Black Movie : Chroniques Helvétiques 3

S’il y a des films tels que The Net de Kim Ki-duk ou La Region Salvajes d’Amat Escalante qui embrassent, au final un peu toutes les thématiques mises en avant par le Black Movie, certains sont plus axés sur l’une ou l’autre des catégories. Ainsi les deux films qu’on a décidé de retenir pour illustrer la thématique « frontières et marginaux », sont le grec American Square et le documentaire franco-algérien Samir dans la poussière. À ces deux-là, nous pourrions ajouter Les Sauteurs, mais nous l’avons déjà évoqué lors de notre retour sur le palmarès. Quant au jouissif L’Africain qui voulait voler, nous lui consacrons tout un article.

Frontières et marginaux :

American Square de Yannis Sakaridis

L’histoire : Nakou, 38 ans, chômeur longue durée obligé de vivre chez ses parents, zone dans son bar préféré avec son ami, un charismatique tatoueur. Alors que Nakou s’enfonce dans l’aigreur et la haine qu’il destine aux réfugiés de son quartier, le tatoueur tombe amoureux d’une chanteuse sans papier. Un passeur et un réfugié syriens vont bouleverser leurs vies.

On a beaucoup pensé à Chronique de la guerre civile d’Eric Hazan face à ces portraits multiples de la société hellénique contemporaine. American Square vaut surtout par son excellente écriture des différents personnages qui se croisent, dans ce film choral. Autre intérêt et non des moindres : son intéressante photographie politique du théâtre des opérations de la crise financière et des conséquences humaines dramatiques de décisions géopolitiques idiotes. Rendre ludique la mise en scène pour mieux faire accepter une vision quelque peu subversive du monde, pourquoi pas. Mais l’influence de Guy Richie et les problèmes de rythme et de direction d’acteurs font qu’American Square ne dépasse pas sa note d’intention. Dommage.

Avec : Yannis Stankoglou, Makis Papadimitriou et Vassilis Koukalani. Pas de date de sortie

Samir dans la poussière de Mohamed Ouzine

Documentaire :

Mohamed Ouzine revient en Algérie pour y filmer son neveu, Samir. Ce dernier, comme beaucoup de jeunes algériens à la frontière Algero-Marocaine sont contrebandiers. Le mazout est son seul horizon.

Grosse déception, on n’a pas réussi à s’intéresser à l’histoire du neveu du cinéaste. Pourtant il y avait de quoi faire un film passionnant. Mohamed Ouzine, qui de son propre aveu, est revenu en Algérie à la mort de son père, semble être de passage sur ces terres et se regarde un peu trop filmer. Le film est visuellement magnifique, mais le réalisateur perd de vu son sujet et le spectateur avec. C’est bien dommage.

Date de sortie inconnue

Après un parcours scolaire chaotique et pas mal de soirées vidéo bis, je me réfugie à l'université pour y faire grève et bouffer du film. Je m'y passionne pour la critique et l'écriture de scénario. Depuis, je m'efforce de trouver du boulot là où il est question de ciné. Après La Cinémathèque Française et UniversCiné et des collaborations aux Fiches du Cinéma et Culturopoing, je pris goût à l'ivresse du pouvoir, en 2012, en co-fondant Cinématraque. Je collabore également à La 7e Obsession.

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