Compartiment n°6 : agréable mais loin d’être inOui

Compartiment n°6 est le deuxième long-métrage de Kuosmanen, réalisateur finlandais. Son premier, Olli Mäki avait remporté le prix Un certain regard en 2016. Le voici donc promu dans la division supérieure, puisqu’il figure désormais en compétition.

Le film est tiré d’un roman de l’autrice Rosa Liksom et suit le voyage de Laura, une jeune finnoise qui vient de laisser son amante à Moscou pour aller étudier des pétroglyphes (des dessins sur des cailloux à valeur archéologique) à l’autre bout de la Russie, dans la ville de Mourmansk. Elle fait ce trajet en train, et doit se coltiner la présence dans son compartiment d’un jeune russe qui a l’air très pénible au premier abord. Évidemment au fil du voyage, leur relation va évoluer tandis que Laura va réaliser certaines choses sur sa vie.

Le film est une touche de fraîcheur dans ce festival. Il est doux, sobre et charmant. Les acteurs sont bons, la Russie donne envie malgré le froid et on voyagerait bien, nous aussi, dans un wagon-couchette pour traverser un continent. Cependant, une fois le film terminé, on doit bien avouer qu’à part ce joli moment, le film n’aura pas laissé grand-chose. Enfin si, la chanson Voyage, voyage, qu’on aura désormais dans la tête jusqu’au dernier jour du festival, merci beaucoup.  L’intrigue est en effet assez facile, la réalisation très simple, et rien n’est fait pour nous déranger ou nous intriguer. Cette absence, sûrement voulue, de puissance ou d’envolée dessert le film dans le cadre d’une compétition de festival où il sera forcément comparé à des œuvres bien plus ambitieuses, même dans les sélections parallèles.

Faut-il pour autant lui reprocher ce manque de densité ? On peut interroger la pertinence de sa sélection en compétition tout en saluant ce petit vent léger qui nous souffle sur le visage le temps d’un trajet de train d’1h40. On lui souhaitera un beau parcours lors de sa sortie de salles, et avec un bon bouche-à-oreille, il pourra susciter un engouement certain par sa douce et tendre candeur. En attendant, on aura sûrement oublié sa présence à Cannes d’ici l’annonce du palmarès.

Compartiment n° 6, de Juho Kuosmanen, avec Seidi Haarla et Yuriy Borisov

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