Fantasia 2025 : quoi mettre sur vos radars (ou non), première partie

À Montréal, le retour de l’été ne signifie pas seulement « oublier qu’on se les caille sévère 5 mois par an », mais aussi le retour de Fantasia. Ce festival de films de genre bien connu des cinéphiles en est à sa 29ème édition, et la troisième de suite couverte officiellement par Cinématraque, c’est-à-dire par moi-même, le reste de mon équipe bien-aimée étant en France. Bien que n’ayant pas pu me rendre à la première semaine du festival (qui se déroulait cette année du 16 juillet au 3 août), je me suis précipitée sur la seconde, et voici mes impressions à mi- (quart ? la moitié de ma moitié ? oui on est pas matheux.ses chez Cinématraque…) parcours.

The Forbidden City, de Gabriele Mainetti

Où l’on découvre que les Italiens peuvent faire des films d’arts martiaux respectables, à quelques détails près. Une jeune femme chinoise débarque à Rome pour retrouver sa sœur aux mains d’un cartel qui trempe, entre autres, dans la traite des femmes. Dans sa quête violente et désespérée, elle embarque malgré elle et malgré lui le jeune chef cuisinier italien du restaurant voisin, et les péripéties s’enchaînent. Les combats sont vraiment supers, l’actrice principale, Yaxi Liu, qui était doublure cascades/combats sur le Mulan maudit (celui en live-action), est une révélation, et le film est clairement une ode au multiculturalisme moderne de Rome. Les « quelques détails » évoqués plus haut qui empêchent ce film de passer au niveau d’appréciation supérieur sont 1) la longueur et 2) l’écriture et la réalisation par un homme italien blanc cisgenre – et ça se sent.

ChaO, de Yasuhiro Aoki

Également vu à Annecy par mon collègue Gabin, l’histoire d’une créature aquatique (poisson dans la mer, superbe jeune femme répondant aux critères patriarcaux sur terre ferme lorsqu’elle se sent en confiance) qui se marie avec un mec lambda qui ne la mérite pas du tout. C’est mignon (cet adjectif n’est pas condescendant.)

Ya Boy Kongmin ! The Movie, de Shibue Shuhei

Une fois n’est pas coutume, les Japonais nous proposent l’alambiqué chemin manga > série animée > série en live action > film… mais ce n’est pas toujours une bonne idée. Le pitch de base est vraiment génial (un stratège militaire propulsé dans le futur qui applique ses talents à sa protégée dans le monde de la J-pop), mais on se penchera plutôt sur le manga ou les adaptations précédentes, que sur ce film malheureusement ni fait ni à faire. Très contente de voir le groupe &Team dans leur propre rôle à l’écran par contre.

Hi-Five, de Kang Hyung-chul

Six individus qui n’ont rien en commun à part d’avoir bénéficié récemment d’une greffe se retrouvent avec des superpouvoirs. Que vont-ils en faire ? Pourront-iels surmonter leurs différences quand le temps sera venu de s’allier face à une menace qui veut récupérer leurs pouvoirs (pensez Sylar de Heroes, pour celleux qui s’en souviennent) ? Un vrai cadeau spécial Fantasia celui-ci, avec de l’action, du supernaturel, de la comédie… Et pour mon plus grand plaisir, Jinyoung du groupe de kpop Got7 qui donne de sa personne (comprenez: il montre son torse.) Bref c’est la régalade et c’est mon coup de coeur de ce début de semaine.

Affiche de Hi-Five, film de Kang Hyeong-cheol

Barbie Boomer, de Marc Joly-Corcoran

Une Québécoise de 66 ans qui a collectionné les Barbie toute sa vie ou presque, et qui souhaite à présent les léguer au Musée de la Civilisation de la ville de Québec, voilà le point de départ de ce documentaire. Le réalisateur met en parallèle de ce portrait d’une femme touchante et plutôt lucide un texte argumentaire plutôt féroce sur les origines et la portée sociologique de la poupée Mattel, ce qui donne un résultat franchement surprenant. Dommage que ce texte soit présenté par l’intermédiaire d’une comédienne jouant le rôle d’une universitaire : même si la supercherie est clairement annoncée à l’écran, cela minimise quelque peu sa portée.

Stuntman, d’Albert Leung Koon-Yiu et Herbert Leung Koon-Shun

Un chorégraphe de séquences d’action qui officiait pendant l’âge d’or des films hongkongais est rappelé pour le dernier film d’un de ses amis réalisateurs, et se frotte à la réalité de l’industrie aujourd’hui. L’opposition vieille/nouvelle école est particulièrement intéressante ici, dans ce métier à haut risque et faible reconnaissance, et la question de l’impact de cette passion dévorante sur la vie de famille était également bien vue, seulement l’écriture et la réalisation ne suivent pas vraiment. Une semi-réussite, donc.

L'équipe d'un film derrière le moniteur. Tiré du film Stuntman.
Une des meilleures séquences du film, les coulisses d’une scène de braquage de bijouterie. (Droits réservés, image fournie par le festival)

Bonus : le court-métrage Let’s Settle This, de Jack Woon

Fantasia présente souvent des courts-métrages avant les longs, et tout comme pour ceux-ci, il y a des pépites. Ce court, réalisé par un Néo-Zélandais d’origine malaysienne, en est une ! Il met en scène un homme et une femme, eux aussi néo-zélandais de descendance asiatique, à leur premier date Tinder (ou autre app du genre) qui commence de manière banale – autrement dit les deux regrettent de s’y être rendus – et qui va prendre une tournure totalement inattendue. Hommage aux films de kung-fu que le réalisateur nous a avoué enchaîner dans son enfance, ces 13 minutes sont d’un charme fou.

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