Passion : joyeuse Saint-Valentin

Je n’aime pas le cinéma de Brian de Palma à l’exception de Carrie dont le scénario a été pompé sur mon journal intime, trop facile. Mais aujourd’hui en salles, il n’y avait que des films sur la diversité, le PMU et une misérable comédie musicale. J’ai donc choisi le film le plus court et dont le titre et l’affiche faisaient le plus Saint-Valentin, parce que c’est aujourd’hui : Passion.

Alors, Passion, c’est un film thriller. Traduction : le scénario n’est qu’une pseudo-reprise. Il s’agit ici du film Crime d’amour d’Alain Corneau. Tout le monde s’en fout mais faut bien se chauffer, mes doigts sont gelés.

Christine (Rachel Mac Adams, bonne et bonnasse), patronne d’une multinationale spécialisée dans la pute.. euh la pub, est blonde, pétée de tunes et ses WC, c’est mon appartement. Normal alors qu’Isabelle son employée, (Noomi Rapace, qui porte bien son nom) brune lambda à queue de cheval et frange l’aime, la jalouse, l’intéresse et veuille ses fesses. La brune va donc être manipulée par la blonde et même qu’une rousse va intervenir. Tel est le pitch, comme disent les mecs du Cercle.

Les 100 minutes blonde

Christine travaille dans la pub, elle a donc un super rouge à lèvres et pour aller travailler, elle s’habille comme moi quand je veux aller choper. Sa plus grande réplique, digne de son rang, la résume parfaitement, cette pauvre sublime fille riche : « Avant je voulais être admirée, maintenant, je veux qu’on m’aime. » Au fait les mecs, ça vaut pour moi aussi, alors si vous voulez vous déclarer, faites-le aujourd’hui.

Isabelle a des chaussures plates mais des idées larges et ça énerve Christine, qui va la manipuler, l’embrasser, et la rendre folle à lier. Dans un film français, l’employée quitterait la boîte et se retrouverait dans la rue à manifester contre les méchants patrons.

Mais on est dans un film américain, alors elle va rester, quitte à se faire humilier. Evidemment, il y aura de l’érotisme dans cette humiliation, mais pas queue. Avec beaucoup de moyens, de la musique en permanence et l’érotisme pour les nuls, on est bien dans un film de de Palma.

La brune compte pas pour des prunes

D’abord victime, Isabelle prend le pouvoir avec une idée de folie : la pub pour un téléphone portable qu’on met dans sa poche de derrière pour voir les mecs qui matent le cul des filles dans la rue. Du grand génie. Mais Christine n’aime pas se faire voler ses idées. Alors ça va chier.

Les rousses sont pleines de ressources

La collègue d’Isabelle, en plus d’être rousse, est amoureuse de la brune qui n’a d’yeux que pour la blonde. A défaut de scénario, De Palma ose la hiérarchie des couleurs de cheveux. Il dénonce : la blonde vaut plus que la brune qui vaut plus que la rousse. Mesdemoiselles, vous saurez quelle couleur demander à votre coiffeur si vous voulez le power. De Palma vous aura au moins servi à ça.

Pas grand-chose à dire sur le film, si ce n’est que je ne l’ai pas trouvé si mauvais : ridicule, mais pas mauvais, un bon résumé du cinéma de De Palma. Français, il aurait juste été ridicule, car il n’y aurait pas de crime mais des cris, pas de magnifique scène de ballet mais des balais, pas de jeux érotiques sado-masochistes, mais une scène de sodomie dans un cabinet d’archivistes.

Pas de maquillage qui tient quarante huit heures mais du mascara qui coule sous les pleurs. Pas de scène de baisers lesbiens mais quelques poils pubiens. Entre les films français mâles partis et un film américain mâles baisés, la Femen en moi n’a même pas fait son choix.

Passion, Brian De Palma, Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth, France / Allemagne, 1h41.

J’adore parler de moi, c’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances. Avec le cinéma.

6 Comments

  • […] de Brian De Palma, et tout particulièrement Passion, si ouvertement déconcertant ? Après une première critique dans nos colonnes la semaine passée, nous revenons aujourd’hui, en deux temps, sur la […]

  • […] de Brian De Palma, et tout particulièrement Passion, si ouvertement déconcertant ? Après une première critique dans nos colonnes la semaine passée, nous revenons aujourd’hui, en deux temps, sur la […]

  • Répondre février 16, 2013

    Elsa Renouard

    un film avec une scène qui se déroule dans un showroom de chaussures (et quelles chaussures!) ne peut pas être entièrement mauvais…

  • Répondre février 14, 2013

    FabR

    Mauvaise foi spotted : « Dans un film français, l’employée quitterait la boîte et se retrouverait dans la rue à manifester contre les méchants patrons. » Dans Crime d’amour (film bien français), l’employée reste aussi dans l’entreprise et mûrit exactement le même plan que son homologue scandinave…

  • Répondre février 14, 2013

    Eve

    Si je n’irai pas voir le film, au moins je me serai régalée de la critique! merci Mélanie <3

  • Répondre février 14, 2013

    Passion | Mon Cinéma

    […] Egalement sur Cinematraque […]

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