Cannes 2015, le palmarès commenté par un mec qui n’a pas vu les films

Je vous entends déjà râler :

« Oui euh, ce mec il commente un palmarès fait de films qu’il n’a même pas vus euh. »

Déjà, d’abord, je vous emmerde. Je suis 50 fois plus fringant que le plus sérieux des festivaliers aujourd’hui, je suis la personne la plus à même de commenter ce palmarès de merde. Je n’accorde de fait aucun crédit à vos dires, puisque j’ai tout vu tout lu sur Cannes, tant et si bien que je connais mieux les films qui y ont été projetés que les gens qui en étaient.

J’ai enchaîné Twitter, Facebook, relectures d’articles, Grand Journal, dires de la dame de la cantine du boulot, et je peux vous dire que du Audiard je connais la fin, et qu’elle est toute moisie.

Moisie comme le palmarès, puisque de toute façon les palmarès sont toujours moisis, par définition.

Je trouve qu’on devrait donner la Palme chaque année à la même personne. On est d’ailleurs deux collectifs à penser ça, mais on n’est pas d’accord sur la personne. Y a la #TeamHaneke et la #TeamDardenne.

Le prix du scénario a été remis à Chronic, de Michel Franco. Qui n’a aucun lien de parenté avec James. Ni avec le dictateur. Enfin je pense. Je ne me suis pas renseigné, remarquez.

Ca y est, je me suis renseigné, j’avais raison. C’est bien la preuve que j’ai un instinct assez formidable et pas besoin de voir les films pour les commenter.

Les précédents films du mec de Chronic parlaient respectivement d’un frère et d’une soeur qu’on forçait à coucher ensemble, et d’une fille que ses camarade violentaient à coup de tartes au sperme, etc.

En effet, scénaristiquement parlant, c’était brillant. Je vous laisse donc imaginer ce qu’il va se passer dans Chronic, dont voici le pitch :

« Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical et instaure une véritable intimité avec ses patients. »

« Une véritable intimité », donc.

Le Prix du jury est remis à The Lobster, ce film dont vous avez entendu parler où des mecs doivent obligatoirement pécho dans les 30 jours sous peine d’être transformé en animal. Yorgos Lanthimos reçoit donc en guise de récompense son poids en cocaïne.

Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de Vincent Lindon prix d’interprétation masculine dans son rôle de mec tristounet : ça, ça n’est pas usurpé. D’autant plus que (sans compter son frère Barry, oscarisé en 1976), c’est la première grande récompense pour la famille Lindon.

Le prix de la mise en scène a été attribué à The Assassin. Ce prix-là, il signifie clairement « visuellement c’est magnifique. Mais c’est quand même pas mal chiant… euh contemplatif. »

Le Fils de Saul, nouveau produit dérivé (made in Hongrie) de la série Breaking Bad, remporte le Grand Prix. On a hâte de le découvrir sur Netflix.

Et la Palme est attribuée à Dheepan, le nouveau Jacques Audiard, qui parle d’une meuf dyslexique qui s’appelle Daphnée. Le jury a dû être touché par ce nouveau tour de force du maître du cinéma médical français, qui s’attaquait là à une nouvelle pathologie après son superbe plaidoyer contre la crise cardiaque en 2005 et son essai sur l’amputation il y a deux ans.

On regrette l’absence au palmarès du pourtant très funky Mad Max, assurément le meilleur film de cette sélection. A côté duquel les jurés sont manifestement passés.

Palmarès complet :

Palme d’or : Dheepan de Jacques Audiard

Grand Prix : Le Fils de Saul de László Nemes

Prix de la mise en scène : The Assassin de Hou Hsiao-Hsien

Prix du scénario : Chronic de Michel Franco

Prix d’interprétation féminine ex aequo : Rooney Mara dans Carol de Todd Haynes et Emmanuelle Bercot dans Mon roi de Maïwenn

Prix d’interprétation masculine : Vincent Lindon dans La loi du marché de Stéphane Brizé

Prix du Jury : The Lobster d’Yorgos Lanthimos

Caméra d’Or : La Tierra y la Sombra de César Augusto Acevedo

Palme d’or du court métrage :Waves ’98 d’Ely Dagher

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

1 Comment

  • Répondre mai 24, 2015

    cinesherlo

    Pas vu les films non plus…je ne serai peut être pas aussi catégorique et virulente ahahahah (mais drôle à lire en tout cas!) bien que je partage l’avis !
    Carol & Petite soeur sont les seul films de la sélection qui m’intéressent…Mia Madre a l’air pas mal aussi. Dommage que parmi ces 3 là, il n’y ait eu que l’interprétation féminine pour Rooney (et co partagée en plus !!)

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