Boys Like Us, fantaisie autrichienne

Nos notes

Après s’être fait larguer par son mec la veille de leur départ en vacances, Rudolf décide de quitter Paris pour retourner s’installer dans son village natal autrichien. Deux de ses meilleurs amis, Gabriel et Nicolas, l’accompagnent pour quelques jours.

Il y a celui qui vient de se faire jeter, celui qui ne cicatrise pas d’un chagrin d’amour vieux de six ans et celui qui enchaîne les plans cul et fuit l’engagement. Ils forment le trio qui anime cette nouvelle variation sur une bande de trentenaires en crise, sans que leurs états d’âmes n’aient grand-chose de révolutionnaire. Boys Like Us gagne en originalité quand Rudolf, local de l’étape, familiarise ses amis aux us et coutumes d’une petite bourgade à l’austérité et à la solennité toutes autrichiennes. Voir ces garçons caricaturaux juste comme il faut pour apparaître réalistes – ils reconnaissent eux-mêmes pouvoir être « très homo-cliché » – déconcertés par des codes à mille lieues de ceux en vigueur dans l’univers gay parisien, fait parfois de jolies étincelles.

Boys Like Us cultive un côté doux-dingue (la scène de la boîte de nuit, sans doute la plus marquante, s’équilibre entre danse grotesque et atmosphère oppressante), mais cette fantaisie atteint son paroxysme dans une conclusion aussi maladroite que navrante sur le plan esthétique. Entretemps, le film se sera embrouillé dans ses personnages, plus agaçants qu’attachants, ôtant toute cohérence à l’ensemble. On retiendra quelques vignettes réussies, imprégnées d’absurde ou de poésie (à l’image de cette discussion mélancolique entre l’un des garçons et un jeune lecteur de Mort à Venise), mais on oubliera vite le reste, qui échoue à nous concerner un tant soit peu.

Boys Like Us, Patric Chiha, avec Florian Carove, Raphaël Bouvet, Jonathan Capdeviel, France / Autriche, 1h30.

Verdict ?

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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