Café Society de Woody Allen

D’abord, il y a Kristen Stewart.

Ainsi naquit certainement, du moins l’imagine-t-on lors du spectacle que nous offre Café Society, la 46e envie de film de Woody Allen. Présenté à l’issue de la cérémonie d’ouverture de cette 69e édition du Festival de Cannes, le cru 2016 du réalisateur d’Annie Hall a cinématographiquement parlant tout d’une parenthèse revendiquée, d’une petite friandise de qualité.

Assez banal assemblage de quiproquos sur fond d’histoire d’amour, le film n’est en réalité qu’un exercice de style visant à mettre (littéralement) en lumière le visage de Kristen Stewart.

L’héroïne de Twilight interprète ici le rôle d’une demoiselle partagée entre deux amours, l’un pour un puissant agent, grand magnat de la production hollywoodienne des années 30 (Steve Carell) dont elle est une secrétaire, l’autre pour le neveu de celui-ci, grand bonhomme un peu dégingandé fraîchement débarqué du Bronx à la recherche d’un réseau professionnel (Jesse Eisenberg).

Partagée entre ces deux prétendants aux charmes très différents, la demoiselle peine à choisir, de peur de se tromper, tiraillée entre fascination et tendresse.

D'abord, le mec invente Facebook, et maintenant ça. Quel salaud...
D’abord, le mec invente Facebook, et maintenant ça. Quel salaud…

S’ensuivent les scènes dont on sait le réalisateur friand, celles de savoureux quiproquos, de retournements de situations et de gênes manifestes : le film est d’une densité telle que l’on ne s’y ennuie pas une seconde. Pour autant, outre son final quelque peu inattendu, il n’apporte pas grand-chose à la filmographie de Woody. Mais, comprend-on rapidement au regard de son travail sur la photographie, son objectif principal n’est cette fois-ci pas la narration.

En cause, Vittorio Storaro, que Woody est allé cherché en guise de chef op. L’homme que l’on connaît notamment pour sa photo d’Apocalypse Now ou encore du Dernier Tango à Paris a ici eu, suppute-t-on de façon assez évidente, consigne de travailler sur le visage de Kristen Stewart. Dès lors que la diva rentre dans le champ, la lumière la suit. Dès lors qu’elle est filmée seule, c’est un halo très léger qui l’entoure, l’angélise. K-Stew n’a jamais été aussi (littéralement) étincelante. Elle représente dans le cadre celle qui a eu les faveurs de deux hommes en contact permanent avec les plus charismatiques icônes du cinéma des années 30, dont on entend le nom dans le film mais que l’on ne verra jamais.

Comme si Woody Allen, à 80 balais et après 45 films s’adressait directement à nous, incapable de se focaliser sur son récit devant la grâce de K-Stew. Comme un aveu de faiblesse.
Parce que oui, l’intrigue, les dialogues, les situations de Café Society ont déjà été vus, et parfois en mieux, dans d’autres films de Woody Allen.

Mais d’abord, il y a Kristen Stewart.


Gaël Sophie Dzibz Julien Margaux David Jérémy Mehdi
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Le tableau des étoiles complet de la sélection à ce lien


2

Un film de Woody Allen avec Kristen Stewart; Jesse Eisenberg et Steve Carell
Actuellement en salles. Et aussi à Cannes

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