Festival image+nation : les coups de cœur de la soirée Kino

Toujours dans l’optique de mettre en avant de jeunes cinéastes québécois, le festival image+nation a organisé une autre soirée en collaboration avec l’organisme Kino Montréal, qui encourage depuis plus de 25 ans la création de courts métrages à travers des conférences, de l’accompagnement, de la formation et du prêt de matériel. Pour que chacun.e ayant des envies de cinéma puisse un jour passer à l’action ! Retour sur les films qu’on a le plus apprécié au cours de cette séance…

Entre l’aube et l’aurore, de Juliette Turcot et Francis Leduc B.

Impossible de ne pas penser à Eat The Night en voyant ce documentaire réalisé quasi-intégralement à l’intérieur de Final Fantasy XIV (peut-on vraiment dire que c’est un machinima comme Grand Theft Hamlet ? La question me taraude.). Un jeu en ligne comme beaucoup d’autres où l’avatar que l’on se construit permet parfois d’avoir une image plus proche de celle que l’on a vraiment de soi – et dans le cas de personnes trans, de parer à la dysphorie de genre, à un système médical défaillant ou qui peine à les accompagner dans leur transition.

Une vie parallèle dans l’attente de pouvoir mener celle que l’on souhaite véritablement, où l’on se montre plus honnête que jamais : les conversations entre les réalisateur.ice.s et leurs invitées se font au gré des balades à travers le jeu, comme s’ils se promenaient dans la vraie vie une caméra à la main, ou bien attablé, ou dans « l’antre » d’une des joueuses. Et ça mentionne Link comme une icône non-binaire du jeu vidéo, alors forcément, c’est un grand oui.

Hiko, de Flavien Demeure

Hiko, 11 ans, fuit une fête de quartier et sa mère après avoir refusé d’être maquillé. Perdu, il fait la rencontre d’artistes de cirque dans un chapiteau : un moment déterminant qui lui fera affronter ses choix et la perception de sa propre identité.

Né d’une discussion entre le réalisateur Flavien Demeure et l’enfant-acteur Rayan Dieudonné sur un autre projet, Hiko est une belle façon de déconstruire les clichés sur l’identité de genre dès le plus jeune âge. Le choix du prénom Hiko n’est d’ailleurs pas anodin : d’origine japonaise, il est également non genré ! Habile, Bill (merci au réalisateur pour l’anecdote, puisque je ne serais pas allé la chercher tout seul, celle-là). C’est donc en mêlant cinéma et différents arts du spectacle (avec de très jolies performances !) que Flavien Demeure parvient à insuffler cette idée que le maquillage est là pour ajouter un peu de couleur à notre vie, peu importe qui l’on est, et aussi devenir une extension de soi.

Le dernier bar lesbien, de Kané Beignet

Beau petit complément à Emboiter leurs pas, projeté lors de la soirée étudiante du festivalLe dernier bar lesbien remet en perspective l’absence de bars lesbiens dans le Montréal actuel, malgré plusieurs lieux qui ont marqué l’histoire queer de la ville.

En explorant les « soirées du lundi » lesbo-friendly du bar Champs (avec une caméra et un rêve, quasiment), lae réalisateur.ice recueille les témoignages de plusieurs personnes queer qui expriment ce besoin d’avoir des lieux où se sentir représenté.e.s et en sécurité. De son aveu, un documentaire un peu « désuet » puisqu’un autre bar entièrement queer-friendly a ouvert ses portes depuis, mais le sujet reste toutefois cruellement pertinent ! Hors de question de se dire désuet, alors…

Not Today, d’Ayesha Sheikh

Pardon, on a une image toute petite, mais c’est celle qu’on avait sur le site du festival, pas taper. Mais ce que vous ne voyez peut-être pas comme ça, sur cette photo, c’est qu’une drag queen est un peu surprise devant une télé. Et elle a bien raison de l’être. Not Today, c’est une version queeremastérisée du film d’horreur japonais The Ring, réalisée en collaboration avec le festival de films de genre Fantasia (que connaît très bien notre Pauline nationale). L’idée ? Faire un remake d’un grand film qui a fait partie de la sélection de l’événement.

Deux drag queens pleurent la mort de leur drag mother et tombent sur une étrange cassette en fouillant ses affaires. Pensant d’abord qu’il devait (évidemment) s’agir d’une sex-tape, la VHS cache (évidemment) tout autre chose : la fameuse Sadako, qui n’était probablement pas prête pour un « makeover VIP » façon RuPaul’s Drag Race. C’est donc complètement fou, et ça donnerait presque envie d’en voir plus avec d’autres grandes figures du cinéma d’horreur.

Un film original, de Sarah Toussaint-Léveillé

Un film original, c’est son nom. Et c’est bien ce qu’il est, aussi. Trois petites minutes d’animation ultra-simpliste, à base de dessins faits au marqueur façon storyboard, où la réalisatrice s’adonne à une parodie d’un road-movie américain des années quatre-vingts dix, queerevitalisé (j’arrête les jeux de mots à partir de queer ici, promis) et avec un soupçon de psychologie supplémentaire. Parce qu’on suit Jane, une mère de famille qui plaque tout pour une nouvelle vie : sa charge émotionnelle, son mari épuisant et ses enfants chiants… Elle rencontre une autre femme, et toute sa vie change. Peut-être. Peut-être pas. Un peu ?

C’est difficile d’en dire plus sans dire tout ce qui se passe (et j’en ai déjà dit bien trop), mais c’est l’humour décapant de Sarah Toussaint-Léveillé qui fait toute la réussite du court métrage : au fur et à mesure qu’elle déroule le scénario en voix-off, les retournements absurdes s’accumulent, mais sont-ils aussi débilos qu’une vie ordinaire avec un mari pas foutu de commander une pizza une fois dans sa vie ?

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