Canal Plus, pourquoi ne cryptes-tu pas les César ?

La statuette phallique, jamais tu la verras sur ma cheminée. D’abord parce que jamais je ne ferai un film avec des vieux mourants dedans, ensuite parce que je ne parviens toujours pas à trouver de producteur pour ma super idée à base de gâteau qui chante exclusivement du Gérald De Palmas (budget à 200 000 000 d’euros environ, ça coûte cher les effets spéciaux, surtout pour faire la bouche du gâteau). Les César, de toute façon, c’est de la merde.

Durant toute la cérémonie, hier, main dans le slip, j’ai espéré que Canal passe en crypté. J’ai appelé au siège de la chaîne, et l’on m’a envoyé buller. Je trouve inadmissible que les César ne se cryptent pas, tandis que lorsqu’un bon film est diffusé, toujours ça stoppe net dès le générique du début.

Izia a gagné une statuette, et moi mordu mes accoudoirs. Si seulement j’avais été un fils de… Mais mon père est un instituteur, je n’ai de passe-droit que pour gagner le moyen convoité Golden Stylo Rouge. Je crois qu’Izia avait déjà remporté des Victoires de la Musique il y a quelques années, scellant par la même occasion le sort de la musique française. Le Septième Art a maintenant des raisons de s’inquiéter.

D’autant plus que cette fois, le film qui a tout raflé n’est même pas français. Il est autrichien – enfin, franco-autrichien, qu’ils disent, mais y a même pas Kad ni Joey Starr dedans -, et montre des vieux en train de faire des batailles de polochons. Emmanuelle Riva, sponsorisée pour la soirée par de multiples fabricants de laque, is the new Jean-Dujardin, avec un peu plus de classe quand même. En allant chercher sa statuette, elle fit l’un des seuls beaux discours de la soirée.

Soirée menée par Antoine de Caunes, alias bidoman, un type encore moins drôle que ton tonton sobre à l’enterrement de ton ex-voisin. Le pauvre mec qui avait prévu de boire un cul-sec à chaque bide du père De Caunes a dû finir dans un piètre état. Remarque, c’est certainement le seul qui a dû rire par moments.

Ce qui est fun, c’est qu’avant les César, je me baladais pépèrement dans Paris, casquette à l’envers sweatshirt chouettement swag en quête d’amitié et, pourquoi pas, d’un soupçon de bonheur, lorsque soudainement j’entendis des WOUWOUH, comme Alice dans la pub en plus vénère. C’était des manifestants qui n’étaient pas contents, pléonasmes sur pattes, technicos du spectacle se plaignant de leur non-reconnaissance devant le tapis rouge et les glandus en costard.

Une fille plutôt mignonne PAS CONTENTE m’abordait, sous l’oeil noir de ma Marie chérie, pour me refiler une pancarte en me chuchotant à l’oreille dans un laïus sexy : « On les auras  ces cons, tu veux ma pancarte ? » Les cons, j’ai donc pensé que c’était les mecs du tapis rouge, et je me suis mis à les détester. Un type parlait dans un mégaphone, interpellant en rythme chaque starlette : « JA-MEL-AVECNOUS ». C’était rythmé, j’avais envie de danser. Ca réchauffait, en plus. Sur ma pancarte il était écrit : « Le cinéma, c’est NOUS », ce qui n’est pas tout à fait faux, parce qu’une fois j’ai été figurant dans un film avec Christian Clavier.

Je regrette de ne pas avoir plus pu prendre le temps de discuter avec ceux qui sont le cinéma, dans le froid, bien loin du tapis rouge, mais mon plateau repas m’attendait et la cérémonie allait commencer. Canal Plus ne se cryptait pas, et en réfléchissant, j’ai pigé pourquoi. Canal ne crypte que le cinéma. Et le cinéma, ça n’est absolument pas eux.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

2 Comments

  • Répondre mars 4, 2013

    Steven

    Très bon article ! Le ton est juste et hélas tellement vrai…

  • Répondre février 25, 2013

    Eve

    J’ai pas la télé,
    j’adore cet article,
    j’aime le cinéma,
    j’adore le cinéma quand il se moque de lui-même parce qu’il devient une émission
    j’aime les critiques de cinéma que rien de tout ce processus n’arrêtent.

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