Festival National du film d’animation 2021 : Découvertes #3

Durant ce mois d’avril, nous profitons du Festival National du film d’animation qui se tient en ligne. Nous publions dans ces articles nos coups de cœurs au fur et à mesure des journées. En espérant que cela vous donne envie de découvrir et de prendre des billets !

Filles bleues, peur blanche, de Lola Halifa-Legrand et Marie Jacotey

Dès le titre, les cinéastes nous avaient dans leur poche. Ce court métrage surprenant met en scène un couple hétéro en route pour rencontrer les parents du garçon, Nils, et qui se font capturer par une bande de femmes sauvages, amazones en bande organisée. Le style fait penser à la BD franco-belge pour adultes, les traits du crayon de couleur visibles. On pense comprendre assez rapidement le sens de cet enlèvement, le sous-texte de cette mise en scène de névrose : Flora rencontre de manière spirituelle toutes les ex de son mec. Le résultat est dynamique, acerbe et par manque d’un meilleur mot : pop.

Bleu, de Sara Demirdjian

Habile court métrage étudiant qui épouse le style d’un dessin d’enfant pour mettre en abyme son sujet : un enfant agressif à l’école qui va révéler à travers ses propres créations graphiques un mal être profond. Court, mais efficace. Et particulièrement dur à regarder, très habile dans sa mise en scène de la violence de part son utilisation du cadre et des couleurs. Excellente musique également qui souligne le tout. Comme quoi l’art académique a encore sa place dans les créations d’école !

Horacio, de Caroline Cherrier

Tout commence par un meurtre inexpliqué. Guillaume tue Horacio, et on cherche ensuite le mobile. Dans ce qu’on entend de sa narration interne, on pense rapidement à l’étranger de Camus. Un personnage difficile à comprendre, dont les actes semblent motivés par rien de plus que le physique. C’est surtout le personnage de la mère de Guillaume qui fascine par son dévouement… Il y a quelque chose de réellement dégueulasse dans ce court-métrage. Quelque chose qui dérange, et qu’on a du mal à saisir.

Trona Pinnacles, de Mathilde Parquet

Une jeune ado se retrouve seule avec ses parents dans la Vallée de la Mort, la seule à parler anglais et surtout avec un père et une mère qui ne peuvent plus se voir en peinture. Le dessin, très agréable notamment dans le design des personnages (des visages très ronds mais avec des traits marqués tout de même) et dans les couleurs très chaudes, participe au plaisir que l’on a à découvrir cette histoire assez triste au premier abord, et touchante et entraînante dès que l’on bascule dans l’inconnu. Mathilde Parquet met en scène le désert à la manière de George Miller et surtout se sert de l’effet Koulechov dans le montage avec une grande habileté pour transmettre son propos sur cette petite famille en déroute. Il est rare de voir des expérimentations artistiques radicales associées à une histoire très terre à terre et identifiable dans le court métrage d’animation, et le résultat est ici saisissant. A voir absolument !

A la mer poussière, de Héloïse Ferlay

Déjà vu en 2020 à Annecy, ce court-métrage en stop motion – aux personnages à la texture si palpable qu’on sent les peluches de tissu rien qu’en les regardant – raconte la difficulté qu’ont deux enfants à vivre avec leur mère qui les fuit. C’est aussi déchirant à regarder que l’animation est belle à voir.

Liza, de Bastien Dupriez

On ne vous a pas conseillé beaucoup de bizarreries pour l’instant, on se permet donc de vous attirer le regard vers cette expérimentation autour d’un morceau de Gershwin. Le cinéaste réalise une animation de synesthésie, ou les images abstraites accompagnent chaque note de piano. C’est extrêmement beau et terriblement juste : comment fait-il pour que chaque image corresponde si bien à ce que l’on entend ?

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