Plaisir coupable ? The Holiday, qui a parfaitement meublé mon 1er janvier 2007

Le col roulé en cachemire blanc encadrant un impeccable carré blond californien de Cameron Diaz dans The Holiday aura eu raison de mon sens critique…

Avec son prétendu bon goût (il faut admettre en réalité que son style prétend au chic, mais ne peut en aucun cas être qualifié de tel), Cameron, aka Amanda Woods débarque dans la country anglaise enneigée et élit domicile dans le petit cottage d’une trentenaire en perdition (Kate Winslet). Tandis qu’Iris, la jeune femme en question découvre le palace d’Amanda, sis dans une rue verdoyante de Beverly Hills.

L’échange s’avèrera éminemment fructueux puisque l’une comme l’autre tomberont amoureuses, la première de Graham (Jude Law), un pauvre veuf flanqué de deux adorables fillettes qui n’est autre que le frère d’Iris, la seconde s’entichera d’un compositeur de musique plutôt moche mais très drôle.

N’oublions pas qu’il s’agit d’un film entrant dans la catégorie « plaisirs coupables », aussi il est attendu qu’aucun cliché ne nous soit épargné. Mon sens de la vindicte ayant été aboli par ces satanés et très moelleux cols roulés (déclinés dans un spectre allant du blanc immaculé au grège moyen) j’ai donc accepté cette mauvaise romance ; la faute, sans doute, au contexte. Car ce film fut pour moi, le premier de l’année 2007, lorsqu’au lendemain de ma soirée du réveillon j’estimai qu’aller voir The Holiday dans le cinéma du coin, en VF, se présentait comme la meilleure option pour meubler ce terrible après-midi du 1er janvier.

the-holiday-film-4578Mais je ne saurais me cacher plus longtemps derrière ces excuses, et je dois admettre que la simple vision de la partie supérieure de l’affiche, où Graham et Amanda apparaissent rayonnants, annonce une idylle perfusée au Earl Grey sur fond de promenades au cœur du Surrey qui n’est pas pour me déplaire. La partie inférieure, elle, sent la lose, disons-le tout de go…

Pourtant ce n’est pas la moitié de The Holiday qui m’a conquise, mais bien son intégralité, preuve que l’amourette outre-Atlantique, malgré un attrait moindre avait su me plaire, sans doute grâce à l’humour supposé ravageur de Jack Black, à défaut de son physique. Parallèlement, les deux histoires se développent, la première démarre en trombe (normal ils sont beaux), l’autre est placée sous le signe de l’apprivoisement (normal ils sont « gros »). Nancy Meyers, la réalisatrice de ce film (et du Père de la mariée II, que j’avais aussi aimé, à l’époque où je l’avais vu, mais j’avais 11 ans…), n’a peur de rien ! Elle ne fait pas cas de la psychologie des personnages, et pour ça, je l’applaudis des deux mains. Après tout, on a bien le droit de plaquer son job de rêve (Amanda) pour s’occuper d’un veuf sexy, faire abstraction de ce qu’implique de faire sa vie avec un homme déjà père de deux enfants, et renoncer au climat californien pour celui, plus humide, du Surrey. Ca, c’est quand on est beau. Quand on est moins beau (tout est relatif, on ne peut pas dire que Kate Winslet soit moche…), on est intelligent ! Du coup, on réfléchit à deux fois avant de tout quitter pour un musicos même riche. On se dit surtout qu’on ne tiendra pas dans la fournaise californienne et on préfère faire des Londres-Los Angeles tous les quinze jours.

Ce sont tout à la fois l’exposition subtile de situations critiques et de personnages complexes qui font de The Holiday, plus qu’une simple comédie romantique, une magnifique ode à la vie !

The Holiday, de Nancy Meyers avec Cameron Diaz & Kate Winslet

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