Auteur : Florian Bodin

Fast & Furious 8 : l’animal en cage

Il y a à peine deux mois, M.Night Shyamalan nous présentait sa « Bête », création purement cinématographique, pourtant ancrée dans une réalité concrète qui verrait apparaître, dans une foule d’individus, des hommes et des femmes hors du commun. Si Split est toujours aussi jubilatoire après de multiples visionnages, c’est parce qu’il insère une part de fantastique dans un univers presque semblable au nôtre. Il parvient parfaitement à s’inscrire à la frontière de l’invraisemblable et du banal. la représentation d’une « Bête » de cinéma Pourtant c’est dans le sens inverse que fonctionne Fast & Furious 8. C’est à dire l’inscription, à la...

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T2 Trainspotting : dans ma bulle

Une séquence emblématique de Trainspotting permet de mettre entièrement en perspective la suite qui vient de sortir sur les écrans. Renton (Ewan McGregor) et Sick Boy (Johnny Lee Miller) sont dans un parc, ce dernier philosophant du fait que chaque grande personnalité, du cinéma ou de la musique, a forcément perdu, un jour ou l’autre, ce qui faisait son charme. Elles iront même jusqu’à se caricaturer, essayant vainement de retrouver une gloire passée. Ironiquement,  cette idée s’applique à Danny Boyle aujourd’hui. Auréolé de nombreux succès, mais aussi de récents échecs commerciaux (l’horrible Trance notamment), il continue sur sa lancée et...

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Split : La Bête Humaine

Il vaut mieux, pour parler sereinement de Split, retour en grâce critique et public de M. Night Shyamalan, mettre les choses au clair tout de suite. Il n’y a rien de bien surprenant, ou de réellement novateur dans ce thriller cloisonné où un homme, atteint d’un trouble de la personnalité multiple, kidnappe trois jeunes adolescentes. Il y a cette idée préconçue, et parfois à raison, que les films de Shyamalan sont des thrillers qui mettent le spectateur à l’épreuve, instillent des indices tout le long du long métrage pour mieux se jouer de lui, et lui révéler le fin de mot...

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Cigarettes et Chocolat Chaud : l’interview croisée (Feat S. Reine & G. Kervern)

Comment appréhendez-vous votre carrière d’acteur, vis-à-vis de celle de réalisateur ? Gustave Kervern : Ça se passe bien, je joue de plus en plus, par goût plutôt que par nécessité comme c’était le cas au départ. Je me disais que si Groland (sur Canal +) venait à s’arrêter j’aurais au moins un autre boulot. J’ai par exemple beaucoup hésité à jouer avec Catherine Deneuve pour Dans la cour (2014), j’avais super peur. Une semaine avant le début du tournage j’ai failli annuler et puis je me suis dit que ça aurait été trop con ; un film de Pierre Salvadori, avec Catherine...

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Louise en Hiver : Le temps ne détruit pas tout

Traiter de la vieillesse au cinéma peut se faire de bien diverses manières. Malheureusement ce qui est regrettable, c’est que la vision qu’on a de cette période de la vie est souvent négative. En témoigne il y a encore trois ans Amour de Michael Haneke, film dramatique s’il en est, mettant en scène un couple en pleine déliquescence face à une mort imminente. Dès lors, le nouveau film de Jean-François Laguionie, sur une grand-mère qui rate son train et se trouve bloquée dans une station balnéaire, se pare vite, comme Amour, d’atours cauchemardesques. Louise dérive dans son lit, sur...

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Albi, jour trois : L’émancipation

Les Œillades touchent à leur fin, et c’est une belle semaine de cinéma francophone qui s’achève après la vision d’une quinzaine de films et de nombreuses rencontres, professionnelles comme amicales. Le soleil était de la partie, mais c’est surtout la qualité globale de la sélection qui nous incitera, une fois de plus, à revenir pour sa prochaine édition. Si plusieurs productions nous ont profondément énervés (Il a déjà tes yeux, 1:54, Orpheline), d’autres ont été sources à la fois de révélation et de réussite (Wùlu pour Ibrahim Koma, Sophie Reine avec Cigarettes et chocolat chaud, Louise en Hiver, La...

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Albi, jour deux : La Révolte

Le temps n’est plus franchement de la partie à Albi, mais cela nous importe peu. Les Œillades n’ont pas besoin que le soleil pointe le bout de son nez pour émerveiller leurs spectateurs ni les amener au débat. On vous disait dans notre dernier article, au sujet du film 1:54, qu’un film à « sujet d’actualité » ne suffit pas à créer du dialogue avec le public. Il doit avoir un point de vue, un discours, ce que justement plusieurs films font depuis deux jours. On est tellement enthousiaste ici, qu’on a décidé que plusieurs d’entre eux méritent d’avoir un papier dédié et une analyse plus...

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Albi, jour un : Le grand saut

Voilà un peu plus d’une journée que Cinématraque est arrivé au festival Les Œillades à Albi qui fête cette année sa vingtième année d’existence et qui, dès le discours d’ouverture de son président Claude Martin, cherchait à faire le deuil de l’édition précédente, marquée par les attentats de novembre dernier la veille même de son ouverture. Tous les commerces d’Albi sont fermés, et après dix heures de trajet pour arriver sur place, l’absence de personnes dans les rues est presque inquiétante. Et si la projection d’ouverture du film Cessez-le-feu, au titre équivoque, pourrait sembler morbide, ce n’est absolument pas...

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Where To Invade Next : fin du combat

Encore digne d’actualité à l’heure actuelle, Sicko n’a pas spécialement fait l’unanimité, arguant que Michael Moore, dans tout son amour pour la classe moyenne américaine, découvrait avec naïveté qu’en dehors des Etats-Unis, de nombreux pays se dotaient d’un système médical viable et sécurisé pour ses citoyens. Le film, il est vrai, est principalement un reportage un peu candide qui vise, avec ironie, à mieux critiquer la déchéance du système américain qui force les malades d’adhérer à des assurances santé hors de prix qui ne couvriront jamais leurs maladies. On peut malgré tout lui accorder une grande part de vérité, qui s’inscrit...

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Le Teckel : un film à l’image de son héros

Todd Solondz est reparti avec deux prix durant ce dernier Festival de Deauville, son Teckel ayant fait beaucoup d’effet à un jury décidément très sensible au sort que l’on réserve aux animaux de compagnie. L’idée est intéressante, qu’à travers la vie mouvementée d’un chien silencieux nous suivrons celle, tout aussi tumultueuse, de quatre personnes : un enfant, une adulte paumée, un scénariste sur le déclin et une retraitée pleine de désillusions. Le premier récit tient d’ailleurs du miracle, extrêmement critique de la richesse américaine, raciste et bourrée de préjugés. Ce premier sketch permet à Julie Delpy de s’amuser dans un...

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