Les 10 meilleures BO de films 2022 : quoi offrir aux mélomanes cinéphiles ?

Noël approche, et la panique monte : comment trouver les meilleurs cadeaux pour nos proches, nos collègues qu’on n’aime pas mais dont on a tiré le nom au Secret Santa, et nos crushs Twitter ? Heureusement Cinématraque est là pour vous aider à trouver le cadeau parfait! Dans le cas extrêmement précis où votre cible est fan de musique de film. Sinon, on ne peut rien pour vous, désolé. Offrez une plante, c’est cool les plantes. Dans vingt, trente ans y en aura plus.

2022 a été une année faste pour les belles compositions originales au cinéma ; à une époque où minimalisme, économie et rapidité sont les maîtres mots dans l’industrie cinématographique, on trouve encore parfois des artistes assez fous pour composer et arranger des musiques originales, surprenantes et entraînantes.

Voici une petite sélection des dix meilleures bandes originales de l’année ; piochez dedans pour disposer votre cadeau sous le sapin, en CD ou en vinyle !

Attention cependant, deux petites règles :

  • Les musiques sont jugés uniquement sur leur capacité d’auto-suffisance. Autrement dit, il est tout à fait envisageable que les images filmiques qui accompagne les mélodies soient toutes pourries.
  • J’ai exclu les bandes originales de films non sortis en France en 2022. Pas de John Williams, ni de Hildur Guðnadóttir ou de Justin Hurwitz pour cette fois !

The Batman, Michael Giacchino

Pour cette nouvelle interprétation du chevalier noir de Gotham, le célèbre compositeur a signé une de ses plus belles BOs. Et il en a déjà un paquet à son actif ! La grande réussite qu’on entend sur le disque, c’est sa capacité à composer des thèmes qui accompagnent les figures quasi mythologiques de Gotham City. Celui de Catwoman est jazzy et mystérieux, empreint d’une tristesse déguisée. Celui du Riddler est plus surprenant, il emmène son orchestre là où ne l’attend pas forcément et retrouve une empreinte gothique que renierait pas forcément son prédécesseur Danny Elflman. Mais c’est sur le thème du Batman que Giacchino impressionne le plus, tant la construction musicale est intelligente dans sa réflexion narrative. Autour de deux accords de piano répétitifs et lourds, il installe d’abord des sons discordants avant de lui apporter une mélodie empreinte certes de mélancolie mais aussi d’une lumière inattendue. C’est-à-dire qu’en plus d’incarner la noirceur caractéristique du héros, il lui donne aussi ses notes de bravoure ; celles qui font justement de lui un héros.

A offrir à : quelqu’un qui souffre de main character syndrome.

Blonde, Nick Cave et Warren Ellis

Si le film n’a pas grand chose d’intéressant à raconter ou à montrer au delà de la souffrance de cette pauvre Marylin fictive, c’est loin d’être le cas de la musique composée par le duo pour leur ami Andrew Dominik. Avec leurs claviers aériens et leurs synthés éthérés, ils tissent une toile sublime, faites de lamentations et de rêves éparpillés. L’épiphanie que suggère le morceau final de la bande originale laisse imaginer un tout autre film, bien plus riche que ce qu’on a pu découvrir sur Netflix en automne.

A offrir à : un.e fan de Marylin Monroe qui refuse de trouver la moindre qualité au film.

After Yang, Aska Matsumiya

Dans un style similaire, la compositrice Aska Matsumiya use et abuse des pianos et des claviers électroniques pour installer la dualité en jeu dans le film, entre l’humanité et l’intelligence artificielle. Les deux se rencontrent d’abord puis finissent par s’épouser au fur et à mesure du CD pour atteindre une apothéose sur le morceau final, « The End Walk ». En plus on a aussi droit au passage jeu de danse sur la piste « Welcome to Family 4 », un vrai bon délire à balancer sur les enceintes du salon lors du matin de Noël, après avoir ouvert les cadeaux le MATIN de Noël comme une personne normale et non comme les PSYCHOPATHES qui font ça la veille.

A offrir à : quelqu’un qui aime boire du thé en regardant la pluie tomber sur la vitre de la fenêtre.

Les Bad Guys, Daniel Pemberton

Vous ne trouverez pas bande originale de film plus entraînante, plus dynamique, plus enjouée cette année. Daniel Pemberton est un des compositeurs les plus versatiles et prolifiques de l’industrie et il le prouve encore avec ce dessin animé sur des bandits attachants. C’est un énorme orchestre façon swing qui envoie le pâté pendant une bonne heure, des cordes aux cuivres en passant par les claviers Hammond et les guitares super funky… De la musique qui met assez la banane pour couvrir toutes les carences en potassium pendant au moins un mois.

A offrir à : quelqu’un qui porte toujours des lunettes de soleil quelle que soit l’heure ou l’endroit.

She Said, Nicholas Britell, Caitlin Sullivan

Si le nom de Caitlin Sullivan apparaît en gros sur l’album à côté de celui du désormais célèbre compositeur Nicholas Britell, c’est parce que la violoncelliste donne toute son identité à la mélodie entêtante et obsédante de cette bande originale. Ici tout est question de couche et de surcouche, le compositeur ajoute et enlève des instruments autour de deux bases (le piano et le violoncelle), pour mieux nous surprendre et nous émouvoir. Ce sont vraiment ces deux émotions qui mènent la danse, l’inquiètude et la compassion. L’une des grandes forces de Britell est d’arriver à donner une texture à sa musique, toujours d’une douceur satinée et assez fine pour nous laisser sentir les cicatrices, les ruptures, les engelures.

A offrir à : quelqu’un qui a du goût, je vois pas trop quoi dire de plus ici.

L’origine du mal, Pierre Lapointe et Philippe Brault

Contractuellement du fait de la présence québécoise dans l’équipe de Cinématraque je suis presque obligé de citer cette bande-son, mais c’est avec gaieté de coeur parce que le thriller de Sébastien Marnier est embelli par cette musique délicieuse. C’est rétro, c’est tendu mais avec un côté fun, c’est un peu kitsch, on s’amuse comme des fous. Parfait pour organiser une petite murder party en famille lors des fêtes de famille, ou pour planifier le vrai meurtre véritable de votre tonton relou qui défend Elon Musk et vous demande pour la quatrième année de suite pourquoi vous ne mangez pas de viande.

A offrir à : votre tonton relou, pour le préparer à sa mort prochaine.

Bones and All, Trent Reznor et Atticus Ross

On est encore dans quelque chose de très épuré ici. Les passages plutôt inquiétants sont les plus familiers, tant le style du duo est devenu une marque dans le cinéma américain de ces douze dernières années, mais le plus intéressant est cette fois leur manière d’utiliser non pas les claviers mais la guitare. Jusqu’à en garder les sonorités les plus parasites comme le son des doigts qui glissent sur les cordes, voire aller jusqu’à la désacorder pour symboliser ce monde parallèle ou rien ne tourne rond. Et quand cette guitare se fait mélodieuse et revient sur des schémas plus classiques, on touche au sublime ; de l’americana désincarnée et fatiguée, mais putain c’est que c’est beau.

A offrir à : quelqu’un qui est fan de The Last of Us et qui en a marre d’attendre la série, la musique ressemble un peu.

Nope, Michael Abels

Sur ses trois longs-métrages tous ancrés dans le cinéma horrifique, le réalisateur Jordan Peele a réussi l’exploit – et pas des moindres – d’installer un compositeur contemporain à qui il donne les moyens de composer à l’ancienne. Avec un orchestre complet, tout plein d’approches diverses et variées qui illustrent le foisonnement thématique et référentiel du film lui-même : on voyage des OVNIs aux Dents de la Mer jusqu’aux cowboys aussi facilement que si on était sur un cheval supersonique. Le seul reproche qu’on pourrait faire, c’est que le mix de l’album manque un peu d’ampleur et dessert les passages les plus grandioses de l’album.

A offrir à : un fan de John Williams qui dit que la musique de film aujourd’hui c’est de la merde

Secret Headquarters, Lorne Balfe

Celui-ci j’étais obligé de le mettre, parce que même si Lorne Balfe a composé une super musique pour Michael Bay cette année, sa création originale la plus démente est bien la bande-son du film… Secret Headquarters ? Qui est un film qui… Existe ? Avec un Owen Wilson en genre d’Iron Man ? Je suis tombé sur l’album sur Spotify cet été, et il a tourné en boucle à la maison mais j’ai jamais osé aller vérifier ce que c’était vraiment. En tout cas Balfe est à son meilleur, c’est très mélodieux et entraînant, synthétique mais riche en mélodies comme aux grandes heures des plus talentueux de chez Mediavision.

A offrir à : un fan de Hans Zimmer désespéré par le boug qui ne fait plus aucun effort.

Rings of Power, Bear McCreary

Il fallait bien une entorse à la règle dans la liste, comme dans les rédactions délétères où le rédac chef laisse ses équipes mettre des séries dans leurs tops 10, et voilà : la meilleure musique cinéma de l’année est à la télé. Si la série Amazon se torche le cul avec le principe même de scénario cohérent et tout le canon de l’univers Tolkien, peu importe après tout puisque niveau musique, le génial Bear McCreary a décidé de nous en mettre plein la vue comme peu de gens savent le faire. Full orchestre, des thèmes et leitmotifs à gogo, de l’épique et de l’intime, il a TOUT mis. Alors merci à lui.

A offrir à : quelqu’un qui veut écrire un roman d’heroic fantasy et qui a besoin de motivation.

Et c’est tout ! Seulement dix bande sons, c’est très peu. Désolé pour Johnny Greenwood qui n’aura pas été mentionné dans l’article malgré son génial nom de famille et sa magnifique musique sur Spencer, désolé pour Inu-Oh et Turning Red, pour Pinocchio, La nuit du 12, Athéna et les autres : à la guerre comme à la guerre.

Tous les disques mentionnés sont probablement disponibles en CD et ou vinyles chez vos disquaires préférés ou sur Internet, on n’est pas allé vérifier parce qu’on s’en fout c’était juste excuse pour recommander de la bonne musique, bises.

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