Les 10 géniaux documentaires de 2016 que vous n’avez pas vus

Pour casser le mythe du « c’est du docu, ça va être long et chiant », je vous propose de découvrir, pour peu que vous me fassiez un peu confiance, 10 documentaires de 2016 attestant de la grande forme du genre. A l’heure où l’on file des Palmes d’Or à des films ayant pour principal objet d’enfoncer des portes ouvertes, de nous montrer combien les pauvres sont pauvres et le monde triste, c’est par le cinéma documentaire que les nuances s’effectuent le plus simplement. Il nous offre un regard sur une réalité pas toute noire ni toute blanche, en prise avec la complexité du monde. Tous les auteurs présents dans cette liste sont des gens qui parviennent à par l’image faire en sorte de donner du sens à cette complexité, à nous la rendre accessible.

Voyez ces films, donc !

1- Dans ma tête un rond point

Alger, un abattoir et des hommes.
Rien de très engageant pour sourire à la vie, et pourtant, on ne parle de rien d’autre que d’elle, de ce qu’elle pourrait être et devenir. Une captation sublime sur la parole entre potes au premier plan, carcasses et matches de foot au second. Une cigarette au bec, le réel s’échappe un temps et l’on rêve sa vie, on rejoint la fille qu’on aime. Dans ma tête un rond-point, dans ma tête des choix pour vivre et ne plus subir. Un poème avec le sang des bêtes.

2- Les Bois dont les Rêves sont faits

Allons marcher au bois de Vincennes et faire des rencontres.
C’est presque aussi simple que ça. Au fil de ses déambulations, Claire Simon parle tant avec la jeune maman dynamique que la prostituée fatiguée, du dresseur de pigeons, de l’amoureux en chasse… C’est une occasion unique et exceptionnelle de communiquer avec la différence, sans jugement, sans peur. Que peut-il y avoir de plus précieux ? Ne vous y trompez pas, en automne prochain, lorsque vous foulerez les chemins de Vincennes et qu’il n’y aura aucune feuille en perspective, ce ne sera pas le fruit du hasard, mais de l’une de vos rencontres qui avant vous, aura pris soin de la forêt.

3- La Permanence

Déjà, on se réjouit d’avoir une jeune réalisatrice talentueuse dans le champ du documentaire, et dont les films font un peu de bruit. Le plus souvent, il faut attendre longtemps, très longtemps, avant d’obtenir une reconnaissance publique importante.  Avec La Permanence, Alice Diop nous prouve qu’il peut en être autrement. A l’hôpital Avicenne de Bobigny, nous découvrons la permanence d’un médecin et de son équipe à l’écoute de patients primo-arrivants en France. Comment le lien s’opère-t-il entre un service médical et les souffrances psychiques et morales de ces individus ? Par l’humour, par la bienveillance, par l’écoute : le portrait d’une humanité aussi lucide que totale.

4- Homeland, Irak Année Zéro

On voit souvent la guerre d’en haut. Images extérieures filmées par des gens extérieurs. Dans Homeland, c’est par l’immersion dans une famille Irakienne que la guerre se dessine. Elle tape à la porte, s’introduit dans la maison, jusqu’à y consumer ses habitants. A hauteur d’hommes, la caméra de Abbas Fahdel capte la réalité qui s’oxyde. Témoin intérieur des secousses d’un pays, il ne peut que subir la chute, aux côtés des siens. Le réalisateur dépasse l’impuissance de sa présence par la caméra : ce sera elle sa force, sa raison de voir, d’écouter et de sentir. Le film fait état de cet aspiration vers l’extérieur : filmer pour sauvegarder les visages, les couleurs, les textures ; l’image comme survivance.

5- Swagger

Pas victimes, pas désespérés, pas dangereux, pas diabolisés : les « jeunes de banlieues ». Juste eux-même, ils brillent, Olivier Babinet les filme comme des stars. Ils ont du swag, et savent mieux que toi en parler.

6- Quand j’avais 6 ans, j’ai tué un Dragon

Mika, ou l’odyssée de la fille de Bruno Romy, un clown qui reste clown même quand la leucémie s’invite sur scène. Un film essentiel sur la maladie infantile, parce qu’on se marre, qu’on danse, qu’on chante et que les larmes, c’est vraiment le dernier truc qui pourrait faire plaisir à Mika.

7- Dernières nouvelles du Cosmos

Rencontre avec l’autisme, comme avec une grande poétesse et philosophe. Une rencontre de l’étrange qui nous fait dire que vraiment, on est loin d’avoir compris grand chose au monde. Vous voulez grandir ? Avoir un peu plus à réfléchir sur qui nous sommes et pourquoi ? Ecoutons Hélène et sa magie des mots.

8- La Philo Vagabonde

Un bon coup de pied dans ce que l’on croit, ça fait toujours du bien. Alain Guyard se fera un plaisir de « foutre la merde » dans nos petites pensées, à l’aide de Kant, Platon, Nietzsche et consorts… Sauf que cette fois-ci, pas besoin d’un doctorat en philosophie existentielle pour comprendre que la réflexion et la remise en question sont l’affaire de tous.

9- Merci Patron

Pour à peu près toutes les raisons déjà lues et relues. Et pour la salle de bain de François Ruffin, aussi.

10- L’arbre sans fruit

Une traversée douce et sensible du coté des femmes au Niger. « Peut-on seulement être femme sans être mère au Niger ? » c’est la question que se pose Aicha Elhadji Maki au travers de sa propre expérience. Un film sur le ton du « je », s’élargissant au fur et à mesure sur un « nous » combattant et digne.

Je vote Jacques Tati président de la République.

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