Yassassin, Les Chroniques de Berlin (3)

Un week-end berlinois.

Après une bonne prise de chou avec Michel Gondry, nous avons découvert le nouveau film de George Clooney, The Monuments Men, où notre ami, quasi grimé en Cary Grant, nous rappelle que les Nazis pillèrent certaines des plus grandes œuvres d’art de l’Histoire pour enrichir la collection du Reich. Afin de déjouer cette manœuvre, George aka Frank Stokes, un historien de l’art américain, réunit conservateurs et architectes pour mener à bien sa mission. A mi-chemin entre Le Pont de la rivière Kwai, La Nuit au musée et La Grande vadrouille, The Monuments Men semble n’être qu’un grand terrain de jeu pour cabotins. Le film pourrait se résumer ainsi : les Nazis sont pas gentils, les Américains sont très très bien. Quant aux Russes, mieux vaut s’en méfier.

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Fort heureusement, la fin de la journée nous réservait une très agréable surprise lorsque nous découvrîmes le film de Mehran Tamadon, Iranien, sélectionné au Forum. Le documentaire retrace l’expérience que le documentariste a souhaité mettre en œuvre : comprendre le point de vue de quatre hommes favorables au régime de la république islamique d’Iran en les accueillant pendant quelques semaines dans sa maison de campagne. Il lui aura fallu deux ans pour trouver des personnes prêtes à accepter de se soumettre à cette expérience. On écoute avec avidité leurs conversations animées, allant de la liberté de la presse à l’avortement, en passant par le port du voile ou la sécularisation de la société. Mehran Tamadon fait preuve d’une tolérance et d’un sens de l’écoute époustouflants, résistant à toutes les provocations, et propose en outre une approche tout à fait brillante de son sujet.

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Dimanche, c’était la journée Nymphomaniac à Berlin. Après la projection de la version non censurée du premier volume du film de Lars von Trier, qui ne change que très peu de celle sortie en France le 29 décembre dernier, s’est tenue la conférence de presse, en présence d’une partie de l’équipe du film. LVT a participé à la séance photo puis s’est éclipsé. Quant à Shia LaBeouf, il a repris a son compte les mots d’Eric Cantona puis s’en est allé. Mis à part l’excitation que pouvait susciter cet événement, aucune information d’importance n’a été divulguée. A la question de savoir en quoi la version censurée et la version non censurée différaient, la productrice a indiqué que les scènes de sexe étaient plus suggestives (moui, vaguement). Elle a ensuite refusé de donner une quelconque date de sortie de la seconde partie non censurée et, lorsque le mot « Cannes » a été prononcé par le journaliste, elle a répondu, froissée : « On est à Berlin, je refuse de parler de Cannes ici ». Un passif douloureux avec la géographie sans doute.

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Demain, journée 100% frenchy : Arrête ou je continue, de Sophie Fillieres, Aimer, boire et chanter, d’Alain Resnais puis Dans la cour, de Pierre Salvadori.

#LiveTweet @LoulouRiousse

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