Voilà c’est terminé on a enchainé les films et les interviews et dimanche est venu le temps des récompenses. Nous reviendrons en détail sur les oeuvres qui nous ont marqués et la cohérence éditoriale du festival, mais voici quelques mots sur le palmarès des longs métrages en compétition. Pour illustrer ce palmarès on vous partage les interviews de Petar Valchanov et de son scénariste Decho Taralezhkov (Glory) ainsi que celle de Nino Basilia réalisatrice d’Anna’s Life, que l’on a réalisé durant le festival.

Glory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Atlas d’Or, Grand Prix du Jury)

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Slava (Titre original) est une œuvre tragi-comique qui met en avant par l’absurde la violence cynique des institutions politiques et médiatiques bulgares. Récompensé par l’Atlas d’Or, Grand Prix du Jury de l’Arras Film Festival, Glory ne nous a pas franchement transportés. Il nous a fait, certes, sourire à travers l’interprétation malicieuse de Stefán Denolyubov (déjà présent dans The Lesson premier opus d’une trilogie, des mêmes réalisateurs, dont Glory est le pivot) qui nous a rappelé notre Luc Moullet national. Mais il n’échappe pas aux longueurs, et si l’ensemble cherche à s’inscrire dans une tradition burlesque, on a peine à être convaincu par l’influence assez visible de Jacques Tati et même le Terry Gilliam de Brazil.

Anna’s Life de Nino Basilia (Atlas d’Argent, Prix de la mise en scène)

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On est bien plus convaincus par le prix de la mise en scène et Atlas d’Argent décerné à Nino Basilia. La cinéaste venue du documentaire signe un premier long métrage de fiction percutant, ne lâchant pas son excellente interprète principale, Ekaterine Demetradze, une seconde. Il s’agit du premier volet d’une trilogie qui dresse le portrait, en creux, de la Géorgie. C’est un très beau portrait de femme combattante, ne se laissant pas abattre par le handicap de son fils et les difficultés du quotidien. Il s’inscrit d’une belle façon dans la ligne éditoriale du festival cette année : nous y reviendrons, mais la place de la femme et des institutions dans une Europe qui se décompose avaient cette année à Arras un intérêt primordial.

Kills On Wheels d’Attila Till (Coup de cœur du Jury, Prix du public et de la Critique ainsi que le Prix Regards Jeunes )

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Ce portrait déjanté d’un tueur à gages paraplégique a eu la faveur du public et de la critique. C’est efficace et drôle (parfois même très). Kills On Wheels est un petit bijou d’humour noir. C’est sans doute le film européen du festival qui revendique le plus clairement ses influences du cinéma populaire commercial, notamment américain (Les Frères Coen), mais on n’est jamais très loin non plus du côté désespéré de Kaurismaki. On donnera une mention spéciale, pour finir, à Dusan Vitanovic en chef mafieux (et à sa meute de chiens) qui campe un vrai bad guy de film noir. Kills On Wheels est le seul long métrage primé qui a déjà une date de sortie, début 2017.