EDITO – Cycle des plaisirs coupables

Le mois dernier, j’ai demandé dans le cadre du cycle introduit ici à chaque rédacteur du site s’il avait un plaisir coupable cinématographique. Après quelques incompréhensions (non, un Woody Allen n’est pas un plaisir coupable, pas plus que Rien que pour vos Cheveux) et de longues explications, il a fallu que nous définissions ensemble l’idée de plaisir coupable, parce qu’elle est en effet des plus casse-gueule.

On a décidé de se dire qu’il s’agissait de films énigmes. Des films auxquels on peine à trouver des qualités cinématographiques, et pour lesquels l’intérêt réside dans la perception qu’un individu en a. Ce ne sont pas forcément des navets, plutôt des films insignifiants cinématographiquement parlants que l’on aimerait beaucoup plus qu’ils ne le mériteraient, par un heureux hasard. Il s’agit d’un contexte de visionnage, d’une affinité particulière et disproportionnée à un sujet, à un acteur, à une chanson…

L’ennui avec le plaisir coupable n’est pas de s’y adonner, mais d’avouer aux autres qu’on s’y adonne. C’est le regard d’autrui qui est gênant car il nous renvoie à la qualité de notre goût.

Dans les jours qui viennent, donc, vous allez lire chez nous des critiques purement subjectives, avec lesquelles vous n’aurez pas à savoir si vous êtes d’accord ou pas, puisqu’elles n’ont pas vocation, une fois n’est pas coutume, à donner envie de voir un film ou bien à transmettre une idée. Ce que vous lirez sera empli de mauvaise foi, parce qu’il va s’agir, douloureux exercice, de légitimer l’illégitime. De mauvaise foi mais aussi, chose rare, d’une subjectivité immense. On ne cherchera pas coûte que coûte à asséner une vérité générale (cf la vision assez juste de la critique de cinéma faite par François Barge-Prieur dans les Fiches du cinéma) fondée sur des codes immuables, indiscutables, mais on prouvera au contraire que cette putain de condition humaine de laquelle on aimerait s’affranchir face à des snobinards du cinéma nous pousse parfois aimer de ces conneries…

Si vous aussi vous avez des plaisirs coupables cinéphiles, dont vous savez pertinemment qu’ils ne sont pas de grands films, mais que vous souhaitez mettre en avant pour une raison X ou Y, envoyez vos textes à cinematraque@gmail.com : ils auront peut-être la chance de faire partie du cycle !

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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