My Best Men, le film où il n’est jamais question de crevettes borgnes

Pour peu que des fois tu sortes de ton petit chez toi douillet, tu as obligatoirement vu les affiches de mauvais augure représentant des Best Men débraillés sur fond jaune orné d’adjectifs dithyrambiques style « désopilant », « hilarant », « tellement drôle que ta grand-mère va se pisser dessus et que tu devras la changer après la séance », citations de « magazines » dont tu n’as jamais entendu parler, genre « Cinérouge », « Cinésousterre » ou encore « Studio Magazine ».

Moi, généralement, ça me fait peur ce genre d’affiches. Surtout quand c’est Tarantino qui dessus est cité, style : « le meilleur film de tous les temps depuis Tree of Life ». Non, j’ai pas aimé Tree Of Life, Eve, et j’en suis confus. Et je ne suis pas du tout assez intelligent pour argumenter une réponse autre que « c’est vachement long et chiant les plans avec l’eau qui coule et les dinosaures », donc j’ai décidé de m’abstenir.

My Best Men, c’est tellement nase que je ne sais pas trop quoi t’en dire.

Ainsi, j’ai choisi de te raconter mon rêve de la nuit dernière. J’étais avec un gâteau parlant dans une brocante, et nous cherchions un fer à repasser pour sa grand-mère, une crevette borgne. Au stand du fond, une petite blonde reg…

Bon, Tom, le rédac chef de Cinématraque, fait les gros yeux, j’arrête la digression, mais je te préviens c’est beaucoup moins fun que mon rêve, la critique de My Best Men.

En gros, le film, c’est l’histoire d’un mec qui a rencontré une meuf pendant ses vacances et décide de l’épouser, parce qu’elle est super bonne et malgré le fait qu’elle soit australienne.

Il demande à ses potes couillons-gaffeurs-mais-gentils qui se foutent de sa gueule d’être ses témoins et de l’accompagner en Australie où se tiendra le mariage et où il va rencontrer la richissime famille de sa meuf (décidément vraiment un bon coup).

Et jamais il n’est question de gateau qui parle. Ni de fer à rep… OK Tom, j’avance.

My Best Men contient à peu près toutes les scènes les moins drôles de l’univers. En tête de celles-ci, les nigauds pris mains dans le cul d’un mouton, mascotte du politicien de père, en quête de drogue. Parce qu’évidemment, ledit mouton a bouffé les cachets précautionneusement gardés. Et évidemment celle qui n’aurait à tout prix pas dû voir ça rentre au moment le plus inadéquat dans la pièce. Rires.

Je n’ai pour ma part que peu d’expérience avec les moutons mangeurs de drogue et de qui il faut extraire des cachets, j’ai une capacité d’identification assez faiblarde, et la maestria des Farrely n’est pas de la partie. De plus, le mot « caca », qui provoque en moi moults fous rires n’est jamais prononcé. La scène est donc désastreuse, mais fera certainement rire les vétérinaires qui, eux, pourront s’identifier aux pauvres personnages bien emmerdés dans tous les sens du terme.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis vraiment capable de me marrer sans m’identifier à qui que ce soit : par exemple, un gateau qui parle et une crevette borgne, ça me plaît beauc…

Aïe Tom, on avait dit pas le visage putain. Plus… Intellectuelle ? Ma critique ? Bon…

Le point effet Kulechov

En terme de plans séquences, effet Kulechov et montage, … Non Tom, j’y arrive pas.

Si, le montage est dégueulasse.

Que je ? Parle mieux ? OK.

Le montage laisse à désirer. Il manque des plans et c’est cut un peu n’importe quand. Quant à l’audacieux choix des transitions façon je-viens-de-faire-l’acquisition-d’un-nouveau-logiciel-de-montage-à-200-francs-quand-même-en-promo-à-la-Fnac-et-les-fondus-enchaînés-c’est-pour-les-ploucs-moi-je-vais-passer-d’un-plan-à-l’autre-par-un-système-audacieux-de-rotation-antihoraire-ça-va-être-chanmé, c’est insupportable.

Le truc chelou, c’est que le réal est l’auteur de Priscilla, Folle du Désert, qui était un chouette film sur une dénommée Priscilla qui faisait des trucs dans le désert (j’ai vu qu’Allociné avait aimé). Et que du coup, on pouvait s’attendre à un minimum de désert, de meufs qui s’appellent Priscilla, qui sont folles et de scénario pas trop con. Mais non.

Olivia Newton-John, la meuf de Grease dont j’avais dansé la chorégraphie finale lors de mon spectacle de fin d’année en CM1 (standing ovation, le début d’une carrière sabotée par des parents jaloux, façon Billy Elliott le happy-end en moins) fait une apparition assez pathétique, faussement provoc et vraiment pas drôle.

Et sinon, pas grand-chose, hein.

Mais Thomas, pourquoi faut-il que j’écrive sur ce film, alors que finalement, dans mon rêve, j’ai trouvé sur le stand de cette blondinette le fer à repasser tant espéré, que j’ai pu, avec mon ami gateau qui parle offrir à ma grand-mère crevette borgne ?

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

3 Comments

  • Répondre août 8, 2012

    Dzibz

    Popopop Anne-Cécile, tu vas t’attirer les foudres de ma Marie avec ce genre de déclarations !

  • Répondre août 8, 2012

    John C. Leroy

    Question importante : la crevette est-elle borgne à cause du gâteau parlant qui aurait mangé son oeil ? Ou alors, j’ai rien compris au film.

    Mais avoir une crevette borgne comme témoin et un gâteau qui parle quand on le coupe, ça doit être fun. J’imagine le geyser de crème rouge… Ah non, merde. C’était la strip-teaseuse planquée à l’intérieur. My bad.

  • Répondre août 8, 2012

    Anne-C

    JB, je t’aime.

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