Festival de l’Alpe d’Huez, jour 4 – J’ai rejoint Dzibz, il a grossi

C’est samedi matin que je rejoins Dzibz et ses nouveaux kilos en trop, la faute aux Kinder Buenos à volonté du festival. Bien consciente, du fait de la prise de poids évidente dudit Dzibz, du risque encouru, c’est d’une voix ferme et décidée que je dis NON dès la sortie du bus aux Buenos-girls (visualisez bonnet-Bueno, écharpe-Bueno et combi de ski Bueno aux couleurs du Kinder). Deuxième assaut à mon arrivée dans la salle, je décline de nouveau et sens l’admiration dans le regard de mon grassouillet de Dzibz, déjà en train de s’empiffrer. Les lumières s’éteignent, je commence ma première journée de festival le ventre vide. Il s’agit bien d’un exploit.

Adopte un veuf

André Dussolier/Bérengère Krief réunis dans une production TF1 pour « faire rire », ça ne sent pas très très bon. Déjà, parce d’un côté on a un acteur grande pompe, floqué cinéma d’auteur français et de l’autre une minette sympatoche d’inspiration Canal + et one-woman show qui dépote. Duo insolite, pour une histoire déjà-vue : un riche retraité se morfond dans son immense appartement parisien suite au décès de sa femme. Ni une ni deux, « Ding dong », une jeune étudiante joviale débarque. Il finit par lui louer l’une de ses chambres. Cette bonne action se perpétuant bientôt par l’accueil de deux autres colocataires, contribuant à leur tour à redonner le goût de la vie à notre bon vieux Dussolier qui cachetonne. A partir de là vous savez à peu près tout, hormis quelques péripéties un temps guillerettes un temps tristounettes, enfin comme vous l’imaginez surement. Chacun répond bien à cette commande de téléfilm du dimanche soir, le scénario faisant se succéder comme attendu une série de temps forts bien ficelés (comprenez une rencontre – un mieux-être – une soudaine dispute – une belle réconciliation => du rire puis de l’émotion). Un film bien sous tous rapports, en somme, qui promet une belle audience télévisuelle mais revêt bien peu d’intérêt dans un festival de cinéma.

Five

Cinq potes accèdent à leur rêve de toujours : habiter en coloc tous ensemble. Samuel (Pierre Niney), le riche de la bande, leur décroche un appartement idyllique à Paris dont il se propose de payer plus de la moitié du loyer. Tout s’écroule lorsque le père dudit copain apprend que son fils préfère à une carrière de médecin la vie d’artiste. Ni une, ni deux, Samuel se retrouve les vivres coupés, mais le loyer toujours sur les épaules. Désireux de ne pas casser la belle aventure de la bande, il se reconvertit dans une carrière de dealer de cannabis. Inévitablement, les choses s’enveniment le jour où la production de la précieuse plante se fait la malle… et le scénario de s’accélérer avec un Pierre Niney hystérique, accompagné du bon copain délicieusement à côté de la plaque. Le film prend toute sa dimension dans les séquences de ce binôme franchement drôle, constamment dans un comique de situation allant bien plus loin que la simple vanne. On s’attache facilement à cette joyeuse bande d’amis hétéroclite, même si dans un petit coin de notre tête, on les pousserait bien à habiter dans un appartement plus petit, en dehors du triangle d’or : ce serait finalement pas la fin du monde. Ca leur aurait même sacrément soulagé les nerfs. Ne nions donc pas l’aspect hipster de cette comédie à la Parisienne, frisant une philosophie à la limite de « l’argent fait quand même un peu le bonheur ».

Fin d’une première journée – qui est en fait la dernière d’un festival dont le verdict a été rendu, et qui a sacré dans à peu près toutes les catégories le très chouette La Vache – autour du thème de la colocation et des problèmes de logements à Paris, donc. La comédie française et la crise des loyers s’avère être un bon tuyau comique – même si, entendons nous bien, on préfère parler de tout ça dans des appartements gigantesques que dans des chambres de bonne. Dans la comédie française, le terrain social c’est donc plutôt rigolo et c’est surtout un faux problème puisque après tout c’est surtout un bon filon pour décrocher des copains avec qui faire des conneries.

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Palmarès du Festival de l’Alpe d’Huez

Grand Prix – La Vache, de Mohamed Hamidi
Prix du public – La Vache
Meilleur acteur – Fatsah Bouyahmed, dans La Vache
Prix Spécial – Adopte un Veuf, de François Desagnat
Meilleur court-métrage – Ex aequo Un entretien de Julien Patry, et Coup de foudre de Guy Lecluyse

Palmarès de Dzibz (qui a tout vu)

Grand Prix – Encore heureux, de Benoit Graffin
Meilleur acteur – Fatsah Bouyahmed, dans La Vache
Prix Spécial – La Vache
(Les meilleurs films étant hors compétition, Good Luck Algeria et Five)
Meilleur court-métrage – Je te tiens tu me tiens, d’Eric Guirado

Je vote Jacques Tati président de la République.

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