Gabin et moi-même vous avons préparé une petite liste de ce que nous avons vu à Fantasia et que vous devriez absolument mettre sur votre radar pour les prochaines sorties en salle ou prochains festivals… ou pas !
On a aimé:
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I Love Paris de Nicky Murphy:
Aisément un des meilleurs films de cette 30ème édition du festival. Réalisé par un Australien mais en collaboration étroite avec une équipe française et tournée entièrement à Paris – comme son nom l’indique – en style « mockumentaire », le film suit une jeune chanteuse dont le nom de scène est… Paris, qui va rencontrer quelques vampires dans sa quête de succès. C’est drôle, frais et queer, et ça doit beaucoup à l’interprète au charme irrésistible du rôle principal, Aminata Thiboult, qui est aussi co-scénariste, co-productrice etc. Pour celleux qui ont aimé Les Reines du drame, sachez qu’I Love Paris est entre le crossover et la suite semi-officielle… De quoi donner envie si je ne vous avais pas convaincu jusque-là !
Pauline
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Teenage Sex and Death At Camp Miasma de Jane Schoenbrun :
Notre collègue Juliette a tout bien dit ici.

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GrotesQQQue d’Atsushi Nishigori
Trois « épisodes » ou courts-métrages, de style d’animation différent à chaque fois, réunis dans un seul long-métrage, tel est le concept de GrotesQQQue (avec trois « q », oui, mais ce n’est pas une quelconque indication de ce qui s’y passe, n’ayez pas l’esprit mal placé…) Bien que les trois ne soient pas reliés entre eux narrativement, ils partagent tous des caractéristiques Cinématraquo-compatibles.
Le premier, A(e)liens, parle de la difficile intégration d’extraterrestres au Japon et prône un message d’ouverture : au vu du repli identitaire du pays dans les dernières années, c’est une vraie bouffée d’air frais, en plus d’être très kawaii.
Dans Yoroshiku Girl, des jeunes filles s’emparent d’un jeu de réalité virtuelle populaire qui consiste (comme souvent) à s’entretuer, mais éliminent tout d’abord tous les joueurs masculins. Cette mise en concurrence féminine et sanglante « pour de faux » n’empêche pas de mettre en valeur la sororité, que ce soit entre certaines joueuses et/ou au coeur de l’intrigue sous-jacente, plus émouvante qu’on n’aurait pu le croire au départ.

Enfin, dans Nocturne: Nuit Grotesque, un petit groupe de jeunes femmes vampires errent dans une Terre post-apocalyptique. Plutôt bucolique et poétique qu’anxiogène cependant, même si tout n’est pas rose. Il y aussi un sous-texte lesbien qui prend de l’ampleur au fur et à mesure, et des scènes de « nuit » très belles. Queer, sororal et pro-immigration, sans oublier de nous régaler visuellement, Atsushi Nishigori a tout compris.
Pauline
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Break Free de Yu Nakamoto & The Specials de Eiji Uchida
Double-feature artificiel parce que ces deux films ont un gros point commun : des yakuzas qui se mettent à… la danse ! Dans le premier, c’est par rentrée de fonds insuffisante pour faire survivre leur clan que les gangsters essayent de monétiser leur compte TikTok, à coups de challenges dansants. Dans le second, participer à une compétition de danse est le seul moyen pour une bande de tueurs à gages d’avoir une chance d’éliminer un boss yakuza, qui vit reclus le reste du temps. Bien que très drôles et assez légers en apparence, les deux films comportent néanmoins un petit côté sombre, histoire de ne pas oublier qu’on a affaire à des personnages historiquement violents. Il est aussi intéressant d’en apprendre un peu plus au passage sur ces lois anti-yakuza (Botaiho) au Japon, qui, entre autres, isolent financièrement tout membre actif de ces organisations.

Point bonus pour The Specials: la présence au casting du magnifique Nakamoto Yuta, un des membres du groupe de k-pop NCT (cette ligne a été rédigée avec des cœurs dans les yeux.)
Pauline
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Colony de Yeon Sang-ho
Déjà sorti en France (bande de crâneurs), Colony marque le retour aux affaires de Yeon Sang-ho, aka monsieur Dernier train pour Busan… mais aussi Peninsula, sa « suite » que tout le monde préférerait oublier. Entre quasiment deux films par an et des productions à la pelle pour Netflix, peut-être que quelqu’un devrait lui dire que le repos, c’est quand même pas mal parfois. Pour autant, le réalisateur revient au genre qui a propulsé sa carrière : le film de zombies… mais avec un twist !

La conférence d’une grande entreprise pharmaceutique tourne au drame quand un virus est libéré et transforme ses victimes en bons gros mangeurs de chair. Au premier abord, ils ont l’air cons comme des meubles, et pourtant ils évoluent : la masse de morts-vivants partage une conscience collective et apprend de ses expériences pour mieux traquer ses proies. C’est ca, le truc qui permet à Colony de sortir son épingle du jeu, après un début ultra-référencé : un immeuble et ses survivants mis en quarantaine à la manière d’un REC, des zones commerciales qui rappellent un certain Romero… Et hop, on change continuellement. Yeon Sang-ho parvient à duper les attentes de son public comme de ses personnages, pour qui il n’a pas peur d’avoir une grande cruauté. Exacerbé par la mise en scène, la musique et les chorégraphies des mutants, le sentiment de masse collective prend et fout les chocottes. Bref : un bon cru.
Gabin
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Le Château d’Arioka (The Samurai and the Prisoner) de Kiyoshi Kurosawa
Également présenté à Cannes 2026, le dernier film de K. Kurosawa détonne un peu de sa filmographie, d’habitude plutôt penchée vers l’horreur ou l’anxiogène (pas pour vous commander mais vous devriez écouter ou réécouter le super épisode de notre podcast sur lui.) Ici, il adapte le roman Kokurōjō de Honobu Yonezawa, sorti il y a 5 ans, où plusieurs meurtres et mystères menacent la paix du château d’Arioka appartenant au seigneur Araki Murashige. Pour couronner le tout, ce dernier est en guerre avec le puissant Oda Nobunaga, et doit donc affronter troubles intérieurs et extérieurs, les deux étant étamt aussi potentiellement liés…
Si vous cherchez des combats au sabre, passez votre chemin, ici les samouraï utilisent leurs cerveaux et leurs langues plutôt que leurs bras, mais le résultat n’en est pas moins plaisant ! Bien qu’assez dense (le film dure 2h30), Le Château d’Arioka est passionnant avec ses intrigues politiques et religieuses, sa représentation des rapports de force en tout genre entre personnes ayant réellement existé (même s’il s’agit bien d’une oeuvre de fiction) et ses magnifiques images du Japon sur quatre saisons.
Sortie prévue en France : 27 janvier 2027
Pauline
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The Leader de Michael Gallagher
Sur le papier, The Leader aurait pu être un bon vieux biopic classique et ronflant, mais spoiler alert : c’était loin d’être le cas. Avec une séance archi-complète du fait de la venue de l’une de ses têtes d’affiche (et vedette de l’horreur) Vera Farmiga, le film de Michael Gallagher est une excellente surprise. Le réalisateur s’est approprié l’un des événements qui a marqué sa communauté : le plus grand suicide de masse de l’histoire des États-Unis, mené en 1997 par la secte Heaven’s Gate, fondée par Marshall Applewhite (Tim Blake Nelson) et Bonnie Nettles (Vera Farmiga).

En jouant avec sa structure non-linéaire, les formats d’image et différentes palettes de couleurs, Gallagher sort déjà de la mouture traditionnelle du biopic. Mais c’est surtout sa façon d’aller sans jugement au cœur de son sujet – comment un groupe tel que celui-ci peut naître, quel est son quotidien et qu’est-ce qui donne envie à ses adeptes de le rejoindre – qui fonctionne. Ce qui se dessine peu à peu devant nous, c’est un système protocolaire ultra-rigide… et pourtant né d’impulsions ou de petites blagues. Un écart parfois monstrueux, à l’image du personnage campé par Tim Blake Nelson, contrebalancé par l’humanité de celui de Vera Farmiga, qui se détache peu à peu de cette influence. Probablement l’un des meilleurs rôles de l’actrice, désormais libérée de la franchise The Conjuring !
Gabin
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Tokyo Burst : Crime City de Eiji Uchida
Premier spin-off de la franchise des thrillers policiers coréens The Roundup, Tokyo Burst : Crime City rassemble tous les ingrédients qui ont fait le succès (à tort ou à raison) de ses aînés. À commencer par un premier rôle au charisme implacable… mais qui est tout le contraire de son équivalent coréen, incarné par Ma Dong-seok. Ici, le réalisateur Eiji Uchida suit Aiba (Koshi Mizukami), un jeunot tout frêle et tout juste recruté comme détective dans la police japonaise. Originaire du quartier de Kabuchiko, il connait tous les locaux… vilains y compris. Contraint de faire équipe avec Cho (Jung Yun-ho, star de k-pop en plein revival), un agent spécial coréen, pour coffrer des gros méchants pas beaux, le duo s’écharpe et rompt toutes les règles en place pour mener son enquête à bien. Oui, les violences policières banalisées, c’est quelque chose dans cette franchise.

Et ce n’est pas parce qu’Aida est tout le contraire du personnage de Ma Dong-seok qu’il ne sait pas se battre, bien au contraire. Tokyo Burst va même encore un peu plus loin niveau violence et absurdité des combats, entre une course-poursuite à vélo qui ferait frémir notre Gaël national de plaisir, ou une bataille avec des jeunes « hosts » fringuants (des garçons très apprêtés qui vous accompagnent, moyennant finances, dans un bar/restaurant). Rien d’extraordinaire ou de révolutionnaire niveau scénario, mais c’est l’exemple typique du film de tatanes qui vous vide la tête quand vous en avez besoin.
Gabin
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Wind Breaker de Kentaro Hagiwara
On était venus pour la bagarre… et on l’a eue. Adapté du manga de Satoru Nii, Wind Breaker est l’un des gros défouloirs de cette édition de Fantasia. Il suit Sakura, un nouveau venu dans la ville de Makochi. Marginalisé pour son physique « atypique » (une chevelure et des yeux bicolores, en gros, la différence c’est mal vous voyez), il fait peu confiance aux autres et a pour seule envie de devenir le meilleur combattant du coin. Mais c’est sans compter sur l’esprit d’équipe absolu des Bofurin, un groupe de lycéens qui veille au bien-être des habitants, et pris dans une guerre avec le gang des Shishitoren.

En bref : une armée de beaux gosses (menée par Koshi Mizukami, également dans Tokyo Burst mentionné ci-dessus) qui se bagarre, mais sans avoir la même notion de ce à quoi elle sert. Il y a ceux qui frappent par pur plaisir, et ceux qui le font par simple nécessité. On a beau être en live-action, Kentaro Hagiwara conserve une mise en scène vivante et colorée, qui donnerait l’impression de sortir tout juste du manga (déjà adapté en série animée par ailleurs). Et pour rester dans le sous-texte queer, là aussi il y a de quoi faire… ou ne serait-ce que des ados pas craintifs d’exprimer leurs sentiments ou leurs faiblesses. Un régal, donc.
Gabin
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Mum, I’m Alien Pregnant de Sean Wallace et Jordan Dodson
Un bon délire néo-zélandais auquel on a consacré un article entier ici !
On est déçu.e.s:
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Her Private Hell de Nicolas Winding Refn (ou NWR pour les intimes)

On vous dit tout en détails juste ici (et on plaint celleux qui le verront au Festival de Deauville, où il vient tout juste d’être annoncé).
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Tristes Tropiques de Park Hoon-jung
Après le très fun The Childe (Fantasia 2023) et le sympathique diptyque The Witch, j’attendais impatiemment le nouveau film de Park Hoon-jung. Peut-être que le succès lui est un peu monté à la tête ou qu’il a juste voulu s’essayer à un autre style, mais dans Tristes Tropiques (en français dans le texte) le Coréen essaye un peu trop de se la jouer « artsy ». Pour une histoire d’enfants tueurs élevés dans la jungle thaïlandaise, on aura le droit à beaucoup de voix off, de longs plans sur la pluie qui tombe, et vraiment pas assez d’action, le tout étiré sur 2 heures. Le combat final est jouissif, ceci dit, et le personnage principal masculin est plein de surprises, bien interprété par Lee Shin-young.
Pauline
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Beasts Clutching at Straws de Hideo Jojo
Des destins croisés autour d’une valise plein de billets, voilà en résumé le pitch du roman (2011) de Keisuke Sone et de cette nouvelle adaptation cinématographique – la Corée du Sud avait aussi tenté le coup en 2020. Ce qui se veut une comédie noire pourrait effectivement bien marcher sur le papier ou peut-être entre les mains d’un.e autre réalisateur.ice, mais en plus de tomber globalement à plat ici, on doit subir la vision d’un personnage féminin battu et violé par son mari, et qui n’aura même pas la maigre consolation de finir vengée et/ou riche. Inutile et plutôt dégueulasse.
Pauline
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Someone’s Daughter de Wiebke von Carolsfeld

Là aussi, on vous en parle plus longuement ! Et on a plutôt hâte de revoir François Arnaud dans la saison 2 de Heated Rivalry.

