Plutôt que de me fader le foot, je suis allée voir L’Ex de ma Vie

Nos notes

Hier soir, les français ont eu à choisir leur camp.

D’un coté le canap/bière devant le match France/Nigéria, de l’autre le fauteuil d’UGC Les Halles pour aller voir L’ex de ma vie, dernière fournée romantique du monstre producteur distributeur et exploitant.

Ca sent le gros budget mis là-où-y-faut-pas, l’énième cocktail à la française du « c’est mignon c’est sympa »,  alors on fait en quoi de tout ça ?

On y va et en vitesse, parce que le foot…

Une chouette copine à son bras, introduisons-nous dans la salle où, magie, en cinq petites minutes, toute l’histoire et ses enjeux nous sont contés.

Un ex-copain canon mais Italien (donc taré sur toute la durée du film), une Géraldine Nakache en plein chantier d’une jolie vie chic et rangée et, surtout, un voyage à Paris…

Le film est efficace à révéler son dénouement le plus tôt possible, ce qui dans le genre de la comédie romantique est un excellent point.

Comprenez que le suspense est le pire ennemi de ce genre extrêmement pointilleux, je dirais même exigeant. Ce qu’il faut, c’est susciter l’envie du grand voyeurisme, la question n’est pas de savoir s’ils vont recoucher ensemble – puisqu’ils vont recoucher ensemble – mais par quel moyen cela va arriver. La difficulté réside bel et bien là : réussir à répondre présent au rendez-vous du public, tout en le surprenant dans ses attentes.

Dans l’Ex de ma vie, ces fameux rendez-vous sont respectés mais jamais, ou si peu, remis au goût du jour, pensés selon une démarche originale et surtout personnelle. Le film manque cruellement de cet assaisonnement qui en ferait un superbe plaisir coupable. Même si la réalisatrice a eu l’intelligence d’investir la ville dans cette mission (chambre de bonne confinée, balade sur le Pont Neuf, toits d’immeubles), en plus d’avoir compris l’importance des seconds rôles et figurants – mention spéciale à l’animatrice du voyage touristique pour jeunes mariés, juste exceptionnelle –, l’absence d’une vision forte et engagée qui couperait court à toute ressemblance avec des purges récentes (Jamais le premier soir, Amour sur place ou à emporter, A coup sûr) pour réinterpréter la chansonnette de ce classique du « retour de l’ex » fait défaut.

Le film peine à nous manipuler comme on l’adore : si l’on aimerait avoir le cœur serré à plusieurs reprises, c’est un simple sourire qui se manifeste. L’environnement du film vacille entre une veine comique porté par Nino (l’ex d’une vie, donc) que Géraldine Nakache n’a de cesse de ralentir, et un poétique mielleux miraculeusement conduit par cette dernière, mais irréalisable à cause de la tonalité choisie par son partenaire…

Quel plaisir ce serait pourtant de les voir danser sur le même pied… cheveux au vent, sur un petit air à la fois sexy et mélancolique (et certainement pas sur Lilly Wood and the Prick, une grosse erreur) avec en arrière-plan une tour Eiffel discrète mais admiratrice du couple bêtement heureux. Voyez le tableau ?

Même si le duo chancelle, on salue tout de même l’énergie du film en souhaitant à Dorothée Sebbagh d’entretenir sa précieuse flamme romantique.

L’Ex de ma Vie, de Dorothée Sebbagh avec Géraldine Nakache – En salles

Verdict ?

Je vote Jacques Tati président de la République.

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