Palma Real Motel, la vacance de l’amour

Sebastián, 17 ans, accepte de s’occuper seul du motel de son oncle pendant quelques semaines, sur le littoral, dans l’état de Veracruz. Ce lieu sans charme particulier, plutôt décrépi, est le point de rendez-vous des couples adultères et des amoureux de passage. Miranda, y retrouve régulièrement un homme marié. Le jour où celui-ci lui pose un lapin, la jeune femme entame une discussion avec l’adolescent. Une certaine complicité s’installe peu à peu entre eux.

A première vue, Palma Real Motel est une banale histoire d’éducation sentimentale sous le soleil mexicain. Le canevas (la rencontre, le jeu de séduction et plus si affinités) est connu et Aarón Fernández, qui signe ici son second long métrage, ne s’échine pas vraiment à déroger à ces conventions. Cependant, il s’attache à dépeindre la rencontre de deux solitudes par petites touches impressionnistes. A la réception du motel où Sebastián attend les rares clients ou dans la maison témoin où Miranda, agent immobilier, s’apprête à accueillir les acheteurs potentiels tout aussi peu nombreux, le temps s’étire inexorablement.

Sans que l’ennui des personnages ne soit contagieux, le film impose au spectateur un rythme engourdi, qui accompagne l’évolution des personnages. Alors que Sebastián gagne tranquillement en assurance et en maturité, Miranda ouvre les yeux sur le couple qu’elle forme avec un homme marié. La mélancolie diffuse cède la place à l’apaisement et à la sérénité. Ce n’est pas plus compliqué que cela, mais il y a quelque chose de séduisant dans cette torpeur dépaysante. Ces « heures creuses » (titre original du film) ne sont pas pour autant vides de sens.

Palma Real Motel, Aarón Fernández, avec Kristyan Ferrer, Adriana Paz, Mexique / France, 1h40.

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