Et si la mascotte de l’émission préférée de votre enfance était en fait un putain de tueur en série psychopathe ? Tel est le pitch de Buddy, premier long métrage de Casper Kelly. Déjà habitué des délires horrifiques d’Adult Swim, Kelly a également réalisé un segment de V/H/S Halloween et, pour les plus attentifs, la pub du Green Goblin qui dégueule des macaronis dans Mandy de Panos Cosmatos. Rien de plus logique, donc, qu’il reste dans l’univers télévisuel, transformant littéralement ses spectateurs et ses jeunes héros en prisonniers de Buddy, une immense licorne orange qui ne vous veut que du bien. Ou presque.
Au départ, on se retrouve devant un épisode de It’s Buddy, équivalent « licornesque » de L’Île aux enfants, où Buddy et ses amis se retrouvent chaque jour pour mêler le fun à de nouvelles leçons de vie. Format 4/3, couleurs criardes et kitsch assumé : l’inspiration se trouve bien dans tous les shows pour enfants des années 70-80. En plus de Buddy, qui conclut chaque épisode par un beau câlin général, les enfants gravitent autour d’une bande de personnages récurrents : Betty la lapine rose, Nancy l’infirmière, Charlie le train (doublé par Michael Shannon, au cas où c’était pas déjà assez wtf), Strappy le sac à dos et… Mr. Mailbox, une boite aux lettres avec des p’tits yeux toute mimi. Tout est beau, innocent et un peu mièvre… jusqu’à ce que les enfants, la jeune Freddy en tête, commencent à voir que quelque chose ne va pas.
Comment sont-ils arrivés ici ? Pourquoi le casting de l’émission change régulièrement comme si de rien n’était ? Pourquoi les anciens enfants acteurs ont-ils disparu ? ET POURQUOI BUDDY VEUT TOUJOURS FAIRE UN CÂLIN À TOUT LE MONDE À LA FIN DE L’ÉMISSION ? Buddy réussit à rendre son lore vraisemblable sans pour autant tomber dans la surenchère explicative qui affecte certaines productions horrifiques. Il reste suffisamment de mystère autour de cette licorne pour donner envie de creuser davantage l’univers (on ne sait jamais) ou tout simplement se faire sa propre idée. Cette absence de réponse, c’est aussi ce qui permet à ce monstre de conserver son aura et de faire persister la peur qu’il suscite. Tout ce que l’on voit, c’est un être hybride, mi-mascotte mi-démon, qui prend de plus en plus le contrôle de son monde télévisuel, générique de fin compris… mais aussi de ce qui se trouve au-delà de la clôture de sa maison.
Bien que ses personnages principaux soient des enfants, Buddy est loin, très loin de les épargner. Outre son cynisme, sa violence exacerbée et ultra-graphique rappelle bel et bien les origines « adult-swimmiennes » de son réalisateur. À côté, Five Nights At Freddy’s, c’est vraiment du pipi de chat.
Buddy, un film de Casper Kelly. Avec Keegan Michael-Key, Cristin Milioti, Topher Grace… Sortie québécoise le 28 août 2026. Date de sortie française inconnue. Présenté au Festival Fantasia.

