Captives, un honnête thriller façon Prisoners en compétition officielle

Nos notes

Ils ont crié leur premier « BOUH », les trolls du festival. C’était ce matin, au Théâtre Lumière, où été projeté Captives, annoncé avant-coup comme une probable fausse note de la sélection de Frémaux.

Ces « BOUH » plutôt nourris lorsque les lumières se sont rallumées, je les entendais déjà pendant le film, objet calibré pour plaire au grand public sans pour autant renouveler le Septième Art. L’histoire, c’est celle d’un couple amputé de son enfant prodige, une blondinette championne de patin à glace enlevée soudainement, au retour de l’entraînement, sans la moindre trace d’indice.

Une intrigue façon puzzle

Le montage, gros point fort du film qui a sûrement poussé Thierry Frémaux à le démarquer des Prisoners et consorts, nous propose de suivre en faisant des aller-retours dans le temps la famille, la police et les kidnappeurs durant une période de 8 ans. Il faut accepter de jouer le jeu et de se paumer dans l’intrigue, donc, notamment durant le déroutant premier quart d’heure, où l’on traverse différentes époques sans trop le comprendre.

Atom Egoyan, auteur en 1997 du remarqué De Beaux Lendemains, ne prend pas le spectateur pour un débile, déroulant son intrigue ficelée comme un bon thriller, filmée sans étincelle ni gros raté, sachant exactement où il veut nous emmener. Et même si le final est des plus décevants (voire assez couillon, quand même, soyons honnêtes), on ne peut que saluer le rythme constant et l’intérêt suscité par chaque rebondissement, jamais attendu.

Mais qui sont donc ces « BOUH » qui sifflaient dans la salle ? Les puristes, pour sûr. Parce qu’en effet, si le film tient en haleine, il ne prend aucun risque et ne mérite à ce titre peut-être pas d’être opposé aux beaux essais casse-gueules d’Abderrahmane Sissako et consorts. Pour autant, il paraît certain que si ARP fait bien son boulot, Captives pourrait être un des films cannois de 2014 les plus riches en spectateurs à sa sortie.

On en arrive ainsi encore et toujours à cette question existentielle du fossé séparant la critique des spectateurs, et à laquelle je me garderais bien d’apporter une réponse. Les gens qui s’y risquent sont ensuite, façon western, illico rangés par les deux camps parmi les bons ou les méchants. Et le manichéisme n’étant pas la bonne réponse, je ne constate ici que des faits : ce matin, si les siffleurs étaient pléthore, les sièges du Théâtre Lumière étaient quasiment tous occupés à l’issue de la projection. Ce qui est très rarement le cas, à Cannes.

Alors, y a-t-il au plus grand Festival de cinéma du monde de la place pour d’honnêtes et stimulants thrillers ? Thierry Frémaux a répondu oui, et je lui en sus gré.

Pourquoi le film aura-t-il la Palme ?

– Parce que c’est un bon thriller

– Parce que ça serait un geste militant (ben ouais, le jury dirait ainsi « on est CONTRE les enlèvements d’enfants)

Pourquoi le film n’aura-t-il pas la Palme ?

– Parce qu’il ne prend aucun risque

– Parce que Ryan Reynolds a le charisme d’une mouche et ressemble beaucoup trop à Guillaume Canet

Captives, d’Atom Egoyan, avec Ryan Reynolds et Scott Speedman – Sortie le 1er octobre 2014

Verdict ?

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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