Bloody Milkshake : telle mère, telle fille

Entre Fast & Furious 9 et Black Widow, l’été 2021 a déjà ses deux grosses têtes d’affiche pour le cinéma d’action. La bande à Toretto et Scarlett Johansson auraient cependant pu partager le gâteau avec l’ami John Wick, dont la quatrième aventure était prévue pour mai 2021, avant d’être repoussée à l’an prochain pour… wait for it… cause de COVID. Pas si grave. Le temps de récupérer de Parabellum, Keanu Reeves va passer la main à une de ses collègues : Karen Gillan. Dans Bloody Milkshake, elle incarne Sam, une tueuse à gages qui a ça dans le sang. Abandonnée par sa mère Scarlet (Lena Headey) au cours de son enfance, elle n’a eu d’autre choix que de suivre ses traces, faute d’avoir connu autre chose. Quand une mission l’oblige à choisir entre son honneur pour son employeur ou la vie d’une enfant, Sam part en cavale et entraîne avec elle ses uniques amies… et famille de cœur.

Quand on commence le film, on a l’impression d’être face à quelque chose d’ultra-classique : le personnage de Sam rappelle inévitablement celui de Nikita et son look celui de l’héroïne de The Villainess (lui-même inspiré du film de Luc Besson, comme quoi la boucle est bouclée). Le postulat de départ est lui aussi tout aussi simple. Sam est au service de « la Firme », qui lui présente ses contrats par l’intermédiaire du personnage de Paul Giamatti. De l’argent lui a été dérobé et il souhaite bien évidemment le récupérer. Une mission des plus ordinaires jusqu’à ce que penche dans la balance le kidnapping de la petite Emily, huit ans.

Et c’est à ce moment que le film contrecarre son classicisme, puisqu’une enfant se retrouve propulsée au milieu d’un univers violent, sans avoir demandé quoi que ce soit. Navot Papushado présente des scènes d’action soignées et – il faut l’avouer – assez explicites. Mais c’est en mêlant la violence et une certaine ironie qu’il est le plus efficace : Sam et Emily auront notamment à affronter à plusieurs reprises un groupe d’ennemis assez stupide, remis sur pieds de façon plus que douteuse par un médecin tout aussi étrange. Là aussi, on sent que Papushado veut jouer avec les codes de ces films dont les héros mercenaires trouvent toujours où et par qui se faire soigner à tout moment. Ce nouvel affrontement mêle effets gores, comique de situation et un sarcasme assez efficaces !

C’est surtout grâce à son casting féminin que Bloody Milkshake suscite la curiosité. Après avoir donné des coups de pieds dans la jungle de Jumanji, Karen Gillan devient une vraie machine de guerre, aidée par un trio infernal : Angela Bassett, Michelle Yeoh et Carla Gugino, dont les classiques de la littérature féministe sont accompagnés de jolies surprises. John Wick a l’Hôtel Continental et Sam a sa bibliothèque façon caverne d’Ali Baba. Les inévitables retrouvailles mère-fille (entre Karen Gillan et Lena Headey), elles aussi de facture ultra-balisées, s’émancipent dans un final tonitruant où les deux femmes combattent côte à côte : telle mère, telle fille ! Malgré quelques longueurs et cet aspect « déjà-vu » qui lui colle à la peau, Bloody Milkshake vaut quand même le coup d’œil, et au cinéma s’il vous plaît : bien que le film ait été vendu à Netflix aux États-Unis et dans d’autres pays, la France reste l’un des rares à le proposer en salles via StudioCanal. Alors on va au cinéma !

Bloody Milkshake de Navot Papushado, avec Karen Gillan, Lena Headey, Michelle Yeoh, Carla Gugino, Angela Bassett & Paul Giamatti. Sortie en salles le 21 juillet 2021.

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