Un Certain Regard

On reste dans la sélection officielle, mais avec Un Certain Regard. Il s’agit souvent des films qui méritent l’intérêt de la presse et des cinéphiles. Et cette année, les derniers films de Fatih Akin et de George Clooney pourraient bien aller faire un tour du côté d’Un Certain Regard. Bien qu’il fasse partie des favoris pour la compétition, In The Fade avec Diane Kruger qui se déroule au sein de la communauté turque allemande ne nous paraît pas représenter un film palmable. Nos arguments ? Aucun, c’est juste une intuition et l’on n’a pas envie d’en débattre. Le cas Clooney est quant à lui un peu bâtard. Cette année il pourrait présenter son nouveau film en tant que réalisateur et la présence au scénar des frères Coen pourrait également lui ouvrir les portes des marches, mais on n’y croit guère. Du coup, on verrait bien Suburbicon avec Matt Damon, Julianne Moore, Josh Brolin et Oscar Isaac (que des habitués de Team Frère Coen quoi) se retrouver au Petit Palais. Son casting extrêmement fourni pourrait aussi lui valoir d’être déplacé Hors compétition. Comme si mettre l’ambiance sur le tapis rouge était une tare !

Suburbicon

Hong Sang Soo fait aussi partie de ces cinéastes qui auraient pu avoir les honneurs de la compétition, mais entre nous sa Caméra de Claire, avec Isabelle Huppert (qui de toute façon cette année encore sera partout) tourné l’année dernière à Cannes durant le festival a un pitch un peu trop méta pour concourir à la palme d’or. Non ? Ça serait gros quand même !

Le dernier Lav Diaz devrait être prêt pour Cannes cette année. Mais si le cinéaste est adoré par la critique, sa radicalité lui fermera sans doute le chemin vers la palme d’Or. Du coup, When The Waves are Gone a de très bonnes chances de se retrouver a Un Certain Regard, d’autant plus que pour une fois, le Philippin a réussi à faire court (3h45 annoncées tout de même).

Place maintenant aux habitués de la sélection Un Certain Regard. Parmi eux, on place beaucoup d’espoirs sur le nouveau film du très prolifique et génial Kiyoshi Kurosawa. Après le très beau Le mystère de la chambre noire et avant que vous puissiez voir (en septembre ?) Creepy qu’on a eu la chance de voir au Black Movie Festival de Genève, Kurosawa devrait être présent à Cannes avec un film de science-fiction. Dans Strolling Invader (ou Before We Vanish, à l’international c’est selon), il ne sera pas question de fantôme, ni de tueur sociopathe, mais d’extraterrestres. On trouvera très certainement dans cette section le premier long métrage du scénariste de Sicario et surtout de Comancheria, la très bonne surprise d’Un Certain Regard à Cannes 2016. On ne place donc pas mal d’espoir sur Wind River de Taylor Sheridan, le plus beau de tous les scénaristes. On ne vous dit rien du pitch, mais le film devrait marquer la Croisette.

Wind River

On souhaiterait également vivement voir cette année à Cannes la dernière œuvre du réalisateur d’Armadillo, un nouveau film concept dont le seul titre vaut tous les pitchs : Borg/McEnroe. Si le film est confirmé à Cannes, on vous promet que Julien/Lada fera un papier de malade dessus. Il pourra un jour vous sortir un ouvrage entier sur les films à Slash. Et puis si on ajoute à cela qu’on retrouve aux casting Shia « my name is nobody » LaBeouf et Stellan Skarsgard, ça sent le jeu, set et match.

2017 verra-t-il le retour de Warwick Thornton avec son Sweet Country ? On rappellera simplement que le cinéaste australien avait décroché la Caméra d’Or avec Samson et Delilah en 2009 donc du coup, on restera aux aguets. Parmi les petits nouveaux en train de prendre leurs habitudes, on devrait avoir la chance d’assister à la projection de Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, qui nous avait assez impressionnés en 2014 avec leur premier film Salvo. Pareil pour le cinéaste hongrois Gyorgy Palfi, petit maître du montage dont on se repasse régulièrement Final Cut. Le gus pourrait être présent à Un Certain Regard avec The Voice, qui adapte une nouvelle fois une œuvre de l’immense Stanislas Lem (Solaris de Tarkovski ? Le Congrès par Ari Folman ? C’était lui). The Voice est une réflexion sur des « voix » récupérées à travers l’espace et qu’étudient des scientifiques.

On attend aussi beaucoup de Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Moaz (Lebanon) qui pourrait être à Cannes, ainsi que le nouveau film du cinéaste franco-libanais, Ziad Doueiri, The Insult. Le pitch ultra minimaliste ne cesse de nous intriguer, et venant du réalisateur de L’Attentat et de la première saison de la série Baron Noir, ça devrait le faire… Doit on demander à Julien Lada ce qu’il pense de la probable présence Kaouther Ben Hania avec son nouveau film La Belle et la Meute, Julien Lada le quasi-découvreur du Challat de Tunis, soyons sérieux ! fin du game.

Borg/McEnroe

Deux autres films qui par leur radicalité devraient faire plaisir aux habitués des séances de l’extrême, pourraient apporter un peu de piment et de frisson dans cette sélection. Le premier est A Prayer Before Dawn du jeune Jean Stéphane Sauvaire qui s’intéresse aux derniers moments de Billy Moore qui s’est retrouvé enfermé dans la plus dangereuse des prisons de Thaïlande. On parle d’un film ultra-violent, ce qui de la part du réalisateur de Johnny Mad Dog ne nous étonne pas vraiment. Autre film à gros potentiel : It Comes the Night, du réalisateur de Krisha, présenté à Cannes en 2005. Trey Edward Shults pourrait donc revenir avec une histoire que l’on dit post-apocalyptique avec un père de famille prêt à tout pour défendre sa famille.

Pour finir, intéressons-nous aux curiosités, aux films qui buzzent assez pour qu’on se prenne à les voir sélectionnés a Un Certain Regard. Le Géant Egoïste avait bouleversé une partie des spectateurs lors de sa sortie et on ne serait pas étonné de voir le nouveau film de Clio Barnard, Dark River être présent dans cette sélection. « Une femme retourne dans sa ville natale suite à la mort de son père » : ça nous promet encore la comédie de l’année, non ?

On a déjà entendu parlé des coulisses de Visage, Village et en ces temps de présidentielle on se dit qu’il est dommage qu’il soit décidé d’attendre Cannes pour le montrer au public (spoiler alert : le petit peuple s’en prend plein la gueule, mais fait comme il peut pour être heureux) . Toujours est-il que si le documentaire d’Agnès Varda et JR n’est pas sélectionné en compétition officielle, nul doute qu’il saura trouver sa place à Un Certain Regard.

De la même manière, c’est probablement à Un Certain Regard qu’on aura peut-être la chance de voir le nouveau film (en 3D once again) de Jean-Luc Godard, qui cette fois ne sera pas interprété par Louis Garrel. Autre gros buzz et probable film de cette sélection : I’m Not à Witch de la réalisatrice anglaise Rungano Nyoni. Ses courts métrages percutants font le tour des festivals (et on les trouves sur Youtube mais chut!). Il s’agit de son premier long métrage, avec donc une possible Caméra d’Or à l’arrivée. Autre concurrent pour une Caméra d’Or Patti Cake$, version féminine de 8 Mile qui pourrait, en même temps, pâtir de la comparaison avec le film de Curtis Hanson. Et l’on n’oubliera évidemment pas Euphoria avec Alicia Vikander et Eva Green, parce qu’un film avec Alicia Vikander et Eva Green ne peut être qu’attendu. Surtout lorsqu’on retrouve la réalisatrice suédoise Lisa Langseth (Pure, Hotell).

Euphoria