FFCP 2022 : « The Girl on a Bulldozer », démolition en cours

The Girl on a Bulldozer est le premier long métrage de Park Ri-woong et se fait aisément une place parmi la sélection du Festival du Film Coréen à Paris. Avec son titre, on aurait pu s’attendre à un film de vengeance façon prod Besson pourrave des années 2000 mais il n’en est rien ! Au contraire, l’histoire de Hye-yeong (Kim Hye-yoon) alterne entre le drame social ultra-réaliste et des moments comiques, en grande partie dûs à son esprit rebelle et déterminé.

Entre ses petits boulots et ses peines de travaux d’intérêt général, Hye-yeong doit aussi venir protéger son père, son petit frère et leur restaurant familial. Un jour, son père est victime d’un étrange accident de la route et se retrouve entre la vie et la mort. Très vite, Hye-yeong voit arriver dans sa vie des personnes dont elle ne connaissait même pas l’existence, prêts à lui extorquer de l’argent… et même son restaurant. Mais avec son tempérament bien trempé, Hye-yeong n’est pas prête à se laisser faire.

Quand on vous dit qu’il faut pas la faire chier, c’est que c’est vrai, compris ?

Hye-yeong n’hésite pas à coller des mandales quand il le faut et surtout pour faire justice elle-même. C’est ce que nous dit d’emblée Park Ri-woong dès la première scène de son film, où son héroïne écope d’un stage de sensibilisation et d’heures de travaux généraux après avoir agressé une bande de filles dans une supérette… Elle venait en aide à une personne qui se faisait harceler, mais c’est elle qui a porté le premier coup. Pas de bol, c’est ce que la justice retient. La police, Hye-yeon la connaît très bien… Avec ses immenses tatouages sur le bras gauche, qu’elle dissimule dès qu’il le faut, on se demande ce que le passé du personnage nous réserve. Des zones d’ombre que le réalisateur laisse à la libre interprétation de son spectateur !

L’accident du père de Hye-yeong n’aurait pu être qu’une simple histoire de famille, mais il cache des secrets face auxquels n’importe qui se sentirait bien démuni. Des histoires d’assurances, de dettes contractées auprès de personnalités haut placés (et évidemment en liste pour un mandat politique, sinon c’est pas drôle)… bref, c’est un peu David contre Goliath. Mais avec un bulldozer et de la volonté, on fait des miracles. Park Ri-woong réussit à sortir son personnage de la zone d’inconfort dans laquelle elle est originellement : garçon manqué que l’on pense incapable de s’intégrer dans des « métiers d’homme », jeune femme qui tient à rester éloignée de ses secrets de famille. Toute la force du personnage se retrouve dans la précision du film, qui va à l’essentiel et met son héroïne face aux failles d’un système qui ne se range pas forcément du côté des victimes. Avec The Girl on a Bulldozer, Park Ri-woong et l’extraordinaire Kim Hye-yoon montrent qu’il serait peut-être nécessaire de tout démolir et recommencer à zéro.

The Girl on a Bulldozer 불도저에 탄 소녀, de Park Ri-woong, avec Kim Hye-yoon, Park Hyuck-kwon, Yesung… Présenté en Première française lors du 17e Festival du Film Coréen à Paris. Date de sortie française inconnue.

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