des Festivals avec Ryusuke Hamaguchi et l&rsquo;ensemble du casting masculin de <em>Soudain</em>, alignés le long des pissotières. On n&rsquo;a même pas pu fanfaronner samedi pendant le palmarès puisqu&rsquo;en fin de compte, ce sont les actrices du film qui ont été récompensées&#8230;</p>
<p>Mehdi : Julien a déjà raconté l&rsquo;un des points forts de ce Cannes. Sur une note plus cynique, lors d&rsquo;une séance presse un journaliste a été pris d&rsquo;une terrible crise, sûrement d&rsquo;épilepsie et a été pris en charge par les pompiers. Les longues minutes qui ont précédé son évacuation ont été marquées par notre impuissance à faire quoi que ce soit pour l&rsquo;aider alors qu&rsquo;une scène d&rsquo;hôpital du film d&rsquo;Almodovar continuait à être diffusée à l&rsquo;écran  mais surtout par un imbécile qui a tenté de filmer la scène, heureusement rapidement vilipendé par la salle. La compassion humaine dans toute sa splendeur&#8230;</p>
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		<title>Zapper Bolloré : la guerre est déclarée (parce que c’est bien joli de huer les logos, mais bon)</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/31/zapper-bollore-la-guerre-est-declaree-parce-que-cest-bien-joli-de-huer-les-logos-mais-bon/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 11:32:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La bulle cannoise cristallise souvent les grandes tendances sociales et politiques du moment. Il y a eu le discours de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/31/zapper-bollore-la-guerre-est-declaree-parce-que-cest-bien-joli-de-huer-les-logos-mais-bon/">Zapper Bolloré : la guerre est déclarée (parce que c’est bien joli de huer les logos, mais bon)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La bulle cannoise cristallise souvent les grandes tendances sociales et politiques du moment. Il y a eu<strong><a href="https://www.cinematraque.com/2023/05/28/edito-la-politique-de-retour-a-cannes-merci-justine-triet/"> le discours de Justine Triet</a></strong>, et<a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/cannes-des-actrices-denoncent-un-systeme-qui-soutient-les-agresseurs-20230516_SRUFIGDSRJGC5O5X7VB7JOFFRA/"> la tribune MeToo en 2023</a>, et cette année, évidemment, la <a href="https://www.liberation.fr/culture/depardon-binoche-haenel-600-professionnels-du-cinema-denoncent-lemprise-de-bollore-sur-le-septieme-art-20260511_FZW7WRBEXNDPVK5MAUTSFF6EHE/?redirected=9544">tribune contre l’emprise du milliardaire catholique traditionaliste Bolloré sur le monde du cinéma</a> parue dans Libération la veille de l’ouverture du Festival et signée par 600 professionnels du cinéma. Canal+, se sentant visé, a vivement réagi, via Maxime Saada, président du directoire du groupe, qui a expliqué dans un même souffle que les équipes de Canal+ étaient totalement indépendantes de l’idéologie de Bolloré, et qu’un boycott allait être mis en place contre tous les signataires.</p>
<p>Depuis, effet Streisand oblige, la tribune a atteint les 3400 signatures avec quelques jolis noms internationaux comme Mark Ruffalo, Javier Bardem, Ken Loach, Ruben Ostlünd… Et l’on a pu entendre un public cannois huer le logo de Canal+ avant chaque projection dans un élan de résistance aussi risible que cathartique. Pas encore de “on se lève et on se casse » toutefois, ça reste Cannes, y-compris pour nous ; c’eut été d’autant plus difficile qu’en compétition comme dans les sélections parallèles, l’immense majorité des films faisaient afficher en préambule ledit logo.</p>
<p>Évidemment, la question était sur la bouche de tous les journalistes, et les malheureuses vedettes du cinéma français ont dû faire quelque chose qu’une majorité d’entre elles déteste faire : prendre position. On a ainsi pu assister à une succession de prises de paroles timides, gênées, d’appels au dialogue et au compromis, voire de soutiens très clairs à Canal+, qui fait bien son travail après tout jusqu’à preuve du contraire (selon celles et ceux qui ont peur de mordiller la main qui les nourrit, ou qui sont effectivement convaincus que tout se passe bien).</p>
<p>Et ces appels à enterrer la hache de guerre s’expliquent facilement : Canal+ s’est rendu essentiel au financement du cinéma français. En menaçant de ne plus financer les films comptant des signataires de la liste à leur générique, Maxime Saada les menace explicitement de mort professionnelle. On ne va pas rentrer ici dans le détail du financement du cinéma français, beaucoup d’articles et de vidéos sortis récemment le font très bien. On peut en retenir que Canal+ est présent sur presque toute la chaîne de création d’un film. Bolloré, en voulant racheter UGC souhaite aller encore plus loin, et avoir dans sa main leur diffusion. À noter que même aux USA, symbole du capitalisme à tout va et de la mainmise des milliardaires sur à peu près tout, les très puissants studios hollywoodiens n&rsquo;ont pas le droit de posséder les circuits des salles de cinéma.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, si Canal+ se permet de rouler des mécaniques, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il sait que sa position dominante le place comme faiseur de rois du cinéma français. Se couper de Canal sans solution pérenne à long terme, le cinéma français ne peut se le permettre, et Canal le sait. Regardez les difficultés financières structurelles rencontrées par le football français depuis que celui-ci s&rsquo;est coupé de Canal comme principal diffuseur sans anticiper la suite… Mais n’oublions pas que Bolloré n’est pas un mécène. Il n’est pas un chef d’entreprise désintéressé qui a la gentillesse de financer des films. Canal+ est obligé contractuellement de réinvestir une partie de son chiffre d’affaires dans le cinéma en échange d’un avantage chronologique sur la diffusion des films qui lui donne un argument de vente déterminant par rapport aux autres plateformes de diffusion. Ce n’est donc pas pas le cinéma français qui est redevable à la générosité de Vincent Bolloré mais plutôt Canal+ qui l’est à un système mis en place par l’Etat qui lui accorde des avantages considérables.</p>
<p>L’un des principaux arguments des détracteurs de la tribune est de rappeler que « jusqu’ici tout va bien ». De Kassovitz à Farrugia en passant par Chabat (feu l’esprit Canal), la qualité et l’indépendance du travail des équipes de Canal sont rappelées, comme pour nous signifier qu’on s’inquiète trop tôt, qu’on a la huée facile. Ces belles personnes oublient opportunément que Vincent Bolloré à déjà défrayé la chronique pour avoir refusé de financer différents cinéastes qui ont fait le choix de dénoncer la pédocriminalité dans l’Église catholique (<i>Grace à Dieu</i> de François Ozon), <a href="https://www.troiscouleurs.fr/queer-gaze/queer-gaze-christophe-honore/"><strong>mis en avant les bienfaits du syndicalisme (<i>En guerre</i> de Stéphane Brizé), ou souhaitant tout simplement réaliser un film queer (<i>Plaire, aimer et courir vite</i> de Christophe Honoré</strong>)</a>. De même, Bolloré est intervenu personnellement<a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/serie/3224507-20220127-paris-police-1900-vincent-bollore-fait-reecrire-scenario"><strong> pour que la série Canal <i>Police 1900</i> n’évoque pas la loi de la séparation de l&rsquo;église et de l’Etat</strong></a>. Si ces exemples ne suffisent pas à répondre au “jusqu’à preuve du contraire”, on peut ajouter qu’il est par ailleurs forcément impossible de quantifier les projets soumis qui n’ont pas reçu de financements sous prétexte qu’ils n’ont pas plu au grand patron.</p>
<p>Attendons de voir, après tout, nous disent les adeptes de la nuance et de la précaution, bien au chaud dans leurs chaussons : comment pourrait-on présager des intentions de Bolloré ? C’est assez facile, en réalité. Les lecteurs de l’admirable pure-player indépendant « Les Jours » ont pu suivre leur couverture rigoureuse de la petite vie de l’empire Bolloré. Car la méthode du milliardaire breton est la même partout : à la télé, dans l’édition, et maintenant dans le cinéma. On prend d’abord le pouvoir, puis on l’utilise. Et on l’utilise pour quoi ? <i>«</i><i> </i><i>Je me sers de mes médias pour mener un combat civilisationnel</i><i> </i><i>»</i>, a déclaré Bolloré, selon le journaliste Vincent Beaufils : un verbatim qui a le mérite d’être clair<i>.</i> Forcément, iI est assez aisé de deviner dans quel camp idéologique le magnat se situe, et ce n’est pas dans le nôtre<i>.</i> Alors que le RN pense pouvoir prendre le pouvoir prochainement, l’emprise grandissante de son idéologie dans la production culturelle est un moteur de plus dans son ascension. Ce que disent tout de même les réactions globalement, sauf exception pour le moins timorée du monde du cinéma, c’est que Bolloré est en voie de réussir dans le cinéma ce qu’il a réussi dans les titres de presse et autres maison d’édition qu’il a rachetés : imposer la terreur chez les travailleurs et les réduire au silence lorsqu’ils refusent de collaborer, et notamment par leur docilité et leur silence, à son projet civilisationnel.</p>
<p>La sélection du Festival de Cannes 2026 nous a montré assez ironiquement ce qui nous attend. Dans <i>Notre Salut</i>, on a pu voir les petites compromissions d’un fonctionnaire français prêt à tout accepter de l’Allemagne pour maintenir le système dont il profite, car après tout pour lui, jusqu’ici tout va bien. On a vu des résistants aussi, notamment, dans <i>Moulin</i>, film plus intéressant que l’équipe qui l’a présenté à Cannes lors de sa déjà tristement remarquée conférence de presse…</p>
<p>Alors que faire, comment résister ? Commençons par marteler l’évidence. Il n’est pas normal que nos sociétés soient à la merci de quelques hommes qui ont pu accumuler assez de richesses pour saturer l’espace public de leurs idées. La solution à Vincent Bolloré n’est assurément pas un Mathieu Pigasse, ou tout autre riche mécène qui aurait à cœur de mettre en avant des voix plus à gauche, de rééquilibrer de tout son poids la balance à lui tout seul. Elle réside plutôt dans un projet politique redéfinissant la répartition des richesses, et une revalorisation de la culture dans son ensemble. On vous laisse regarder dans les programmes pour 2027 les propositions concrètes allant dans ce sens (on vous prévient, le choix est limité…).</p>
<p>En attendant, et puisqu’il faut bien composer avec le présent, le moment cannois est décisif. Il s’inscrit après la prise de conscience trop tardive des écrivains de Grasset que travailler pour un magnat d’extrême-droite avait un coût. Par cette tribune, le monde du cinéma semble, en partie, tenter de résister un peu plus tôt. Celle-ci avait peut-être seulement un objectif d’électro-choc, elle a en réalité entamé une guerre culturelle qui ne peut plus être ignorée, empêchée, ni négociée. Il est temps que les acteurs du monde du cinéma, et plus largement de la culture, utilisent tous les leviers à leur disposition pour s’attaquer à l’emprise de l’extrême-droite. Et cela passe, bien évidemment, par une prise de distance avec les sociétés qui la financent et dont Canal+ fait largement partie.</p>
<p>Plus facile à dire qu’à faire ? Oui bien sûr. À Cinématraque, nous ne dépendons pas de Canal+ pour exister, et nous comprenons tous ceux qui sont dans une situation bien différente. Nous avions d’ailleurs jusqu’à récemment un partenariat avec Ciné+, et nous savons qu’il y a chez Canal des gens qui ne partagent pas les idées du grand patron. Il y en avait aussi chez Europe 1, le Journal du Dimanche, I-Télé, Grasset, au début en tout cas… La séquence cannoise a eu le mérite de clarifier les enjeux et de faire tomber les faux-semblants : Canal+, puis bientôt UGC, seront des outils à la main de l’extrême-droite. Il faut donc aller voir ailleurs, pour tous les acteurs du cinéma : du cinéphile possesseur d’une carte UGC car c’est bien pratique, au producteur en quête de financements. Il est temps de repenser notre dépendance à Bolloré, quitte à faire des sacrifices, car le prix à payer du statu quo sera au final bien plus lourd.</p>
<p>De manière plus globale, un boycott doit aussi aller vers la prise de conscience d’un modèle qui ne fonctionne pas. Il ne faut pas fuir Canal+ pour aller s’enticher d’autres boîtes privées de milliardaires, parce que les mêmes problèmes se poseront toujours. À quel point faudrait-il repenser le cinéma, ses coûts et sa forme ? Il y a peut-être là tout un élan <i>underground </i>qui peut naître et proposer des visions qui s’éloignent des financements, et donc des visions des dominants.</p>
<p>Alors continuons à signer des tribunes, continuons à déplaire à MM. Bolloré et Saada. Continuons à chercher l’indépendance de la culture des grands argentiers, soutenons le cinéma et les médias indépendants, saluons celles et ceux qui, malgré ce qu’ils ont à y perdre, ont le courage de prendre clairement position publiquement ; on a bien vu à Cannes combien ils étaient rares. Boycottons, manifestons, dénonçons, occupons l’espace public et médiatique, bref luttons. Et surtout pitié, pas de compromis, pas de rétro-pédalage, la guerre contre l’extrême-droite ne fait que commencer.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/31/zapper-bollore-la-guerre-est-declaree-parce-que-cest-bien-joli-de-huer-les-logos-mais-bon/">Zapper Bolloré : la guerre est déclarée (parce que c’est bien joli de huer les logos, mais bon)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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		<title>Coups de cœur des 24e Sommets du cinéma d&#8217;animation (1e partie)</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/29/coups-de-coeur-des-24e-sommets-du-cinema-danimation-1e-partie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Gabin Fontaine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 18:15:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Salle obscure]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
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		<category><![CDATA[film d'animation]]></category>
		<category><![CDATA[Les Sommets du cinéma d'animation]]></category>
		<category><![CDATA[Sommets du cinéma d'animation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 11 au 16 mai dernier, la sphère montréalaise se donnait rendez-vous comme chaque année à la Cinémathèque québécoise pour [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/29/coups-de-coeur-des-24e-sommets-du-cinema-danimation-1e-partie/">Coups de cœur des 24e Sommets du cinéma d&rsquo;animation (1e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 11 au 16 mai dernier, la sphère montréalaise se donnait rendez-vous comme chaque année à la Cinémathèque québécoise pour les Sommets du cinéma d&rsquo;animation.</p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;occasion de découvrir, sur six jours, des sélections de courts métrages en compétition, des longs métrages en salle ou en terrasse (même si le beau temps a fait son petit cachotier) et de rencontrer des professionnels du domaine. Ça fait toujours plaisir de passer un petit 5 à 7 avec LA bière des Sommets, créée spécialement comme tous les ans, puis d&rsquo;avoir l&rsquo;opportunité de rencontrer <span class="director" data-cy="director">Chris Lavis<span class="nfb-work-page-creator__separator"> et </span></span><span class="director" data-cy="director">Maciek Szczerbowski, </span>fraichement oscarisés pour <em>La jeune fille qui pleurait des perles</em>. On en parlait d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;occasion de <a href="https://www.cinematraque.com/2025/06/09/annecy-2025-ceremonie-douverture-plus-cest-court-mieux-cest/"><strong>sa présentation en ouverture du Festival d&rsquo;Annecy</strong></a> l&rsquo;an dernier !</p>
<p>On a laissé le temps que la fièvre cannoise s&rsquo;apaise avant de revenir sur nos coups de cœur au format court de cette édition. Entre courts métrages étudiants, vidéoclips, documentaires ou expériences plus ou moins définissables, il y en avait pour tous les goûts !</p>
<h3><em>Ultra forte</em>, de Catherine Lepage</h3>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-52614" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-1024x554.png" alt="" width="640" height="346" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-1024x554.png 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-300x162.png 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-768x415.png 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-1536x831.png 1536w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/UltraForte_Image02-2048x1108.png 2048w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Auréolé du Prix du public et d&rsquo;une Mention pour le meilleur film d&rsquo;animation, <em>Ultra forte</em> fait un ultra bon début avant de se retrouver en compétition au Festival d&rsquo;Annecy cet été. On replonge dans les jeunes années de la réalisatrice : les années lycée, celles où l&rsquo;on veut séduire et vivre ses premières romances&#8230; quitte à devenir une autre personne que soi-même. <em>Ultra forte </em>repousse les limites du récit d&rsquo;introspection en jouant avec les conventions et les clichés de son époque, mais c&rsquo;est surtout l&rsquo;autodérision qu&rsquo;éprouve la réalisatrice pour son alter-ego animé qui permet d&rsquo;autant s&rsquo;y identifier.</p>
<p>Ajoutez à cela une animation ultra pop, ultra colorée (je sais pas pourquoi j&rsquo;ai pensé à une version sous acides de <em>Angela Anaconda</em>, qui était déjà un truc sous acides, en fait), une équipe de production ultra féminine&#8230; et une musique ultra présente, elle-même personnage de l&rsquo;histoire. On aurait pu croire qu&rsquo;un autre comédien aurait pu lui prêter sa voix, mais le « mentor » de Catherine n&rsquo;est autre que Bruce Dickinson, le légendaire chanteur de Iron Maiden. Le rock s&rsquo;impose aussi avec la présence de Regine, l&rsquo;une des cofondatrices de Arcade Fire, qui assure le rôle de narratrice en plus de composer la musique du court métrage. Des guides qui accompagnent Catherine à travers sa métamorphose, et qui lui assurent qu&rsquo;être rock, c&rsquo;est avant tout&#8230; être soi. Et c&rsquo;est ça, être ultra forte.</p>
<h3><em>Hôpital, mon amour</em>, de Carine Khalifé</h3>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-52607" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01-1024x554.jpg" alt="" width="640" height="346" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01-1024x554.jpg 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01-300x162.jpg 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01-768x415.jpg 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01-1536x830.jpg 1536w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Hopital_mon_amour_300dpi_01.jpg 1998w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Issu du programme Alambic, qui permet à de jeunes cinéastes d&rsquo;animation de produire un court métrage de trois minutes maximum en l&rsquo;espace de six mois, le film de Carine Khalifé est lui aussi une exploration du passé de sa réalisatrice. Fille de chirurgien et baignée dans le milieu hospitalier, elle ne peut que constater avec les années l&rsquo;effacement progressif du lien qui unit les patients et leurs médecins. Lorsqu&rsquo;elle présentait son film, la cinéaste se demandait si elle avait pu en raconter « assez » en trois minutes : qu&rsquo;elle se rassure, il s&rsquo;agit d&rsquo;un parfait condensé de tout ce qui ne va pas dans le milieu hospitalier ou dans le système de santé aujourd&rsquo;hui, au Québec comme ailleurs.</p>
<p>Et c&rsquo;est justement à travers les différentes techniques d&rsquo;animation employées que l&rsquo;on voit peu à peu cet émerveillement disparaitre : la découverte du monde hospitalier se faisait en peinture, dont les couleurs s&rsquo;affadissent au profit d&rsquo;un terne noir et blanc crayonné. Ce monde coloré et plein d&rsquo;espoir devient inaccessible et la réassurance laisse place à la crainte. Celle de ne pas être considéré, de passer des heures aux urgences et de voir son état empirer&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est toutefois sur une note positive que Carine Khalifé préfère terminer son court métrage : des professionnels de santé qui, en dépit des circonstances, font de leur mieux pour exercer leur métier. Prends ça, Thomas Lilti, on a résumé toute une saison d&rsquo;<em>Hippocrate</em> en trois minutes ! Et maintenant je donnerais presque tout pour voir un épisode de la série animé.</p>
<h3><em>COWMAN</em>, de Jiwoo Kim</h3>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-52611" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325-1024x576.png" alt="" width="640" height="360" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325-1024x576.png 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325-300x169.png 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325-768x432.png 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325-1536x864.png 1536w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Scene_18_Playing_Soccer_98-320_v04_0325.png 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Dans la catégorie « j&rsquo;ai aucune idée de ce que je suis en train de regarder », <em>COWMAN</em> se pose là. Sept minutes de pur n&rsquo;importe quoi, durant lesquelles un fermier bodybuildé (l&rsquo;ersatz agricole de Mario) tente de sauver sa vache favorite d&rsquo;une invasion extraterrestre. Rien qu&rsquo;à en voir l&rsquo;image choisie pour illustrer l&rsquo;article, vous pouvez voir que c&rsquo;est effectivement un mindfuck complet, mais ça ne s&rsquo;arrête pas là.</p>
<p>Plus on avance, et plus c&rsquo;est absurde, et le décalage entre le style plutôt enfantin de l&rsquo;animation (oui c&rsquo;est trop mimi&#8230; au début) et le propos fait qu&rsquo;on ne peut pas s&#8217;empêcher de rire. En tout cas, pour moi, puisque j&rsquo;ai probablement été la personne à rire de la façon la plus longue et audible de la séance. Déso, pas déso.</p>
<h3><em>Secret Handshakes</em>, de Jenna Marks</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-52612" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4-1024x576.jpg" alt="" width="640" height="360" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4-1024x576.jpg 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4-300x169.jpg 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4-768x432.jpg 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4-1536x864.jpg 1536w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/SecretHandShakes_Still30_4.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Réalisé en <em>claymation </em>(c&rsquo;est toujours plus classe que de dire « fait en pâte à modeler »), <a href="https://youtu.be/Axgq7uizLCY" target="_blank" rel="noopener"><em>Secret Handshakes</em></a> est le clip vidéo de la chanson éponyme de Moira &amp; Claire, deux sœurs chanteuses, canadiennes (hello à la province de Nova Scotia !) et <em>queer friendly</em>. Bref : de quoi cocher le bingo de ce qu&rsquo;on aime ici chez ces gros gauchiasses de Cinématraque.</p>
<p>À partir cette douce balade, l&rsquo;animatrice Jenna Marks fait défiler sous nos yeux une histoire d&rsquo;amour entre deux femmes &#8211; et leurs souvenirs partagés années après années. Des moments de joie simples se succèdent, leurs couleurs vives prenant le pas sur le reste de l&rsquo;image entre des regards et des embrassades échangées. Un mélange qui se marie à la perfection avec la voix cristalline des deux sœurs.</p>
<h3><em>Des gens vivent ici</em>, de Gabrielle Côté</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-52606" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1-1024x576.jpg" alt="" width="640" height="360" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1-1024x576.jpg 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1-300x169.jpg 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1-768x432.jpg 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1-1536x864.jpg 1536w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/DGVI_8_8_1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Mention de la compétition étudiante, <em>Des gens vivent ici </em>utilise l&rsquo;art du collage et du scrapbooking au format vidéo pour retracer l&rsquo;histoire de Montréal. Une ville dont le patrimoine architectural se voit menacé par la gentrification, la démolition de bâtiments historiques au profit de tours ou ouvrages lisses, sans âmes&#8230; qui se matérialise par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;un camion rempli de cônes annonciateurs de travaux à n&rsquo;en plus finir. Il ne manquait plus que les nids de poule et la mairesse Soraya avec la dépanneuse de son auto.</p>
<p>Une méthode d&rsquo;animation très astucieuse, qui contribue à la mise en place d&rsquo;une vision futuriste de Montréal absolument cauchemardesque, régie par l&rsquo;IA et où toute trace de nature aurait quasiment disparu : ChatMTL. Mais tout n&rsquo;est pas perdu puisque oui, des gens vivent ici. Et ce sont leurs initiatives qui permettent à la ville et à la nature de renaître. À Montréal comme partout dans le monde, l&rsquo;espoir peut renaitre. Bref : encore un super court métrage pour les gros écolo-gauchos que nous sommes.</p>
<p><strong>A suivre dans la deuxième partie de nos coups de cœur des Sommets du Cinéma d&rsquo;animation !</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/29/coups-de-coeur-des-24e-sommets-du-cinema-danimation-1e-partie/">Coups de cœur des 24e Sommets du cinéma d&rsquo;animation (1e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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		<title>À bras-le-corps : Rencontre avec Marie-Elsa Sgualdo et Lila Gueneau</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/29/a-bras-le-corps-rencontre-avec-marie-elsa-sgualdo-et-lila-gueneau/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Lada]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 11:23:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arras Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles sorties]]></category>
		<category><![CDATA[À-bras-le-corps]]></category>
		<category><![CDATA[Grégoire Colin]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Lila Gueneau]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Elsa Sgualdo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après la réalisation de plusieurs courts métrages, la réalisatrice suisse Marie-Elsa Sgualdo est passée pour la première fois au format [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/29/a-bras-le-corps-rencontre-avec-marie-elsa-sgualdo-et-lila-gueneau/">À bras-le-corps : Rencontre avec Marie-Elsa Sgualdo et Lila Gueneau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Après la réalisation de plusieurs courts métrages, la réalisatrice suisse Marie-Elsa Sgualdo est passée pour la première fois au format long avec <em>À bras-le-corps</em>, présenté pour la première fois l’an dernier à Venise dans la section Venice Spotlight. Dans ce premier film maîtrisé, la cinéaste pose un regard empathique sur le combat d’Emma, qui se retrouve enceinte à 15 ans. Alors que l’ombre de la Seconde guerre mondiale plane aux abords du petit village suisse en terre neutre, la jeune femme se retrouve confrontée à la pression sociale de la communauté protestante qui l’entoure, trouvant néanmoins le soutien moral du pasteur local, incarné par le grand Grégoire Colin. A l’occasion de l’Arras Film Festival en novembre dernier, nous avions pu discuter de cet <em>À bras-le-corps</em> avec Marie-Elsa Sgualdo mais aussi son actrice Lila Gueneau, encore une fois épatante après s’être révélée dans le très beau <em>Eat the Night</em> de Caroline Poggi et Jonathan Vinel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><span style="text-decoration: underline;">Le synopsis d’<em>À bras-le-corps</em></span> : Enceinte à 15 ans, Emma défie la communauté protestante répressive de son village. Affrontant l&rsquo;hypocrisie morale et le spectre de la Seconde Guerre mondiale, elle transforme son traumatisme en capacité d’émancipation.</span></p>
<h3><strong>Pour votre premier long métrage en tant que réalisatrice, pourquoi avoir fait le choix de cette période et de ce sujet ? </strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie-Elsa Sgualdo : Ce qui m&rsquo;intéressait particulièrement dans cette époque, c&rsquo;était la question de la neutralité. Je suis suisse, je viens d&rsquo;un pays qu’on associe à la neutralité. La Suisse a eu une chance qu’on peut considérer comme énorme d&rsquo;être préservée de toutes les atrocités de la Deuxième guerre mondiale. Mais tout cela à quel prix ? On sait bien en réalité que la Suisse n&rsquo;a pas été aussi neutre qu&rsquo;il n’y paraît. Je voulais explorer cette forme d&rsquo;hypocrisie qui plane au-dessus de cette période, et qui faisait écho aussi à certaines décisions contemporaines. Cet écho chez Emma, il provoque les prémices d&rsquo;une conscience </span><span style="font-weight: 400;">politique : elle découvre qu’elle n&rsquo;arrive pas à rester neutre face à ce qui se joue autour d&rsquo;elle car elle sent qu’il faut se battre pour ce qu&rsquo;il y a de plus important en nous, notre humanité.</span></p>
<h3><strong>Votre film repose entièrement sur les épaules de son interprète principale. Comment s&rsquo;est passée la rencontre avec Lila, et comment avez-vous compris que c’était elle qui allait pouvoir porter ce rôle ?</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Pour le personnage d&rsquo;Emma, je cherchais une jeune femme alignée, c&rsquo;est-à-dire qui me paraissait être authentique et qui dégageait une sorte de sincérité. Et ça, je l’ai tout de suite trouvé quand j&rsquo;ai rencontré Lila, parce que c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui est comme ça aussi dans la vie. Elle ne ment pas, elle est aussi intelligente et sensible que ne l&rsquo;est le personnage et pour moi ça a été vraiment un coup de cœur.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-52725 size-full" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483.webp" alt="" width="1597" height="1157" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483.webp 1597w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483-300x217.webp 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483-1024x742.webp 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483-768x556.webp 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/bafkreiaodpotqa33nrvrttvh25tnksx5oistfibzyzx372osym55fj3kgy-e1779893352483-1536x1113.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1597px) 100vw, 1597px" /></p>
<h3><strong>Emma est un personnage qui apparaître difficile d&rsquo;accès pour une actrice: c’est une jeune femme, qui parle peu, et dont l’abord peut être difficile à saisir. Comment vous-êtes vous appropriée ce personnage et avez-vous senti qu’il résonnait en vous ? </strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">Lila Gueneau : On a beaucoup travaillé le personnage avec Marie-Elsa. À la première lecture, Emma a 15 ans dans le scénario et j&rsquo;en avais 16 ou 17 quand on s&rsquo;est rencontrées. Mais c’était très difficile de se projeter dans la peau d’une jeune femme pendant la Seconde guerre mondiale. Mes 16 ans aujourd&rsquo;hui n’ont rien à voir avec ce que c’était d’avoir 16 ans à l’époque. Je voyais en elle quelque chose à la fois de très mature et de très juvénile. Et à travers le scénario, je la voyais évoluer jusqu&rsquo;à devenir cette femme forte qui arrache son indépendance à son entourage, sauf à sa maman. C’est cette quête d&rsquo;indépendance qui m’a parlé et qui je pense peut parler à tout le monde.</span></p>
<h3><strong>Même si les films n’ont rien à voir entre eux, j’ai senti dans votre jeu des échos de votre personnage dans <em>Eat the Night</em> des Poggi/Vinel. Vous y jouez deux adolescentes à un stade charnière de leur vie et qui doivent se débattre avec une colère intérieure très forte. Vous avez une attirance particulière pour ce genre de personnages ?</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">L. G. : C&rsquo;est vrai qu&rsquo;Emma et Apolline peuvent toutes deux paraître réservées et introverties, ce sont deux jeunes filles qui répriment leurs émotions. Mais elles sont toutes les deux le reflet d’un certain conditionnement. On leur a appris à ne pas répondre, à ne pas parler, à ne pas s&rsquo;énerver contre les gens. Pour Apolline, c&rsquo;est peut-être davantage une question de tempérament, de renfermement sur le jeu vidéo auquel elle joue tout le temps, mais Emma est un personnage à qui on dit de se comporter comme ça. J’ai trouvé beaucoup de choses en commun entre elles, c&rsquo;est sûr, surtout dans la manière de laisser transparaître les émotions autrement que par la parole.</span></p>
<figure id="attachment_52724" aria-describedby="caption-attachment-52724" style="width: 1600px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-52724" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5.webp" alt="" width="1600" height="865" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5.webp 1600w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5-300x162.webp 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5-1024x554.webp 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5-768x415.webp 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/97497dd273805a38eb77f7d04533a5d5-1536x830.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-52724" class="wp-caption-text">Copyright : Box Productions</figcaption></figure>
<h3><strong>Comment travaille-t-on juste entre réalisatrice et actrice sur cette approche minimaliste, en passant le moins possible par les dialogues, mais par les regards fuyants, le niveau de la voix, les postures… ?</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">L. G. : Ça passe avant tout par beaucoup de dialogue entre nous. On parlait beaucoup avant les scènes, on a vite compris toutes les deux que c&rsquo;était beaucoup plus agréable d&rsquo;essayer des choses en discutant à chaque fois. Parce qu&rsquo;en fait, ce qu’on recherchait n’était pas évident à trouver. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Ce qui était une intention principale dans la mise en scène d&#8217;emblée, c&rsquo;est qu&rsquo;on respirait au rythme du personnage. Mais il fallait trouver comment le faire, comment transmettre cette idée à Lila et comment collaborer aussi avec le chef opérateur (Benoît Dervaux, chef op des Dardenne depuis plus d’une décennie) pour saisir ces choses très minimes qui disent tout du personnage. Avec Lila, on a beaucoup travaillé aussi la stature. J&rsquo;ai donné beaucoup de techniques, d&rsquo;astuces.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L. G. : Une des phrases que j&rsquo;ai probablement le plus entendue sur le plateau, à part “elle est bonne, on la refait!”, c&rsquo;est “imagine que tu as une barre en fer dans le dos”. Tout devait passer par la droiture d&rsquo;Emma, sa manière de respirer, d&rsquo;être contenue. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Elle doit apprendre à se libérer de ce corset invisible. Je lui disais aussi beaucoup de travailler à force contre force, parce que je voulais qu’elle apparaisse toujours en résistance. Elle ne peut pas complètement faire éclater ce qui bout en elle, mais c’est aussi par son corps qu’on voulait dessiner ce chemin vers autre chose. </span></p>
<h3><strong>Votre travail sur le concept de neutralité la montre comme quelque chose d’étouffant, qui passe par la suppression de tout, y compris de la moindre émotion…</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Je crois que ça vient aussi de notre éducation très protestante, en Suisse, même si je sais que ça se retrouve aussi ici en France, qui est un pays de tradition plus catholique. Mais cette austérité est liée aussi à la religion, qui influe sur la manière dont on nous apprend à se tenir.</span></p>
<h3><strong>Il y a un personnage qui incarne ces thématiques, c&rsquo;est celui du pasteur incarné par Grégoire Colin. À rebours de ce que l’on peut en attendre, il est l&rsquo;un de ceux qui, au contraire, se retrouvent à briser cette omerta, cette chape de plomb qui pèse sur la communauté. </strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Il a ça en commun avec Emma, en effet. Je voulais que ces deux personnages se retrouvent. Ils sont chacun très sensibles, conscients de ce qui se passe, mais aussi d’être à des places qu&rsquo;on leur a assignées. Et pour eux, ces places là sont trop étroites. Ils ressentent chacun le besoin d&rsquo;autre chose, mais le pasteur n&rsquo;en a pas forcément le courage, la force, contrairement à Emma.</span></p>
<figure id="attachment_52722" aria-describedby="caption-attachment-52722" style="width: 1600px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-52722" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e.webp" alt="" width="1600" height="865" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e.webp 1600w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e-300x162.webp 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e-1024x554.webp 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e-768x415.webp 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/c49322aa2314d90a8fe0535dc04a3f2e-1536x830.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-52722" class="wp-caption-text">Copyright : Box Productions</figcaption></figure>
<h3><strong>Pourquoi avoir fait le choix d’un acteur comme Grégoire Colin pour ce rôle ? Que vouliez-vous qu&rsquo;il apporte à ce personnage ? </strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Il y a chez lui une grande sensibilité, une manière particulière d&rsquo;appréhender son travail que j’appréciais tout particulièrement dans les films de Claire Denis. Je n&rsquo;aime pas mettre les acteurs dans des cases, mais j’aimais sa manière d&rsquo;appréhender les choses humaines, en les laissant respirer, en les pensant différemment. Il ne cherche pas l’efficacité, mais ce qui se passe entre les gens. D&rsquo;ailleurs, on a aussi travaillé ça avec Grégoire et Lila. Au-delà du texte, c’était important de travailler des exercices plus physiques, d’aménager des temps où ils étaient ensemble pour commencer à se faire confiance l&rsquo;un l&rsquo;autre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L. G. : Avec Grégoire, on s’est tout de suite très bien entendus. Avant le tournage, on a fait une semaine de préparation à côté d’une abbatiale en Suisse tous les trois avec Marie-Elsa. Tous les jours, on jouait, on apprenait à connaître les acteurs avec qui on allait jouer. Grégoire m’a proposé de faire des lectures ensemble, des jeux de confiance qu&rsquo;il avait appris au théâtre, où on ferme les yeux et où on se laisse complètement guider par l&rsquo;autre. Ça nous a très vite rapprochés.</span></p>
<h3><strong>Le portrait que vous faîtes d’Emma lie de manière intime deux émotions que l’on n&rsquo;associe pas toujours ensemble : la compassion et la colère, qui sont les deux ressorts de sa révolution intérieure. Est-ce que la compassion est une forme de colère ?</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Quand on a de la compassion envers autrui, on peut être très en colère de voir que certains aspects de notre société en sont dépourvus. C’est le déclencheur qui amène Emma à se rebeller. Elle n’essaie pas simplement de se sauver elle-même, elle veut sauver tout le monde. </span></p>
<h3><strong>Sans trop en dévoiler, le plan final du film s’articule autour d’un regard caméra autour duquel se révèle l’émancipation d’Emma. Comment vous est venu ce choix de mise en scène pour accompagner le spectateur dans cette résolution ?</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">M.-E. S. : Je voulais la rendre encore plus réelle que dans le film. Ce regard caméra, c&rsquo;est comme si elle était là avec nous.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L. G. : Plus que simplement le regard caméra, cette scène de libération a été une séquence très émouvante à tourner. On n&rsquo;était pas encore à la fin du tournage, mais on sentait qu’on s’en approchait. J’étais entourée de tous ces figurants en tenue d’époque, qui étaient vraiment heureux de chanter, de danser. Je me souviens qu’on avait très chaud, que la musique était très forte. Et c’est là que je me suis pleinement rendu compte de l’évolution d’Emma et de sa prise d&rsquo;indépendance. Je me retrouvais à le sentir, véritablement.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="À bras-le-corps, un film de Marie-Elsa Sgualdo – Bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/J53Kk0Vq2zo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><em>À bras le corps</em> de Marie-Elsa Sgualdo avec Lila Gueneau, Grégoire Colin, Thomas Doret, en salles depuis le 27 mai.</strong></p>
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		<title>La Bola negra : Motus et bouche cousue</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/23/la-bola-negra-motus-et-bouche-cousue/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mehdi Khnissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 14:19:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[bola negra]]></category>
		<category><![CDATA[cannes]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Glenn close]]></category>
		<category><![CDATA[Penelope Cruz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’applaudimètre, c’est le grand gagnant de ce Festival de Cannes. La Bola Negra, du duo de réalisateurs espagnols Javier [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/la-bola-negra-motus-et-bouche-cousue/">La Bola negra : Motus et bouche cousue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’applaudimètre, c’est le grand gagnant de ce Festival de Cannes. <em>La Bola Negra</em>, du duo de réalisateurs espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo (Los Javis pour les intimes), connu pour la série télévisée <em>Las Mesias</em>, a enchanté le public cannois dès ses premières minutes.</p>
<p>Et on comprend pourquoi, la première scène, virtuose dans sa mise en scène, nous immerge dans un récit multiple à travers l’histoire de l’Espagne des années 30 jusqu’à nos jours. Le film est construit autour d’un roman inachevé de Garcia Lorca, l’un des poètes espagnols les plus reconnus. Le film imagine que le manuscrit complet existe quelque part et retrace son parcours en alternant entre les époques. Des mains de Lorca, le manuscrit arrive en effet, dans les mains de Sebastian soldat engagé auprès des fascistes qui doit surveiller l&rsquo;amant du poète espagnol, prisonnier de guerre.</p>
<p>La particularité de <em>La Bola Negra</em> est que c’est la seule œuvre de Lorca qui figure un personnage explicitement caractérisé comme homosexuel. Information d’importance étant donné que Lorca était lui aussi homosexuel et l’a caché toute sa vie, jusqu’à son exécution par les fascistes en 1936. Le manuscrit perdu devient donc dans le film le symbole de l’homosexualité cachée. En retrouvant ce livre et en le publiant, c’est une injustice transgénérationnelle qui est réparée : celle qui a coûté tant de malheurs à tant de personnes qui ne pouvaient pas assumer leur identité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-52678" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649.jpg" alt="" width="2048" height="1152" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649.jpg 2048w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649-300x169.jpg 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649-1024x576.jpg 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649-768x432.jpg 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/205649-1536x864.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Penelope Cruz et Glenn Close</em><em> apparaissent également dans le film </em></p>
<p>Javier Ambrossi et Javier Calvo donnent à cette quête une intensité épique. La mise en scène multiplie les effets, les reconstitutions historiques sont impressionnantes et le dynamisme du film permet à ce film de 2h35 de ne jamais s’essouffler. Mais on aimerait justement peut-être qu’il s’essouffle un peu. Par son dispositif démonstratif, <em>La Bola negra</em> manque souvent de simplicité et finit par nous assommer. Le sujet du film en pâtit également. Alors que le film cherche constamment l’émotion, il est trop grandiloquent pour son propre bien et son souffle ambitieux se retourne contre lui. Les dernières séquences qui fourmillent d’idées de mise en scène en faisant écho à l’ouverture, nous laissent surtout l’impression que les réalisateurs avaient à cœur de prouver leur savoir-faire, sans s’interroger si sous l’avalanche d’idées, enfoui sous la neige, leur film ne finit pas par étouffer.</p>
<p><em>La Bola Negra</em> aura sûrement une place au palmarès de Cannes, peut-être une belle. Et on lui prédit un joli succès à sa sortie en salles. Un succès mérité vu l’ambition de film et sa belle façon de réinventer le destin effacé des homosexuels effacés par la morale. On espère juste que « Los Javis » canalisent un peu plus leur puissance créatrice dans leurs prochaines œuvres.</p>
<p><strong><em>La Bola negra</em>, un film de Javier Ambrossi et Javier Calvo avec Guitarricadelafuente, Carlos González, Miguel Bernardeau, Penelope Cruz et Glenn Close, date de sortie inconnue.</strong></p>
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		<title>L’aventure rêvée : A la frontière de la nuit</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/23/laventure-revee-a-la-frontiere-de-la-nuit/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Lada]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 11:35:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[Das Geträumte Abenteuer]]></category>
		<category><![CDATA[L'aventure rêvée]]></category>
		<category><![CDATA[Stoycho Kostadinov]]></category>
		<category><![CDATA[Syuleyman Alilov Letifo]]></category>
		<category><![CDATA[Valeska Grisebach]]></category>
		<category><![CDATA[Yana Radeva]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nom de Valeska Grisebach est loin d’être le plus connu et le mieux identifié des festivaliers cannois, malgré la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le nom de Valeska Grisebach est loin d’être le plus connu et le mieux identifié des festivaliers cannois, malgré la réputation dont elle jouit auprès d’une petite partie des cinéphiles présents sur la Croisette cette année. Il faut dire que la réalisatrice allemande est rare : chacun de ses trois longs-métrages a été tourné et sorti en salles à une décennie d’écart. Après <em>Désir(s)</em>, sélectionné en 2006 à la Berlinale, la cinéaste avait fait un premier crochet à Cannes en 2017 avec <em>Western</em> dans la catégorie Un certain regard. Il aura fallu attendre cette édition 2026 pour voir débarquer le troisième, <em>Das Geträumte Abenteuer</em>, <em>L’aventure rêvée</em> chez nous, cette fois-ci avec les honneurs d’une sélection en Compétition officielle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme dans Western, Valeska Grisebach pose sa caméra à la frontière sud entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie, dans la petite ville de Svilengrad, entourée de comédiens non professionnels. C’est là que Veska (Yana Radeva, potentielle concurrente de dernière minute au Prix d’interprétation féminine), archéologue, s’installe sur un site de fouilles longtemps inaccessible du temps du communisme. Sur place, elle retrouve une vieille connaissance, Saïd (Syuleyman Alilov Letifo), qui lui demande de l’aide après s’être fait voler sa voiture. Il lui propose alors de prendre part à une petite combine de trafic d’essence de contrebande, qui l’amènera à plonger dans la face sombre de la ville où elle a grandi, notamment en recroisant la route d’Iliya (Stoycho Kostadinov), une ancienne conquête devenu l’un des mafieux les plus influents de la région.</span></p>
<figure id="attachment_52672" aria-describedby="caption-attachment-52672" style="width: 1280px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-52672" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/61d540275efd2110281d330c0affc231.webp" alt="" width="1280" height="720" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/61d540275efd2110281d330c0affc231.webp 1280w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/61d540275efd2110281d330c0affc231-300x169.webp 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/61d540275efd2110281d330c0affc231-1024x576.webp 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/61d540275efd2110281d330c0affc231-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption id="caption-attachment-52672" class="wp-caption-text">Copyright : Komplizen Films</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">En apparence, il n’y a pas grand chose de “rêvée” dans l’aventure que poursuit Veska sur les traces de sa jeunesse. Sous la forme d’une longue déambulation à pas feutrés, celle-ci va croiser tour à tour tous les petits clans qui se sont formés au fil des événements qui ont secoué la région, agitant avec eux leurs lots de rancœurs, de rivalités mais aussi d’entraide. Porté par on ne sait quel autre idéal que celui d’une justice qui pourrait apaiser les mauvais souvenirs laissés derrière elle à son départ, Veska erre comme Candide à travers le temps, tissant des liens entre ces communautés isolées dans lesquelles on finit par se perdre à force d’entendre parler d’untel ou untel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Desservi par une programmation qui ne fait pas grand sens (quelle idée de diffuser un film si aride, de 161 minutes qui plus est, le dernier jour de la compétition?), <em>L’aventure intérieure</em> est un film qui ne fait en plus rien pour qu’on l’aime vraiment. D’un ton extrêmement monocorde, il semble demander la confiance totale du spectateur pour se laisser porter pour la énième fois au domicile d’un habitant du village ou sur la route d’une petite frappe parmi d’autres. Soucieuse d’ancrer son film dans un réalisme quasi documentaire, Valeska Grisebach épure également sa mise en scène de tout effet, posant ainsi une distance supplémentaire.</span></p>
<figure id="attachment_52674" aria-describedby="caption-attachment-52674" style="width: 1600px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-52674" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be.jpg" alt="" width="1600" height="900" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be.jpg 1600w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be-300x169.jpg 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be-1024x576.jpg 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be-768x432.jpg 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/f1bae7f790a2c8f1081007b49645c3be-1536x864.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-52674" class="wp-caption-text">Copyright : Komplizen Films</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette exigence requise par la mise en scène n’est malheureusement que trop rarement récompensée à l’écran. <em>L’aventure rêvée</em> souffre ainsi d’une narration tellement monocorde, d’un rythme tellement répétitif, qu’on finit par se détacher des événements qui se passent à l’écran. On cherche alors souvent quelque chose à quoi se raccrocher : un élément de décor, une réplique qui se détache du reste, un visage sur lequel se poser. Trop froid, trop austère, cette <em>Aventure rêvée</em> qui n’a pas grand chose d’une aventure et encore moins d’un rêve s’étire à l’excès sans que l’on puisse véritablement se plonger dedans.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y a fort à parier que les choix de programmation du film l’ont desservi et que peut-être <em>L’aventure rêvée</em> pourrait être redécouvert autrement qu’après un marathon de 35 films en 10 jours à cinq heures de sommeil en moyenne. Mais si bien des films cannois ont su par le passé nous étreindre dans une langueur réconfortante en fin de festival, ce n’est pas vraiment le cas de <em>L’aventure rêvée</em>, objet trop hermétique pour véritablement séduire, et qui nous a laissé échoué au fond du siège du Grand Théâtre Lumière.</span></p>
<p><strong><em>L’aventure rêvée</em> de Valeska Grisebach avec Yana Radeva, Syuleyman Alilov Letifo, Stoycho Kostadinov, sortie en salles prévue le 15 juillet</strong></p>
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		<title>Coward : Le cœur déserteur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Lada]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 10:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[Coward]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Mecchia]]></category>
		<category><![CDATA[Lukas Dhont]]></category>
		<category><![CDATA[Première Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Valentin Campagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est peu dire que le Festival de Cannes a couvert et chouchouté Lukas Dhont comme l’un des visages de sa [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">C’est peu dire que le Festival de Cannes a couvert et chouchouté Lukas Dhont comme l’un des visages de sa nouvelle génération. Après avoir raflé la Caméra d’Or et la Queer Palm avec <em>Girl</em> dès son entrée dans l’Officielle à Un Certain Regard en 2018, le réalisateur venu du Plat Pays avait <strong><a href="https://www.cinematraque.com/2022/11/02/close-larmes-fatales/">récidivé lors de l’édition 2022 avec <em>Close</em></a></strong>, drame adolescent qui lui avait permis de repartir avec le Grand Prix du Jury, ex aequo avec le <em>Stars at Noon</em> de Claire Denis. Autant qu’au moment de l’annonce de son troisième long-métrage, <em>Coward</em>, tous les projecteurs étaient déjà braqués sur une inéluctable sélection à nouveau en compétition.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec <em>Coward</em>, Lukas Dhont continue de creuser son travail sur l’identité de genre à l’adolescence, mais nous renvoie cette fois-ci dans le passé, au cours de la Première Guerre mondiale. Sur le front belge, qui tente d’endiguer les percées allemandes, le jeune Pierre (Emmanuel Mecchia) fait la connaissance d’une escouade bien particulière : une “bande des rejetés”, éloignée des combats à l’arrière. Ces jeunes réformés restent cependant à l’arrière pour organiser des représentations théâtrales et des numéros musicaux pour remonter le moral des troupes. Au sein de cette troupe, il se lie rapidement d’amitié (voire plus) avec le chef de la revue, Francis (Valentin Campagne).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Contrairement à ces précédents longs-métrages, en dépit de ce que son sujet laisse à penser, <em>Coward</em> laisse entrevoir un côté plus doux dans la mise en scène que Lukas Dhont. En dépit de la brutalité de la guerre et de la perspective de la mort qui rode à chaque rotation vers le front, le réalisateur choisit de resserrer son point de vue sur les sentiments naissants entre Pierre et Francis, mais aussi sur l&rsquo;importance de l&rsquo;art et du beau comme réconfort pour les soldats. Sauf que bien sûr, l&rsquo;amour en temps de guerre charrie avec lui son lot de déchirements tragiques qui vont inévitablement finir par refaire surface. Sur une trame au final assez convenu, le cinéaste parvient à broder un film élégant et intimiste, mais dont le manque d&rsquo;ampleur finit par le desservir.</span></p>
<figure id="attachment_52668" aria-describedby="caption-attachment-52668" style="width: 1600px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-52668" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0.webp" alt="" width="1600" height="1067" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0.webp 1600w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0-300x200.webp 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0-1024x683.webp 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0-768x512.webp 768w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/9a31bd773cf17f03c87148d80d8632e0-1536x1024.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-52668" class="wp-caption-text">Copyright : Thomas Nolf</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Sans doute Lukas Dhont a-t-il poussé le curseur un peu trop dans l&rsquo;autre direction. Soucieux d&rsquo;éviter le dolorisme qui accompagne le dilemme moral de Pierre (faut-il continuer à aller au front si c&rsquo;est pour perdre son nouvel amour?), le cinéaste semble par moments freiner des quatre fers devant son sujet. Résultat : <em>Coward</em> est un film un peu trop étriqué, qui peine à faire infuser le trouble qu&rsquo;il souhaiterait voir naître a l&rsquo;écran. Cela se ressent jusque dans l&rsquo;interprétation du tandem d&rsquo;acteurs principaux. Si Valentin Campagne rayonne en artiste solaire qui trouve dans le théâtre le moyen de s&rsquo;extirper de sa condition, Emmanuel Mecchia, lui, semble en permanence subir par son mutisme la répression des élans intérieurs de son personnage, auquel Lukas Dhont ne laisse que trop peu de place.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sans doute <em>Coward</em> aurait-il mérité de se délester de quelques séquences musicales, dans l&rsquo;ensemble très réussies, mais qui finissent par apparaître comme des distractions retardant l&rsquo;avancée narrative. Par un excès de tiédeur, Lukas Dhont signe un film appliqué, mais qui peine à dire quoi que ce soit de la guerre et du conflit entre le devoir patriotique et les sentiments humains. Pas aidé par un positionnement assez douteux dans le calendrier du festival (quelques heures après <em>La Bola Negra</em>, son exact miroir, film de toutes les générosités jusqu&rsquo;au trop plein), <em>Coward</em> touche mais n&rsquo;émeut pas, convainc mais n’emballe jamais.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Coward - Official Clip" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OLE3mUSpf_Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><em>Coward</em> de Lukas Dhont avec Emmanuel Mecchia, Valentin Campagne, Willem de Shryver, date de sortie en salles françaises encore inconnue</strong></p>
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		<title>Cinématraque le podcast. Cannes 2026, l&#8217;épisode final !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mehdi Khnissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 07:52:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[Podcast]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cannes 2026, c&#8217;est fini ! La rédaction se réunit pour faire son palmarès et se risquer à des pronostics ! [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/23/cinematraque-le-podcast-cannes-2026-lepisode-final/">Cinématraque le podcast. Cannes 2026, l&rsquo;épisode final !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cannes 2026, c&rsquo;est fini !</p>
<p>La rédaction se réunit pour faire son palmarès et se risquer à des pronostics !</p>
<p>Si vous écoutez l&rsquo;épisode après la révélation du palmarès, vous pouvez voir qui est le meilleur pronostiqueur de Cinématraque.</p>
<p>Vous pouvez <a href="https://stats.podcloud.fr/cinematraque/cannes-2026-lepisode-final/enclosure.e7f1cbaf0a73086713c7cde6167753dcb0ef72b75e108959d2a4624306d79dd8.mp3?p=dl">télécharger l&rsquo;épisode directement ici</a>. Ou sur <a href="https://cinematraque.lepodcast.fr/rss">notre flux RSS</a> !</p>
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		<title>La Gradiva de Marine Atlan : la vita amara</title>
		<link>https://www.cinematraque.com/2026/05/22/la-gradiva-de-marine-atlan-la-vita-amara/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette "Antigone"]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 19:46:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[grand prix]]></category>
		<category><![CDATA[la gradiva]]></category>
		<category><![CDATA[marine atlan]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les températures sont douces, les lumières jaunes orange, et il y a de la mélancolie qui instille chaque chose que [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cinematraque.com/2026/05/22/la-gradiva-de-marine-atlan-la-vita-amara/">La Gradiva de Marine Atlan : la vita amara</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cinematraque.com">Cinématraque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les températures sont douces, les lumières jaunes orange, et il y a de la mélancolie qui instille chaque chose que l’on voit : oui c’est bientôt la fin du festival de Cannes 2026. Ce long périple terminé, les premières récompenses arrivent et c’est ainsi qu’on apprend que <strong><em>La Gradiva</em></strong> de Marine Atlan a gagné le Grand Prix de la Semaine de la Critique. Le bouche à oreille de la croisette ne s’était pas trompé, tout le monde savait qu’il fallait voir ce film et le fait qu’il soit sacré par l’immense Payal Kapadia n’a fait que renforcer son aura. On va donc le voir en urgence en séance de rattrapage. En salle, les lumières s’éteignent, le projecteur s’allume et… les températures sont douces, les lumières jaunes orange, et il y a de la mélancolie qui instille chaque chose que l’on voit …</p>
<p><strong><em>La Gradiva</em></strong> suit le voyage scolaire d’une classe de terminal à Naples en Italie. On pouvait s’en douter venant d’une cheffe opératrice qui choisit de travailler sur son propre film : tout est magnifique. En quelques images on ressent immédiatement toute l’Italie de deux façons. Il y a déjà le regard historique que l’on appose sur chaque ville de ce pays avec la conscience de traverser les mêmes routes que tous les fantômes habitant encore les ruines qui jalonnent les bords de rue. Ce regard gagne en tristesse car il est celui d’adolescent·es à un moment charnière de leur vie, lorsque l’on souffre le plus. Après le lycée, le monde semble immense et en même temps c’est le microcosme de la classe qui continue de nous faire souffrir ou nous exalter.</p>
<p>On suit plus précisément les pérégrinations de Toni, un jeune garçon gay qui sait que ses ancêtres viennent de Naples, et de son meilleur ami un peu <em>fuck boy</em>, James, au visage fascinant et aux comportements imprévisibles. Le film prend beaucoup de temps à juste montrer des longs moments d’enseignement, de vie en classe. Cela évoque beaucoup de souvenirs. Avec le long commentaire d’une fresque antique, on peut comprendre toute la complexité et la douleur que c’est d’être élève d’une classe de terminale. Cette souffrance est très bien montrée dans le film par l’articulation des relations inter-adolescents, de leurs problèmes personnels et d’une défaillance d’un système scolaire qui épuise les profs. Cela étant dit, il reste de francs moment de bonheur. Ils rient et on rit avec eux, lorsqu’ils chantent <em>Kongolese sous BBL </em>on veut danser, ils sont drôles, talentueux et intelligents.</p>
<figure id="attachment_52656" aria-describedby="caption-attachment-52656" style="width: 1080px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-52656 size-full" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/La-Gradiva-2.png" alt="" width="1080" height="652" srcset="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/La-Gradiva-2.png 1080w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/La-Gradiva-2-300x181.png 300w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/La-Gradiva-2-1024x618.png 1024w, https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/La-Gradiva-2-768x464.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /><figcaption id="caption-attachment-52656" class="wp-caption-text">Copyright Les films du Poisson</figcaption></figure>
<p><strong><em>La Gradiva</em></strong> rend néanmoins cette joie très fragile. Tout est toujours à deux doigts de s’écrouler pour les jeunes mais aussi pour leur professeure passionnée et exténuée, interprétée par une fantastique Antonia Buresi. On ne sait jamais si les personnages sont heureux ou font semblent de l’être. Ils cherchent beaucoup ce qu’ils sont et cela passe parfois par de la cruauté, une tension que le film retranscrit très bien avec le personnage de James. Celui de Toni, lui, représente tous ces jeunes que le système scolaire abandonne. Ce n’est pas que les enseignants veulent lâcher les élèves difficiles, c’est que le système n’est pas fait pour s’occuper de ceux qui ont besoin d’être réparés. Pour les aider, il faudrait avoir le temps et les moyens humains et matériels de comprendre d’où ils viennent, pourquoi ils en sont là.</p>
<p>La quête de comprendre le passé est permanente dans ce film avec ce décor de l’Italie, ses volcans meurtriers et ses peintures violentes. Toni lui-même s’accroche au récit qu’on lui fait de sa famille pour se donner une raison d’exister : il serait le fruit d’une grande histoire d’amour. En miroir, pour les jeunes, le futur n’est pas beaucoup plus facile à entrevoir. J’adore toute la séquence de Parcoursup parce qu’elle expose l’entière cruauté de cette manière de faire. L’avenir des jeunes est désormais une statistique mise sur une liste numérique. Les professeurs ne peuvent rien faire contre cette application et les jeunes ne peuvent plus qu’attendre qu’on décide de leur destin. Leur futur ne leur appartient plus vraiment et parfois il ne peut que ressembler à un mur.</p>
<p>Les vacances d’été de leurs 18 ans représentent ainsi à la fois l’univers qui s’ouvre et la réalisation que, en fonction d’où l’on vient, il n’est pas si grand. L’histoire est cruelle avec les plus faibles, et le présent qui en découle aussi. Voilà simplement un film magnifique et bouleversant sur la jeunesse. Il s’applique à montrer toute sa beauté et son ambiguïté, pour rappeler qu’il faut la sauver, essayer de la comprendre, car on la perd trop facilement.</p>
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		<title>Notre Salut d&#8217;Emmanuel Marre : Au bureau, Citoyen !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette "Antigone"]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 17:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cannes 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Marre]]></category>
		<category><![CDATA[Notre Salut]]></category>
		<category><![CDATA[Swann Arlaud]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les coïncidences du cinéma étant ce qu’elles sont, on se retrouve au festival de Cannes 2026 avec Moulin, La bataille [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les coïncidences du cinéma étant ce qu’elles sont, on se retrouve au festival de Cannes 2026 avec <strong><em>Moulin</em></strong>, <strong><em>La bataille de Gaulle</em></strong> et <strong><em>La troisième nuit</em></strong><em>, </em>qui font suite à <strong><em>Les rayons et les ombres</em></strong> sorti plus tôt cette année, tous sur l’Occupation allemande. Au milieu de ces blockbusters français, un <em>outsider</em> s’est frayé son propre chemin : <strong><em>Notre Salut</em></strong> d’Emmanuel Marre. Il est intéressant d’observer cette pluie de films sur le sujet, lors d’un festival où se sont enchaînées les déclarations politiques désastreuses, où même critiquer un parti fondé par des anciens Waffen-SS paraît impossible. La lâcheté de tout à chacun s’exprime à chaque nouvelle question au sujet de Canal+ dirigé par Vincent Bolloré un milliardaire d’extrême droite, et la tension est soulignée par chaque huée contre le logo du groupe – suivie en général d’applaudissements et acclamations pour Arte ou FranceTV. Le public ne veut plus de la droite en apparence mais le cinéma ne veut/peut pas la lâcher, et continue donc ses « compromis ». Le fascisme dans nos institutions de manière globale et artistiques est ainsi au cœur des discussions en même temps que défilent toutes ses propositions sur la Résistance ou la collaboration. Dans ce contexte houleux, <strong><em>Notre Salut</em></strong> avec Swann Arlaud en rôle principal – qui ne cache pas ses engagements – était plus qu’attendu.</p>
<p>Et on a bien fait d’attendre car Emmanuel Marre s’attaque à l’administration vichyste et propose un film fleuve qui fait fi de la Résistance française pour décortiquer les rouages d’une collaboration qui s’est faite sans difficulté. Inspiré par les échanges épistolaires de son grand-père, le cinéaste ose se tourner vers son histoire personnelle, regardant par là-même tous·tes les français·es. Car on était bien loin d’avoir tous·tes un grand-père résistant. Tout de suite, le film surprend en assumant l’anachronisme de sa mise en scène. Sa caméra épaule, ses spots blancs, ses choix musicaux évoquent la forme du <em>mockumentaire</em>. Rien que par cette façon de faire, il donne tout de suite une distance moqueuse à ce qu’il montre, empêchant toute possibilité de se réapproprier ses images ou d’avoir trop d’affect pour les protagonistes. Beaucoup ont comparé le film à un épisode de <em>The Office </em>et on comprend tout de suite cette tentation. La différence, c’est qu’il n’y a aucune tendresse pour les personnages et qu’ils ne sont pas aussi bêtes : ils ont juste compris comment s’élever socialement.</p>
<p>Le film suit donc Henri Marre, un écrivain criblé de dettes qui a écrit un ouvrage, <em>Notre Salut</em>, sur les valeurs pétainistes qu’il voudrait promouvoir en France. Ce n’est pas vraiment un artiste et on ne l’imagine même pas spécialement doué, c’est juste un homme qui a besoin d’argent. Pour ce faire, il est parti loin de sa femme dont les lettres ponctuent en voix-off la narration jusqu’à son apparition. Henri aime que les choses soient bien faites, il aime la discipline quand bien même il est incapable de l’appliquer à lui-même. Dès le début on constate qu’il n’est pas aussi droit qu’il le voudrait : il boit trop en dîner mondain et n’est pas capable de bien se retenir de parler. Le scénario ne s’attardera jamais vraiment sur les valeurs promues dans son ouvrage car elles sont dépendantes du contexte et n’existent pas vraiment, ni pour lui ni pour la France de Pétain. La scène d’ouverture permet aussi tout de suite de comprendre quelque chose sur Henri : ce n’est pas un grand fan de l’idéologie Nazi. Sa passion c’est la droiture du Maréchal et je trouve pertinent de ne pas tomber dans le cliché du personnage collabo qui serait d’emblée vulgairement antisémite, fan d’Hitler. Si la collaboration a pu si bien se faire, c’est parce qu’elle a été en partie menée par des opportunistes patriotes. Le patriotisme est la première pièce du fascisme. De fait, avant tout, ils le diront souvent, c’est pour « sauver les français » qu’ils commettent le pire.<img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-52648" src="https://www.cinematraque.com/wp-content/uploads/2026/05/Notre-Salut_Still-3-©Kidam-Michigan-Films-1.tif" alt="" /></p>
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<p>Dans <em><strong>Notre Salut</strong> </em>ce sont donc des français bien ordinaires qui travaillent pour le régime de Vichy en adhérant plus ou moins à son idéologie. On va suivre surtout les employés du ministère du travail dans lequel arrive à être engagé Henri. Sous occupation, l’organisation doit être repensée avec surtout une envie : réduire le nombre de chômeurs. Emmanuel Marre expose ainsi clairement sa thèse : le travail tel qu’on le conçoit aujourd’hui est l’enfant du fascisme. Qu’importe les génocides ou les pandémies, l’important c’est le travail, la production. Même en période de guerre les riches doivent s’enrichir, il faut des matériaux pour intimider, des papiers à remplir pour transférer, pour <em>manager</em>. La guerre même est une aubaine pour mieux exploiter. Le travail n’a rien à voir avec la morale ou l’éthique, en 1940 comme en 2026, dans la société capitaliste il est toujours mieux vu d’être collaborateur que chômeur. Avec <strong><em>Notre Salut </em></strong>on découvre même que certaines règles de France Travail ont été inventées à ce moment.</p>
<p>Le film d’Emmanuel Marre décortique cette idéologie du travail pour montrer que d’elle découlent d’autres formes d’oppressions. Ici, c’est évidemment le racisme qui arrive tout de suite. Au début du film, ils détestent les étrangers car ils voleraient le travail des français et puis ils deviennent bien utiles quand on peut les parquer pour leur donner les boulots plus ingrats. Les travailleurs juifs sont évidemment au cœur des discussions. C’est chez les plus en haut de l’échelle hiérarchique d’une entreprise qu’on fait le plus l’effort de les recenser, afin de pouvoir placer seulement des <em>purs français</em> aux postes qui font gagner de l’argent. On donne aux autres les tâches pénibles. Ils ne pourront alors pas s’enrichir et sont voués à s’épuiser. Le statut social du protagoniste de <strong><em>Notre Salut </em></strong>est donc en phase ascendante puisque que c’est un homme blanc. Il n’est plus que <em>challengé</em> par le regard méprisant de sa femme. Leur relation est un puissant ajout au film et donne un peu plus de profondeur au personnage d’Henri qui n’est pas qu’un petit loser opportuniste mais un père de famille qui ne supporte plus son propre foyer. C’est bien cocasse pour un grand défenseur du travail, famille, patrie.</p>
<p>Le film est long mais c’est parce qu’il se doit de montrer comme l’idéologie de ces gens évolue au fil des événements. Il doit suivre le début de l’Occupation, son sommet et sa chute pour montrer comme les idées rances de l’extrême droite peuvent aller dans plusieurs directions. En montrant la métamorphose de leurs idées, il rappelle qu’elles ne sont pas liées au nazisme. Elles sont liées au capital, au patriotisme, aux dominants qui pour le rester trouveront toujours un endroit où se dissimuler, chercheront toujours à se <em>dédiaboliser</em>. Par son propos et sa forme, Emmanuel Marre construit donc un chef d’œuvre politique et courageux, qui ne ressemble à aucun autre et résonne plus que tout en ce moment.</p>
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