Joueurs, mais pas trop !

Joueurs premier long métrage de Marie Monge, réalisatrice du court-métrage Marseille la nuit réunit à l’écran Tahar Rahim et Stacy Martin dans une histoire d’amour et d’addiction autour de l’univers des cercles de jeux parisiens. Malheureusement Marie Monge n’arrivera pas à aller au-delà de ce postulat de départ et s’embourbera dans une histoire prévisible bien que magnifiquement mise en lumière (Paul Guilhaume) et en musique (Nicolas Backer).

Et c’est bien là le problème. Joueurs est un film typiquement français dans ce qu’il a de plus détestable et critiquable. Il n’est pas question comme dans Les Confins du Monde de Guillaume Nicloux de ce dialogue surréaliste sur le mirador, non. Mais, de la tournure des événements du film, de la manière dont les personnages envisagent leurs relations amicales ou amoureuses. Et surtout, dans ces allées et venues presque sadomasochistes. Car oui, soyons clairs, aucune femme n’aurait pu endurer ce que subit Stacy Martin durant tout le film sans avoir trucidé Tahar Rahim une bonne centaine de fois : insultes, vols, rabaissements récurrents, chantages, le starter pack du gros beauf sexiste est disponible à toutes et tous pour notre plus grande gêne. Pourtant, Marie Monge continue et persiste dans cette relation profondément malsaine basée sur l’ultradépendance à l’autre. Une ultradépendance  qui ne s’opère que d’un côté : celui de Martin vers Rahim. Les seules occasions où Rahim a besoin de Martin ce sont dans des situations complexes où il ne peut agir seul et à besoin de son appât, d’argent ou de quelqu’un pour contacter la police en cas de nécessité. En somme, peu d’actions décidées par elles-mêmes. Pire, lorsqu’elle prend les devants cela se solde par encore plus d’infortunes pour elle. Ces remarques sont d’autant plus dommageables que l’une des scènes les plus fortes l’œuvre est celle où les deux personnages se livrent à un jeu sexuel au rythme du Punto/Banco sans prise de pouvoir d’un des partis sur l’autre ! Oui l’égalité des sexes rend meilleurs !

Mené par des acteurs bien impliqués, une technique irréprochable, Joueurs prêche par un scénario beaucoup trop facile et une mise en scène qui gagnerait à être plus travaillée et à gagner en mordant. Un premier essai insatisfait : joueurs, mais pas trop.

Joueurs de Marie Monge, avec Tahar Rahim, Stacy Martin, Stacy Martin, Karim Leklou et Buno Wolkowitch. 1h47. Sortie prévue le 4 juillet 2018.

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