Perfect Mothers : laisse pas traîner ton fils

J’aime Anne Fontaine et je n’ai plus vingt ans.

Deux bonnes raisons pour me réjouir de la sortie en salle de Perfect Mothers, film sur de magnifiques quadragénaires blondes qui s’éprennent chacune du fils de l’autre.

Si je devais vous pitcher ce film, telle en serait l’accroche :

Perfect Mothers, le film qui me donne envie d’avoir quarante ans, pour avoir le corps et les mecs que je n’ai pas eus à vingt.

A l’occasion de la sortie de 20 ans d’écart, film sur une quadragénaire qui, comme moi, est amoureuse de Pierre Niney, 20 ans, je vous avais avoué mon âge avancé et l’importance d’un sujet de société autrefois étranger : la cougarisation de l’espèce.

Quand j’ai vu la bande-annonce de Perfect mothers, je me suis dit :
« Intéressante, cette pub pour l’Australie, les crudités (vus les corps de nos sublimes actrices) et la puberté. »

Mais le cinéma d’Anne Fontaine, aussi enrobé puisse t-il être (c’est la première fois d’ailleurs qu’elle tourne en Australie avec des acteurs américains), reste bien piquant si on  en croque le fond.

Lil (Naomi Watts) et Roz (Robin Wright) sont des amies depuis l’enfance et mères chacune d’un garçon. Lorsque Lil perd son mari, elles deviennent inséparables et leurs fils, meilleurs amis à leur tour. Vivant en vase clos, amies fusionnelles, elles finissent par s’éprendre chacune du fils de l’autre sans s’offusquer de leur ascendance et de leur vingt piges, film français oblige. 

Il y a le ciel, le soleil et ta mère.

Lil et Roz sont toutes les deux blondes,  toutes les deux belles mais ont toutes les deux raté leur mariage (l’une a perdu son mari, l’autre son désir pour lui). Seuls leurs fils respectifs, agence de mannequins Quiksilver à eux seuls, sont une réussite. La passion de ces deux dieux du stade (anal) est de surfer sur la mer et va bientôt devenir celle de surfer sur les mères. Et de cette passion va naître un amour.

Lil et Roz sont inséparables, elles habitent des maisons voisines, jouxtant la mer, et dans leur petite bourgade australienne, certains vont jusqu’à se demander si elles ne sont pas lesbiennes. Il faut dire que leur premier baiser, c’est entre elles qu’elles se le sont échangés.

Depuis la mort de son mari, Lil n’a jamais refait sa vie, harcelée qu’elle est au travail par un vieux chauve rebutant. C’est Roz, qui jusqu’à présent a comblé le vide. Jusqu’à ce que leurs enfants grandissent et deviennent Ils de la tentation.

Laisse pas traîner ton fils.

Depuis toujours, ces deux duos mère-fils ont formé un tout, une famille. Autour d’eux, rien n’existe : le boulot ne semble pas source d’épanouissement, les habitants de la ville sont moches. Ne reste pour ces deux Appolon que la mer et les mères.

Aucun jugement de la part de la réalisatrice, au contraire : une incitation.En effet, au lieu de culpabiliser, les deux amies s’avouent n’avoir jamais été aussi heureuses que depuis qu’elles s’envoient le fils de l’autre, et ne comptent pas en rester là. «Ils se lasseront bien de nous.»

C’est peut-être la limite du film, ce manque de jugement qui peut s’apparenter chez certains spectateurs à un encouragement. Tu ne trouves pas de mec ? Pas de souci : demande à ta meilleure amie de faire un enfant et mets-le dans ton lit. Si on a envie de n’y voir que cet aspect, alors oui, on peut rester circonspect.

Mais ce serait passer à côté de tous les autres thèmes que ce film, dans sa limpidité et son a-mère légèreté, sait si bien illustrer : le temps qui passe qu’on ne rattrape guère sauf au travers de l’amour, le rôle de mère, éduquer son fils à la sexualité : qu’en penserait Brigitte Lahaie ? L’ennui, les limites des crèmes anti-rides et, soyons fous : la pédophilie.

Les images sont somptueuses (mer, surf, les corps) et surtout : la lumière est.

Hey, meilleure amie, toi qui me lis souvent, quand est-ce que tu fais un enfant ?

Perfect Mothers, Anne Fontaine, avec Naomi Watts, Robin Wright Penn, Xavier Samuel, France / Australie, 1h51.

J’adore parler de moi, c’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances. Avec le cinéma.

3 Comments

  • Répondre avril 12, 2013

    SABRINA

    je trouve que les acteurs ne sont pas bon du tout, ils jouent pas vraies les scènes auraient dû être plus torrides, les jeunes plus sexy et les femmes aussi, les mecs sont trop moches.
    De plus, je trouve que le début du film est trop rapide, on ne comprend pas trop comment est né leur amitié pas assez appronfondi,
    certes, c’est de l’inceste de la pédophilie féminine, car ces femmes ont élévés ces 2 enfants ils les ont vu grandir.

  • Répondre avril 1, 2013

    Martin

    Intéressant ton article. Mais pas mal de choses que je ne partage pas, a priori sans avoir vu le film.
    Mais j’imagine le scandale si ça avait été deux mecs couchant avec leurs filles respectives.
    Ensuite c’est un film ou une pub ? Tout le monde est limite anorexique et blond et beau.
    Il y a une morale des corps et je la trouve problématique.
    Pédophilie ? Ce ne sont pas des enfants, non ? Ce terme est utilisé pour tout non ? ça parle vraiment de pédophilie ?
    Le thème me semble plutôt l’inceste, et la manière de le vivre en décalé. Que ce soit une apologie c’est un problème.
    Est ce que ça parle des dégâts que ça peut faire ?
    C’est encore un truc de vieux qui fantasment sur la jeunesse par qu’ils (elles) sont incapables d’inventer leur vie. Ils se sont plantés, ont renoncé. Donc ils vont se nourrir de l’énergie des plus jeunes.
    C’est un film d’époque : on est dans une situation de pouvoir, pourquoi ne pas en profiter ?
    Sur un sujet voisin, American Beauty me semble plus intéressant.

  • […] A lire aussi sur Cinématraque […]

Leave a Reply