The Square : faites c’que j’dis, pas c’que j’fais

Il y a deux ans sortait Snow Therapy, un film assez dingue mettant en scène un père de famille prenant la fuite pendant une impressionnante avalanche, laissant sa femme et ses mômes se débrouiller seuls pour survivre. La caméra de Ruben Östlund s’attachait à filmer la culpabilité, et la lâcheté, dans une farce sans concession vis-à-vis de l’espèce humaine.

The Square débute comme une blague. Une blague qui fait largement écho à Snow Therapy. Sur une place de Stockholm, un conservateur de musée se rend au travail. Parmi la foule, il fait partie des deux « héros » qui viennent secourir une dame hurlant à l’aide. Fier comme tout, il bombe le torse : il a été un bon humain, et sauvé une vie, même. Presque. Mais se rend copte, ensuite, que ses poches ont été faites, et que de portefeuille il n’a plus. Alors, touché dans son orgueil, il va mettre en place un stratagème complètement idiot pour le retrouver. Parallèlement, il inaugure une exposition d’art moderne, The Square, vouée à enjoindre tout un chacun de faire attention à son prochain.

Ruben Östlund poursuit donc de creuser le sillon qu’il a fait sien via Snow Therapy : ce qu’il nous montre, c’est toute la mesquinerie humaine, sa lâcheté, ses contradictions et, parfois, ses éclairs de bonté. Et pource faire, il utilise une mise en scène très simple, très géométrique et fixe façon Roy Andersson, dont il est un compatriote.

Problemos à Stockholm

A l’instar du rythme lancinant qu’il donnait à Snow Therapy, et qui amenait son spectateur au sortir de la salle à n’avoir plus en tête que cette fameuse scène de l’avalanche, il crée dans The Square un grand moment de cinéma en milieu de film, via une scène de dîner dont on ne dévoilera rien ici, mais qui restera, c’est certain, l’un des très grands moments de cette édition cannoise.

Il y a certainement plusieurs façons de voir The Square, et celle qui consisterait à dire qu’Östlund n’a aucune pitié envers ses personnage, et en veut à la terre entière ne serait sûrement pas bénéfique à l’accueil du film. Parce que ce que le réalisateur suédois souhaite faire, c’est une farce. Ce qu’il nous dit avec The Square, c’est que les pères-la-morale sont les plus mal chaussés, qu’avant d’aller prêcher la bonne parole, il conviendrait de balayer sur son propre pallier.

Et ceci, il nous le dit finalement un peu comme Eric Judor le fait dans Problemos : avec un humour sans concession envers l’espère humaine. C’est très froid, vraiment très méchant, mais franchement drôle et empli de jolis malaises.

(Dzibz n'étant pas mon vrai prénom) Red'chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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