Le Teckel : un film à l’image de son héros

Todd Solondz est reparti avec deux prix durant ce dernier Festival de Deauville, son Teckel ayant fait beaucoup d’effet à un jury décidément très sensible au sort que l’on réserve aux animaux de compagnie. L’idée est intéressante, qu’à travers la vie mouvementée d’un chien silencieux nous suivrons celle, tout aussi tumultueuse, de quatre personnes : un enfant, une adulte paumée, un scénariste sur le déclin et une retraitée pleine de désillusions. Le premier récit tient d’ailleurs du miracle, extrêmement critique de la richesse américaine, raciste et bourrée de préjugés. Ce premier sketch permet à Julie Delpy de s’amuser dans un rôle de mère faussement attentive aux questionnements de son enfant sur cet animal. Elle lui expliquera notamment que si le canidé n’est pas stérilisé, il se fera violer par un chien méchant nommé « Mohamed ». On rigole beaucoup parce que Solondz arrive à taper juste et démonte ce fameux rêve américain qu’on aime tant critiquer. C’est par la suite que les choses se compliquent : le teckel change de propriétaire et les histoires s’enchaînent, parfois maladroitement. On en veut pour preuve un entracte qui manque d’audace. Le canidé censé être au cœur du récit se voit alors remplacé par des personnages désespérés. Danny DeVito aura beau jouer à Calimero, son segment est tout juste intéressant quand le dernier, traitant d’une grand-mère mourante face à ses occasions manquées dans la vie, semble avoir été vu mille fois auparavant.

Oui, le film est cynique et Solondz nous prévenait quand il expliquait que ses longs métrages étaient drôles, mais aussi emplis de désespoir. Il n’y a aucun mal à traiter la chose avec un peu d’humour et d’essayer d’y injecter une critique sociétale pour faire bien. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que le projet aurait dû en rester au stade d’un court-métrage qui aurait nettement plus fait mouche que s’il avait été étiré sur la longueur, comme c’est le cas ici.

Le Teckel de Todd Solondz, avec Julie Delpy, Danny DeVito, Grega Gerwig, Ellen Burstyn. Sortie le 19 octobre 2016. 1 h 28.

Étudiant en cinéma, j'apprécie tous les genres et passe mon temps à enrichir ma culture cinématographique. HIMYM me bouleverse, SPEED RACER me sidère, MULHOLLAND DRIVE me fascine.

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