Les coups de coeur de la team Cinématraque (2ème partie)

Cela faisait longtemps, nous direz-vous, que la team Cinématraque ne vous avait pas exposé ses coups de coeur du moment.

Dont acte, vous dirons-nous, les voici.

A charge pour vous de les respecter, et de suivre à la lettre les instructions de vos auteurs fétiches de chez nous dans le cadre de vos séances à venir. Votre vie n’en sera pour sûr qu’encore plus parfaite.

Bon cinéma !

Gilles

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Tendres passions, de James L. Brooks, en DVD (Paramount)

Tendres passions constitue un chaînon manquant dans l’histoire de la comédie américaine. Joie de voir ressusciter ce film mal et peu vu, entre classicisme serein et mélodrame tragi-comique. Près de 30 ans avant le surfait Comment savoir, James L. Brooks donne un visage à une Amérique rarement filmée, en narrant la relation complexe entre une mère et sa fille. Quelque chose d’harmonieux et de furieux, à la fois, se dessine de la fresque intimiste. Mais au lieu de verser dans le jeu de massacre, le cinéaste dépouille ses personnages, les écorche, jusqu’à révéler la fêlure au mitan de leurs vies. Les scènes lumineuses entre Shirley MacLaine et Jack Nicholson portent en elles une démesure, une folie qui puisent dans la comédie du remariage. Inégalable.

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Gilles

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La bouche de Jean-Pierre, de Lucile Hadzihalilovic, en DVD (1 Kult)

La bouche de Jean-Pierre (1995), étoile filante du cinéma français, sort de la nuit. Lucile Hadzihalilovic peint une France No Future très pompidolienne, ses banlieues nues et vides, sa déprime qui condamne les êtres à des fonctions, des statuts provisoires. Sidèrent encore la prégnance du jaune et du vert pomme, qui redoublent l’horreur, les partis-pris de la cinéaste que sublime le découpage de Gaspar Noé. Les décors vomissent le malaise d’une époque. La misère sociale, qui atteint une dimension concentrationnaire, mais aussi la peur du pédophile érigée par les médias, soudent ce brûlot contre le conformisme, le racisme ambiant. Démentiel.

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Anne-Cé

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Mud, de Jeff Nichols, très bientôt en salles

Cannes devait être aveugle pour ne pas saluer la beauté incandescente de Mud. Ellis et Neckbone, 14 ans, font la découverte d’un bateau dans les arbres sur une île du Mississipi, et de son propriétaire à l’allure de bad boy robinsonesque, Mud. Mais qui est-il ? Meurtrier en fuite ou fou, peu importe, Ellis met un point d’honneur à aider son nouveau compagnon dans son histoire d’amour et de sang. Ce drame nous frappe autant que notre propre passage de l’enfance à l’âge adulte. Dans cette candeur encore enfantine, l’amour et la fraternité n’ont pas la même saveur, la trahison n’en est donc que plus douloureuse. Mud incarne la violence de nos rapports humains et l’arrachement intime de l’adolescence. Une photographie sublime achève de faire du film un chef-d’œuvre.

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Eve

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Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont, en salles

Dans le film de Dumont, le personnage de Camille Claudel n’est pas appréhendé sous l’angle de la muse surdouée du célèbre sculpteur. L’artiste est déchue de son piédestal ; elle est devenue l’ombre d’elle-même, abandonnée dans un asile psychiatrique sordide. Le dénuement total de « la captive », privée de sa singularité et tombée dans l’indifférence, fait ressortir le talent de l’actrice qui la porte à bout de bras. Et Juliette Binoche nous offre là son plus beau rôle. Que reste-t-il de l’humain dans la créature dont la folie s’est emparée? Dans le néant de cette prison où le temps s’étire à l’infini, le vide résonne de cette question cruciale : existe-t-il un motif réel à cet enfermement cruel ? Et si ces murs ne servaient qu’à rendre fou ?

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Jérémy

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Les Gamins, d’Anthony Marciano, en salles

C’était la comédie attendue du printemps, et elle est fidèle à sa promesse. J’ai ri, et Boublil est tout à fait crédible. La force du scénario est de nous amuser avec des blagues pas drôles, car les situations, elles, le sont. Le couple est-il un enfer si l’on ne peut pas prendre l’air ? À première vue, oui, mais quand on s’en éloigne, c’est bien pire. Ce que fait cette comédie, c’est voisiner avec la comédie française (trop) classique tout en restant proche de l’humour loufoque des Nuls ou de Boublil. Un peu à l’image des deux couples du film. On pourra critiquer le manque d’ambition de la réalisation, et le côté ultra attendu de la fin, mais pourquoi bouder son plaisir ? Un film drôle, bien écrit et bien interprété, c’est déjà assez rare.

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Elsa

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No, de Pablo Larrain, en salles

Dans No, la mise au jour des rouages de la politique par le biais de la communication met au cœur de la réflexion sur la société l’éthique politique dans ce qu’elle a de plus paradoxal : comment un peuple écrasé par la dictature reprend courage grâce aux sornettes d’un pubart qui traite la communication politique comme une pub pour Coca-Cola. Cette recherche esthétique du personnage, on la retrouve à l’échelle du film puisque le réalisateur tourne avec les caméras TV des années 80 et sacrifie une certaine idée de la beauté de l’image au profit d’une unité plastique qui mêle images d’archives et récit contemporain. A la beauté, pourtant, le film paye son dû au centuple grâce au regard hagard et déchirant de Gael Garcia Bernal, qui accuse le poids de la concession terrible que doit faire l’idéal à la réalité.

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Jérôme

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Le Diable dans la peau, de Gilles Martinerie, en salles

Il est rare aujourd’hui, dans le cinéma français, de voir un premier film réussi. C’est un juste équilibre : un scénario simple, loin des appartements parisiens et des problématiques convenues du couple. Il y est question d’une famille qui n’existe plus, de deux frères qui tentent de s’extraire du monde des adultes, d’une violence domestique et de l’Urbain pour survivre. En bon naturaliste, G. Martinerie exprime toute la complexité de son sujet à travers un Limousin estival et magnifié. Un personnage à part entière, dans lequel on peut déceler une forme de féminité, une sensualité forte et belle. La nature n’est pas seulement un refuge, mais une confrontation au réel pour des gamins qui, fait rare, interprètent avec une grande justesse leurs personnages.

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Thomas

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Alps, de Yorgos Lanthimos, en salles

Réflexion sur l’identité et le métier de comédien – comme pouvait l’être Holy Motors – Alps, deuxième film du Grec Yorgos Lanthimos, déploie un programme aussi ludique que glaçant. Une composition millimétrée, trouée de happenings chorégraphiques, et où règne l’arbitraire (étouffement de l’individu, règles absurdes et châtiments corporels) : sans céder aux raccourcis faciles, difficile de ne pas songer au passé encore proche de la dictature des colonels. L’oeuvre excède son dispositif dans la multitude de ses possibles lectures, et trouble par les performances mécaniques, vidées d’affects, de ses acteurs. Où affleure in fine une question vertigineuse : faire, n’est-ce pas faire semblant de façon convaincante, se prendre au jeu de l’identité ?

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Gaël

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Le policier, de Nadav Lapid, en DVD

Le Policier en dit long sur la déchéance de la démocratie israélienne. On y voit le quotidien, filmé dans sa banalité, d’un policier d’élite. Appelé à mettre un terme à la prise d’otage d’un patron et de sa famille, il s’attend à faire face à des arabes, là où se trouvent en réalité de jeunes juifs d’extrême gauche. Implacable, le film laisse parler les détails, les humiliations que cet Etat fait subir, via ses force de l’ordre, aux arabes, et le peu de considération du pouvoir pour ses forces de sécurité et sa jeunesse. Il n’offre à celle-ci aucune perspective, sinon celle de la guerre et de la peur. Magnifique plan final, offrant un miroir à une jeunesse qui occupa, lors de la sortie du film, la plus grande avenue du pays, s’inspirant par là-même du printemps arabe.

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(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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