Sac la mort de Emmanuel Parraud

Vous vous souvenez du pitch de Hé Mec elle est où ma caisse ? Ben Sac la Mort en est une version plus dark : ça se passe à la Réunion ; sale journée pour Patrice, son frère vient de se faire décapiter et il se fait expulser de chez lui. Sa mère réclame vengeance, lui un appartement. La sorcellerie, superstition locale, n’aide pas à rendre sa journée plus décontractée.

Projeté précédemment au Festival de Belfort en novembre dernier, nous n’étions d’attaque pour affronter un tel sujet. L’atmosphère cannoise est plus propice à accepter d’être plongé dans les zones sombres de l’être.

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Sub, Shit, hero?

Une nouvelle fois invité à l’ACID après la présentation de son premier long métrage Avant Poste en 2009, Emmanuel Parraud revient avec son premier film intégralement tournée en créole. Que peut-on en dire ? Sans être vraiment transcendant, Sac La Mort bénéficie d’un casting au sein duquel se détache la performance de Patrice Plamesse, qui tient le film de bout en bout.

Le cinéaste ne perd pas son temps à creuser son script, préférant s’intéresser a l’interaction de son acteur avec la population réunionnaise. Une sorte de road movie à pied qui l’amènera devant la pègre de l’ile et ses amis dragueurs. Si Plamesse est possédé par son personnage et nous convainc de bout en bout, on ne peut pas dire la même chose des autres membres du casting. Certes, il s’agit pour une grande part de non professionnels, mais le cinéaste aurait dû trouver un moyen pour que le ravin qui sépare son acteur principal des autres ne soit pas si profond. On ne retient en effet de ces personnages avant tout que leurs caractères folkloriques et c’est dommage. On ressort, de fait, du film avec une certaine déception.


Gaël Sophie Dzibz Julien Margaux David Jérémy Mehdi
2 Stars

Le tableau des étoiles complet de la sélection à ce lien


2

Un film d’Emmanuel Parraud, avec Patrique Planesse, Charles-Henri Lamonge, Nagibe Chadler, Didier Ibao.

Après un parcours scolaire chaotique et pas mal de soirées vidéo bis, je me réfugie à l'université pour y faire grève et bouffer du film. Je m'y passionne pour la critique et l'écriture de scénario. Depuis, je m'efforce de trouver du boulot là où il est question de ciné. Après La Cinémathèque Française et UniversCiné et des collaborations aux Fiches du Cinéma et Culturopoing, je pris goût à l'ivresse du pouvoir, en 2012, en co-fondant Cinématraque. Je collabore également à La 7e Obsession.

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