Fast & Feel Love, QLF (*que les femmes)

Point contexte : j’ai vu ce film dans le cadre du festival Fantasia. Qu’est-ce que Fantasia, me demanderez-vous ? Eh bien, c’est le cousin montréalais de l’Étrange Festival, en quelque sorte. Un festival de films de genre – fantastique, horreur, thriller et plus généralement des films impossibles à classer style Tokyo Tribe de Sion Sono ou Promare de Hiroyuki Imaishi (deux films que j’ai découverts grâce à eux donc), avec une excellente ambiance et plein de pépites introuvables ailleurs.

Si le titre et la police du titre vous rappellent quelque chose, ce n’est pas une coïncidence. Ce film du réalisateur thaïlandais Nawapol Thamrongrattanarit s’inspire directement de, et rend hommage à la saga Fast & Furious, du moins si le personnage de Vin Diesel préférait les verres en plastique rouge aux voitures trafiquées. En effet, le héros du film, Kao (Nat Kitcharit, très bon et très mignon) a pour passion le « sport stacking », c’est-à-dire empiler le plus vite possible en pyramide des verres en plastique et les remettre en place ensuite. Je vous épargne un tour sur Google : oui ça existe vraiment, il y a des associations, des coupes du monde, j’en passe et des meilleures.

De l’assistanat en milieu urbain

Kao veut devenir le champion du monde, et pour ça il aura besoin de sa F A M I L L E (j’espère que vous l’avez), soit sa mère, sa copine Jay (Urassaya Sperbund, actrice et mannequin aux 11 millions de followers Insta, elle est magnifique) et sa manager dans un premier temps, qui vont tout sacrifier ou presque pour sa passion. Sauf que 10 ans plus tard, Kao n’a pas vraiment avancé ni dans la vie ni vers son but ultime et Jay en a ras la frange de s’occuper d’absolument tout, d’autant plus qu’elle veut un enfant. Elle le quitte et Kao se retrouve complètement perdu puisqu’il a passé toute sa vie à être assisté, pour faire simple. Commence alors une hilarante et salutaire quête pour apprendre à se débrouiller tout seul comme un grand garçon et réussir à être le plus rapide champion de stacking du monde.

Mes deux neurones restants qui essayent de m’empêcher d’acheter un énième truc de kpop

Je ne vous dirais évidemment rien de l’issue de ces quêtes, mais je vous dirais en revanche que le film réussit très bien à nous faire rire sur le thème de la charge mentale de femmes (les seconds rôles sont exclusivement féminins) qui se dévouent pour le bien-être et les rêves des hommes au détriment des leurs. C’est également très malin dans les références cinéphiles qui sont ici poussées jusqu’à la parodie – sans aucun mépris bien au contraire, je précise en tant que grande amatrice des F&F – avec une mention spéciale à une séquence géniale sur un film « d’auteur » maintenant ultra connu.

Ajoutons à ça un sens aigu du timing comique, avec un gros travail sur le montage notamment, et un mélange des genres bienvenu (comédie donc, mais reprenant les codes des films d’action, thrillers, rom-coms etc), et vous avez probablement une des meilleures comédies de l’année avec Everything Everywhere All At Once (patience, ça arrive en août de votre côté de l’Atlantique.)

Fast & Feel Love, un film de Nawapol Thamrongrattanarit, avec Nat Kitcharit, Urassaya Sperbund, Anusara Korsamphan… 2h12 (on les voit pas passer, promis). Sur la plateforme au N rouge en France.

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