Le film les Trolls est certes une occasion pour Universal de se faire de la thune en surfant sur le succès du film Lego. Mais c’est surtout la preuve que quoi qu’Anna Kendrick fasse, j’irai forcément le voir. Comme ça je pourrai lui citer tous ses films lors de notre futur premier rencard, quelques mois avant notre double futur emménagement ensemble, et quelques années avant notre triple futur mariage.

Mais surtout, c’est une bonne surprise. Au final, les scénaristes n’avaient absolument rien pour lancer ce film à part des jouets absurdes et absurdement populaires par le passé… du coup, c’est la liberté totale. On peut tout inventer, tout imaginer ! Raconter une grande histoire originale, pleine de rebondissements et de retournements de situations, de vestes et autres trucs qu’on retourne !

Mais en fait non :

Alors du coup, ils ont décidé de refaire Les Schtroumpfs. Et hop là, il suffit de mettre des méchants qui sont grands tristes et moches, qui veulent absolument manger des Trolls, qui sont petits heureux et mignons ! Sans déconner, y a même un crocodile en guise d’Azraël. C’est osé comme plagiat.

Sauf que le film est très réussi dans le genre divertissement pour enfants, ce qui en fait la meilleure adaptation des Schtroumpfs sur grand écran ! Oui, vous me direz, la compétition n’en était pas vraiment une, mais c’est assez beau pour le préciser. C’est un peu comme Galaxy Quest, qui sans être un véritable film de Star Trek est le meilleur film de la saga.

Enfantin sans être bête :

Dans les Trolls, on commence dans le manichéen. Les méchants sont tristes, et sont persuadés que le seul moyen d’être heureux, c’est de manger un troll. Les gentils sont heureux, chantent, font la fête et des câlins. Surtout la princesse et future reine, Anna Kendrick ! Dès lors le film a un double intérêt.

  1. Il détruit son manichéisme progressivement. Le petit troll Justin Timberlake déteste chanter (lol) et faire la fête, par exemple. Ou encore : une servante chez les méchants monstres est amoureuse du jeune roi, et ensemble ils découvrent que le bonheur n’est pas limité à la consommation de trolls aux cheveux magiques. Le film suggère même la possibilité qu’un troll peut tout à fait être une ordure. Y a plus de respect.
  2. Y a des vieux gags tellement bidons et géniaux à la fois, qui feront rire petits et grands. Sans tout spoiler : un nuage qui fait pleuvoir quand il a très peur, un troll argenté dont la voix est auto-tunée 800%, et la réplique : « je ne chante jamais parce que ça a tué ma grand-mère ».

Réflexion sur le bonheur, et ironie mordante :

Certes, on reste dans la grosse production hollywoodienne, donc faut pas s’attendre à ce que la profondeur du message soit… ben, profonde, mais c’est tout de même pas con.

Les méchants du film ont une conception du bonheur pré-conçue, un peu comme nous. Les Trolls aussi d’ailleurs : pour eux, si on ne fait pas la fête, ne chante pas et ne se fait pas de câlin, on n’est pas heureux ! Mais c’est les méchants qui sont intéressants car leur vision est basée sur la consommation.

Et bien évidemment, ce sont eux qui vont découvrir pendant le film que l’on peut être heureux sans être un esclave de la consommation ! Ce qui fait un peu mal au popotin, puisque des enfants vont probablement découvrir cette belle vérité dans une oeuvre cinématographique dont le but premier, n’en déplaise aux brillants artistes qui ont travaillé dessus, est de vendre des jouets. C’en est presque beau ; à ce niveau-là, ce n’est même plus de l’ironie… c’est du troll.

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Les Trolls, de Mike Mitchell et Walt Dohrm avec les voix de Anna Kendrick, Justin Timberlake, Gwen Stefani et Russel Brand. Sortie le 19 octobre 2016.  1h32