Festival National du film d’animation 2021 : Découvertes #1

Durant ce mois d’avril, nous profitons du Festival National du film d’animation qui se tient en ligne. Nous publions dans ces articles nos coups de cœurs au fur et à mesure des journées. En espérant que cela vous donne envie de découvrir et de prendre des billets !

Souvenir souvenir de Bastien Dubois

Cette production Arte/Blast Production aligne un récit autobiographique (le cinéaste raconte son envie de faire un film sur son grand-père, qui a fait la guerre d’Algérie) sur une animation très crayonnée. Bastien Dubois cherche son trait autant qu’il cherche le sujet d’un film qu’il veut autant réaliser que fuir… Souvent les créations sur la difficulté de l’acte même de créer sont nombrilistes et creux. Ici ce n’est pas le cas du tout, et heureusement : on est dans l’authentique. Cela s’entend.

La belle Eugènie d’Ambre Decruyenaere

C’est une simple histoire de drague entre belles personnes bien vêtues dans un joli parc. On se croirait dans un tableau de Georges Seurat mais avec plus de malice… Peut-être est-ce la période qui rend ce film si pétillant, nos envies de vivre qui sont décuplées par la période. Peut-être est-ce ce moment où l’homme tente d’accrocher une fleur sur le chapeau d’Eugènie mais qu’il n’y parvient pas. Peut-être est-ce la magnifique musique de Basile Andrieu, la voix d’Inès Shadi et la flûte d’Elsa Lokoye qui font cet effet. Peu importe, à l’arrivée le résultat est le même : c’est beau.

Ce qui résonne dans le silence de Marine Blin

Impressionnant court métrage sur la nécessité de voir pour croire le deuil. Le dessin de la réalisatrice parvient de manière assez surprenante à associer le crayonné et une fluidité quasi liquide de l’animation. En découvrant l’histoire très personnelle que le personnage projette, jusqu’à la présentation de sa vie d’adulte, difficile de ne pas penser à tous nos deuils à nous. On fait difficilement plus respectueux que ce film pour traiter de la mort.

Last Groove, de T. Albertin, C. Defrance, C. Guigou, R. Leloup, P. Nurdin, A. Rabuel, et B. Roux.

Petit film en 3D très enjoué qui peut être vu comme un anti-Wall-E, ou une suite logique d’Explorers de Joe Dante : il raconte littéralement la venue d’extraterrestres sur terre dans le futur lointain. La raison de leur venue ? Ils ont trouvé la sonde qu’a envoyé la NASA en 1976 (vous savez, avec le dessin de nous à oualp) et veulent découvrir notre culture (et musique, surtout). C’est déjanté, bien pensé, plutôt bien animé (c’est un film étudiant) et fort drôle. Aucune idée de comment la bande a réussi à décrocher une pure voix de doublage ultra connue pour faire la narration (Benoit « Morgan Freeman » Allemane), mais bien joué !

Mon ami qui brille dans la nuit, de Jawed Boudaoud, Simon Cadilhac, Grégoire de Bernouis et Hélène Ledevin

Les étudiants des Gobelins ont quelque chose de spécial, à chaque fois on se le dit mais c’est vrai putain. Le court à l’animation très rustre sait privilégier l’histoire et le ton avant le reste : l’histoire d’un fantôme qui au moment de partir au ciel se fait frapper par la foudre, perd la mémoire et reste coincé sur terre. Avec un vivant, le fantôme va tenter de comprendre ce qu’il fait là… C’est tout bonnement magnifique. Il faut voir le fantôme aller chez le psy demander pourquoi il ne peut pas mourir sans avoir envie d’éclater de rire… Et de pleurer, un peu. Très belle surprise, à découvrir dès que possible.

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