The Human Centipede 3 (Final Sequence)

Nos notes

Pour être complètement transparent avec vous, l’idée de ce cycle complètement idiot visant à faire voir à chaque rédacteur le souhaitant un film réputé comme l’un des plus malsains de tous les temps, c’est moi qui l’ai eue. De fait, il apparût aux autres rédacteurs normal que j’écope d’un épisode de la tant redoutée saga Human Centipede. Tant qu’à faire, on m’a refilé le dernier, en gageant sur la surenchère habituellement de rigueur dans ce type de sagas. 

Evidemment, tout le monde s’est contrebalancé du fait que je n’ai pas vu les deux premiers épisodes, et l’on m’a refourgué celui-ci comme on ferait passer un convive d’un bon repas chicos directement au dessert sans passer par la case steak-frites (chacun sa définition de repas chicos). Heureusement, j’ai vite compris l’idée. La première scène est là pour ça, d’ailleurs, puisqu’on y voit la fin de l’épisode 1, regardée par le héros de l’épisode 2, regardé par les héros de l’épisode 3. Vous suivez ? Y a des télés dans des télés, pour faire plus clair.

J’ai longtemps repoussé l’échéance de regarder cette merde annoncée, mais la bronchite du retour des jours frais m’ayant cloué au lit a finalement eu raison de ma procrastination : c’était là l’occasion rêvée. Seulement voilà, je ne savais finalement absolument pas à quoi m’attendre. J’avoue qu’hormis les sursauts que je déteste, peu de choses que d’aucuns qualifieraient d’affreuses provoquent en moi au cinéma autre chose que le rire, dans le pire des cas nerveux. Pourtant, j’avais ouï dire qu’il s’agissait là d’un des films les plus dégueulasses de l’histoire du cinéma. Si tant est qu’il s’agisse en effet de cinéma.

Alors c’est non sans peur que je me suis aventuré à cliquer sur play. Le film débute comme un putain de nanar. Dans une scénographie hyper pauvre, les deux acteurs principaux (je me suis renseigné, ce sont en réalité les héros des opus 1 et 2 dans de nouveaux rôles) jouent la comédie de façon assez lamentable. L’un est le grand chef d’une prison, sorte de tyran qui ne cesse jamais de gueuler et de chercher de nouveaux moyens de torture pour calmer ses détenus les plus hargneux, l’autre est son premier sbire, rondouillard au regard malsain.

C'en est trop, le coeur se soulève et cette désagréable sensation du vomi à l'approche me pousse à mettre le film en pause

La première demi-heure est déjà une torture à regarder, avalanche de punchlines qui ne fonctionnent pas du tout émanant de ce duo en toc auquel vient s’ajouter une blonde pulpeuse, secrétaire slash objet sexuel du big boss, interprétée par une ex-actrice porno. Je me surprends à somnoler tant l’épreuve est ennuyeuse, jusqu’à ce qu’un peu d’action vienne enfin me redonner de l’espoir. Un prisonnier tatoué du genre vénère se rebiffe et envoie balader le grand chef. L’occasion pour ce dernier de réfléchir à comment calmer le bonhomme. Il lui coupe littéralement les couilles en gros plan avant de se badigeonner le visage du sang conséquent à cette opération improvisée. Comme si c’était pas suffisant, il réclame aux collègues qu’on les lui cuisine sur le champ.

Premiers yeux qui tournent.

Le réal sait qu’il tient ta glotte, alors il enchaîne. En quelques minutes, on va avoir une ingestion de clitoris séchés et un refus par la secrétaire d’avaler la semence du big boss qui avait soudainement eu besoin de se soulager dans sa bouche. C’en est trop, le coeur se soulève et cette désagréable sensation du vomi à l’approche me pousse à mettre le film en pause. J’enfile un pantalon, puis fais de frénétiques allers-retours dans la cuisine en buvant sur chaque retour une gorgée d’eau, en me concentrant sur le bruit de mes pas sur le parquet. J’efface de ma mémoire les 10 dernières minutes d’images à gerber en pensant désormais à des petits chiens qui courent dans de l’herbe verte. Je ne suis pas certain qu’il y ait plus efficace, pour se sortir d’un film dans lequel on a plongé trop fort, que de penser à des petits chiens qui courent dans de l’herbe verte.

Mon esprit vagabonde et je me surprends en un rien de temps à avoir rejoint le lit dans lequel est projeté Human Centipede 3. Comme si mon subconscient me rappelait que j’étais là investi d’une mission de la plus haute importance. Il reste 45 minutes de film, 47 exactement. Je le sais, j’ai laissé la barre de progression visible et je la regarde désormais toutes les 30 secondes environ.

La prison est trop dépensière, la faute aux tortures onéreuses (si si…) et aux prisonniers trop indisciplinés. Il faut inventer quelque chose. En lien avec le médecin de la taule, donc, nos deux héros réfléchissent à l’idée de fabriquer le plus grand mille-pattes humain de l’histoire. Plus grand que celui des deux films précédent dont ils sont de fervents spectateurs (même si le boss n’a de cesse de dire que ceux-ci ne sont à son goût pas assez violents). Mille-pattes cousu cul-bouche, pour ceux qui ne connaîtraient pas l’histoire.

mp

La partie la plus funky du film (la seule qui se tienne) est celle qui précède le début des opérations. Le big boss a annoncé aux taulards ce qu’il souhaitait faire d’eux, et ceux-ci se mettent réellement à paniquer (tu m’étonnes), à créer des émeutes et à tenter, en vain, de s’échapper. Dans mon lit je suis un peu pareil qu’eux, je suis moyen excité à l’idée de voir ce qu’il va se passer, j’ai plutôt envie de casser la gueule en l’occurrence au réalisateur et aux acteurs. Mais comme eux sont prisonniers de leur geôle, je le suis de ma fierté vis-à-vis des autres cinématraqueurs. Je me badigeonne de Vaporub, ce qui n’a absolument rien à voir avec le film, mais ayant promis de raconter de façon exhaustive ma séance, il fallait le préciser.

Les scènes chirurgicales sont finalement en fait annihilées par un gag bien tiré par les cheveux les précédant. Nous sommes dans l’infirmerie, un type se tord de douleur et le boss de la prison demande au médecin ce qu’il a. Celui-ci lui explique qu’il souffre d’un problème de diarrhée chronique. Parfait, lui répond le chef de la prison, il fera un formidable premier élément du mille-pattes humain.

L’on reprend alors la mesure de l’aspect régressif, très pipi-caca de la chose, et ce pour le dernier quart-d’heure de couture puis de contemplation de la créature engendrée.

Le film a finalement cette énorme faiblesse de ne jamais réellement savoir où se situer, à cheval entre l’horreur, la comédie, le gore ou encore le film de prison. On peine à comprendre quel ton souhaite adopter son réalisateur, et le côté malsain qui point parfois n’est finalement que la conséquence d’un changement soudain de cap, de rythme.

J’ai l’impression d’avoir vu une avalanche de vidéos scatos sur Facebook, bien loin de la terreur annoncée. C’est vraiment dégueulasse, oui, mais c’est pas bien méchant… Un film de petit con, en somme.

Pour ceux qui voudraient malgré tout voir une bande-annonce…

Tous les autres textes du cycle des films interdits

Verdict ?

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

1 Comment

  • Répondre février 11, 2017

    Sweet Judas

    « Un film de petit con, en somme. »
    C’est peu ou prou la réflexion que je m’étais faite en lisant le résumé made in allociné du film… Y’a des choses qui me dépassent, dans cette constante recherche de gore gratuit. Cela dit, le billet est vraiment très drôle, ça fait passer 5 minutes à rire et c’est quand même cool donc voilà, je voulais le souligner.

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