Festival de l’Alpe d’Huez, Jour 1 – Les Tuche, Jamel, Claire Keim et des bonnets

Evidemment j’ai Louane dans la tête en écrivant mon titre. C’est quand même vraiment chiant ces chansons qui volent des expressions courantes. Et c’est encore pire lorsque lesdites chansons sont de celles qui se collent dans ta tête réduisant à néant toute tentative de raisonnement logique au profit d’une mélodie de merde. C’est l’amour suprême, dis-moi que tu m’aimes… En plus, les paroles, tu peux moyen les fredonner dans la rue en gardant la classe. Surtout avec un bonnet et des gants.

N’attendez donc pas de moi une critique documentée, poussée et construite de l’état de la comédie française d’aujourd’hui. De toute façon, j’étais avec des journalistes dans le bus reliant Grenoble à l’Alpe d’Huez, a priori ils ont prévu picoler toute la semaine avec des gens connus (je ne citerai pas les titres de presse comme ça personne ne me cassera la gueule), de fait je serai tout de même celui qu’il faudra lire à propos de ce festival. Ouais mec, même avec Louane dans la tête je survole le game, tu peux même pas test.

J’ai décidé cette année de vous raconter mon festival sous la forme de carnets de voyage, ce qui donnera une valeur journalistique à mes digressions journalières dans ce cadre peu incitatif à un engagement corps et âme pour le cinéma. Aussi, il sera question de ski, de tartiflette, de glissades parce que j’ai des semelles plates et un peu de comédie française.

J’ai pris le train de 11h46. Qui est parti à 12h16 et n’a cessé de rattraper son retard, arrivant finalement 28 minutes à la bourre, ce qui est un bel exploit de la part du chauffeur. Dans ma galère, j’ai croisé Jamel Debbouze, enfin Melissa Theuriau, plutôt, mon esprit de Sherlock Holmes faisant le job ensuite. Récit.

Me voici devant le grand panneau de la Gare de Lyon, à contempler le panneau m’indiquant que mon train serait à l’heure, apercevant une petite blondinette de dos commandant deux cafés. Celle-ci étant scrutée par mes voisins de droite, se comportant comme des ploucs qui ne croisent jamais de vedettes – « elle est pas mal celle-là, elle a un beau visage », « eh mais c’est pas la meuf de… », « viens, on va faire un selfie » – je suppute que c’est une star.

De dos, je pense deviner Claire Keim, et m’approche donc comme pour lui susurrer Je ne veux qu’elle, que je connais par coeur. En plus, j’imite vachement bien Marc Lavoine.

Seulement, ce qu’elle tient dans ses mains, ce sont deux cafés. Il y a donc déjà quelqu’un qui ne veut qu’elle, et moi, ma chanson, elle pourrait passer pour de la drague. N’étant pas un expert en arts martiaux académiques (et n’ayant pas envie d’user de pouvoirs dont les effets, guérissables par seulement trois moines bouddhistes et un médecin généraliste dans le monde auraient pu choquer des gens dans la gare), je me résigne à attendre qu’elle se retourne.

C’est Mélissa Theuriau. Qui va à l’Alpe d’Huez, sûrement, déduis-je là de mon esprit d’enquêteur…

MAIS COMMENT FAIT-IL ?

Il lit Voici.

mel

Je décide de suivre Mélissa Theuriau à la recherche d’un Jet-Ski sur lequel selon mes calculs se trouverait probablement Jamel Debbouze ainsi que deux enfants aux visages quadrillés.

Malheureusement, et c’est là qu’on voit que la presse nous prend pour des cons, seul Jamel est là. Il prend des photos avec des gens, plein de gens, toute la gare environ. Je l’observe pendant une trentaine de minutes, le train est sans cesse repoussé et je commence à devenir vénère de chez chanmax tandis que lui continue tout swag tranquillou ses poses sympas avec tous les badauds le lui demandant. Un héros. Mieux, un #héros.

Je refuse pour ma part toute demande de selfie avec des inconnus. Et, petit joueur comme d’hab, m’interdis d’aller au contact dudit Jamel de peur de l’embêter, alors qu’il enchaîne les photos. Alors je prends un vieux Snap tout maladroit que j’envoie à trois copains, histoire quand même de montrer à des gens combien ma vie de mec qui a des trains avec 30 minutes de retard mais passe les 30 minutes en question à regarder des gens se faire prendre en photo avec Jamel Debbouze est plus cool que la leur.

Dans le train, je suis assis derrière Isabelle Nanty, ce qui est chouette parce que ça ne me met plus qu’à un degré de séparation de Kev Adams, qui a joué avec elle dans Les Profs, et à qui j’aimerais beaucoup coller une petite claquounette gentille en disant : « mais oui t’es drôle », un jour.

Viens pas me faire croire que t'en as pas envie

Viens pas me faire croire que t’en as pas envie

Arrivé à l’Alpe d’Huez, je fonce chercher mon badge presse à l’espace presse, ce qui n’a aucune espèce d’importance, mais j’ai promis d’être transparent avec vous. Le badge comporte ma photo, mon média ainsi qu’une indication : « badge presse ». Je l’accroche autour de mon cou avec un cordon floqué OCS prévu à cet effet (fourni par le festival).

Mes grands-parents, chez qui je suis gracieusement logé, m’ont préparé des crêpes au jambon aec du gruyère avant la première projection, ce qui est sympa au sortir d’un si long voyage. Mon Papi qui n’a pas été au cinéma depuis 8 ans m’annonce qu’il a chopé d’un copain habitant de l’Alpe une invitation avec Mami pour une séance du festival le jeudi soir, et me demande si le film a l’air bien. Je prie pour que ce soit là un film pépouze, une comédie sympathique et rigolote. C’est Pattaya. Récit dans un article à venir, donc, mais en gros ça promet.

Ensuite, ce fut la cérémonie d’ouverture. Longue. Démarrant avec de longs discours, mais faut bien que tout le monde remercie tout le monde. Puis un court métrage produit par Havas (si si, la boite de pub de Bolloré… J’ai pas bien compris l’idée non plus et je ne préfère pas creuser) assez nul et Les Tuche 2, suite de.

Je t’avoue que j’ai une sympathie immense pour Les Tuche premier du nom. Entre 25 navets annuels, Barroux y réussissait à faire passer quelque chose en force d’assez amusant. C’était du trop qu’advenait le comique. Trop mal joué, trop grossier, trop idiot, trop bête et, de fait, très drôle.

Et donner une suite aux Tuche, c’est tenter de surenchérir le trop. De fait, ça ne peut que passer. En force, encore, donc. Tout est toujours beaucoup beaucoup trop, et s’avère non pas extrêmement drôle, mais franchement agréable. Ca n’est assurément pas une grande comédie, mais un bien honnête divertissement. Dans ma ligne de mire pendant la séance j’ai Baptiste Lecaplain, qui apparaîtra cette semaine dans Dieumerci, placé exactement au même endroit que la fois où il était dans ma ligne de mire lors d’un spectacle d’Arnaud Tsamère.

Face à Tsamère, il se bidonnait et prenait des notes, là c’était assez calme. Mais le film, à l’instar du premier opus, n’est pas un générateur d’immenses fous rires, plutôt de fréquents petits sourires, ce qui est déjà sympa à une époque où Les Gorilles est un film capable d’être sorti en salle et donc soutenu financièrement par des gens.

Je sors de la salle avec trois bonnets « Tuche pas à mon Pompon » que j’ai pris sur les chaises vides d’à côté de moi. Oui, parce que je ne me suis pas encore fait de copain. D’ailleurs, si des stars lisent cet article, merci de venir me dire bonjour, je me place en général au troisième rang sur la gauche et j’ai un tee-shirt bleu turquoise. Si vous pouvez faire ça demain soir avant Pattaya pour que mon papi pense que je suis un pote à vous, c’est sympa.

Il est 23h41, je vais me coucher. Avec Louane dans la tête. Je veux un jour numéro 2.

Butin du jour 1

Butin du jour 1

(Dzibz n'étant pas mon vrai prénom) Red'chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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