Mois : septembre 2013

Rencontre avec Albert Dupontel pour « 9 mois ferme »

En juin, j’allais au cinéma pour assister à une master class avec Albert Dupontel. Une sacrée bonne idée. Au final, pas de master class, mais la projection surprise de la copie de travail du film qu’il montait encore : 9 mois ferme. 3 mois après, j’assistais à la projection du film. Toujours le même plaisir de le voir. Ma chance ne s’arrêtant pas là, j’ai pu le rencontrer et lui poser quelques questions. Voici les premières. La suite bientôt. Y a-t-il eu des scènes faciles à écrire mais difficiles à réaliser, ou à l’inverse vous est-il plus facile de...

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Le cinématographe de Claude Miller : l’enfance de l’art

Claude Miller a douze ans lorsqu’il écrit ces textes restés dans la famille comme le symptôme d’un avenir créatif inéluctable, dans un silence et un respect « un peu éberlué ». Ils offrent la clé de voûte d’une œuvre et d’une vie (présentation de l’éditeur). Du « J’ai déjà vu » qui ouvre le livre à l’ « Épilogue », l’enfant se rêve adulte, et se fait voyant. L’imagerie qui se dessine à travers les poèmes trouve dans les bords de Marne, les Apaches et la Libération, de troublantes résonances historiques. « L’or en Californie » ou « New York symphonie » soulignent une fascination pour les cow-boys et...

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The Conspiracy, documenteur parano

The Conspiracy n’est sorti ce 18 septembre que dans cinq salles en France. Malédiction de la sortie technique* à laquelle sont voués ces films que l’on préjuge incapables de remplir les salles obscures et qui n’ont même pas droit au service minimum du côté de la promo. C’est pourtant dommage, car The Conspiracy est un objet assez intriguant, susceptible de plaire aux amateurs de thrillers non formatés. Disparition The Conspiracy prend la forme d’un documentaire. Aaron et Jim sont journalistes. Signalons qu’ils sont affublés du même prénom ou surnom que les acteurs qui les incarnent ; ficelle usée pour...

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La Belle et la bête, l’amour pur magnifié par Cocteau

On ne vous conseillera jamais assez d’aller voir La Belle et la Bête. Présenté au dernier Festival de Cannes après deux ans de restauration minutieuse, le film de Jean Cocteau vient illuminer nos écrans à partir du 25 septembre. Fable ancestrale dont on trouve des traces dès le IIème siècle chez Apulée dans Amour et Psyché, c’est du manuscrit de Mme Leprince de Beaumont, lui-même issu de l’œuvre de Mme de Villeneuve, que Jean Cocteau s’inspira pour écrire le scénario de son film sorti en 1946. Indiquons qu’une première adaptation cinématographique de La Belle et la Bête fut réalisée...

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Mon âme par toi guérie…. ou pas

Tout a commencé avec cette note d’intention de François Dupeyron je vous conseille de la lire: http://www.moname-lefilm.com/synopsis.html   Ce plaidoyer larmoyant sans aucun argument m’a d’abord attendri puis prodigieusement énervé. Vincent Maraval avait fait mouche en brisant une forme d’omerta et en faisant des propositions. Il avait ainsi lancé un débat sain sur le financement du cinéma français qui a résonné jusque dans nos colonnes. François Dupeyron se plaint de sa situation personnelle, s’attaque à l’ensemble du cinéma français en disant que tous les films se ressemblent et traîte ceux qui n’aiment pas ses projets d’incultes. Ces 10 dernières années...

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Artémis coeur d’artichaut, la mythologie invitée sur le campus

C’est une histoire d’amitié revue à la sauce mythologique : celle d’Artémis, étudiante intello et misanthrope, et de Kalie, femme-enfant fantasque et déjantée. Deux jeunes femmes que tout semble opposer mais dont la rencontre n’en sera pas moins ordinaire. Sous ses apparences de film amateur (petit budget, équipe réduite, tournage éclair, comédiennes non professionnelles), le premier long métrage d’Hubert Viel est une proposition de cinéma drôle et inventive. Ce qui frappe au premier abord est cette liberté de ton, ces dialogues spontanés, ces gestes maladroits. Comme si l’ensemble avait été improvisé, capté discrètement par le trou d’une serrure. Pourtant,...

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Jeune & jolie : quand la solitude de l’adolescent se transforme en menace

On a parfois dit du film d’Ozon qu’il était creux, qu’il se donnait le ton de l’érotisme bobo pour parents d’élèves, ou que son actrice principale était « une révélation ». Mais au-delà de sa dimension sulfureuse, il s’agit d’une terrible leçon pour tous les parents qui se sont donnés la difficile profession d’élever des adolescents. Il faut avoir goûté à l’enfermement sordide dans lequel les ados se complaisent en vous détruisant au moment même où ils ont besoin de vous, pour saisir le drame qui se joue à cette période de leur vie. Cette façon qu’ils ont de vous toiser...

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The Loved Ones, de la difficulté de surmonter le râteau pour le bal de promo

Dans la mythologie teen américaine, le bal de promo tient lieu de rite de passage. Pour les seniors, il marque la fin des années lycée, et donc d’une certaine insouciance. LA soirée de l’année, propice aux plans drague plus ou moins efficaces et à l’élection du roi et de la reine du bal, sur fond de rivalités entre cheerleaders, est un moment clé des comédies ados (Retour vers le futur, American Pie, Elle est trop bien…). Mais le cinéma de genre n’est pas en reste. Carrie, Prom Night ou Bloody Mary, le dispensable troisième volet d’Urban Legend… plusieurs péloches...

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Elle s’en va : l’adolescence à soixante ans

Bettie est à un moment de sa vie tellement pesant qu’une bouffée d’air frais devient nécessaire. Elle lance un « je reviens » à ses employés. Surprenant tout le monde, à commencer par elle-même, elle se lance finalement dans un grand tour de France, ponctué de lieux et de rencontres aussi inattendus qu’improbables. Avant de parler d’Elle s’en va, parlons de Catherine Deneuve, si vous le voulez bien. La retrouver aujourd’hui à l’écran, c’est voir resurgir instantanément ses anciens rôles. Une longue carrière n’explique pas ces flashbacks visuels. Il faut ce petit plus que peu ont. Catherine Deneuve l’a. Elle est...

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Paranoid Park & Spring Breakers : Allen Ginsberg forever, bitches

Alex, jeune skateur de 16 ans, n’aspire qu’à aller à Paranoid Park, skate park mal famé de Portland. Sur les voies ferrées, non loin de là, il tue accidentellement un agent de sécurité. Paranoid Park fut annoncé comme la suite – et la fin – d’une tétralogie amorcée avec Gerry et poursuivie avec Elephant et Last Days, oeuvres liées par la répétition de gestes et de figures filmiques (notamment le plan-séquence en travelling) menant inexorablement à la mort, où du moins à son idée. La figure de l’adolescent (évoquée littéralement dans Elephant), ses références (Last Days), son expérience (Gerry), étaient au...

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