Les Gazelles, drôles de dames

Marie, la trentaine, sort avec Eric depuis le lycée. Alors qu’ils viennent d’acheter leur appart’, Marie fait la rencontre d’un skater ténébreux. Et barbu. Chamboulée, elle quitte Eric sans états d’âme, pour le meilleur et pour le pire, et se créé une nouvelle bande de copines.

Si vous avez entre 25 et 35 ans (âges non contractuels), Les Gazelles vous parlera sans doute. Peut-être y retrouverez-vous vos questions existentielles, vos plans drague plus ou moins foireux ou certains profils-type de potes sympa, mais relous sur les bord (vous savez, cette copine enceinte qui ramène n’importe quelle discussion à son nombril rebondi). Marie, ses amis, ses amours, ses emmerdes. Le refrain est connu, mais la partition que joue cette comédie modifie certains accords. Le film révèle au grand public la puissance comique de Camille Chamoux, également co-scénariste, excellente dans son rôle d’abonnée aux plans loose mais ne s’avouant jamais vaincue. Elle est entourée de comédiennes trop rares à l’écran – Joséphine de Meaux, Naidra Ayadi, Anne Brochet, Olivia Côte (Audrey Fleurot n’appartient pas vraiment à cette catégorie, mais on l’aime bien quand même)… – et elles forment ensemble une bande de copines aussi crédible qu’attachante. La preuve, en sortant de la salle, on aimerait bien les retrouver pour trinquer au bistro du coin de la rue.

Epilation et poils pubiens

Ce n’est pas non plus si souvent – euphémisme – que, dans une comédie, les filles quittent les seconds rôles de faire-valoir pour s’imposer au premier plan, sans se plier à la tyrannie du glamour (on y parle épilation express, poils pubiens et ragnagnas, même si, attention, le film est très loin de se limiter à ça). On les voit réviser leurs techniques de séduction comme une formule arithmétique qu’il suffit d’appliquer pour arriver au résultat escompté, ou organiser la résistance face à des mecs au charme trop désarmant. Et s’il doit céder à certaines conventions de la comédie romantique, le film propose un autre horizon à ses héroïnes que le mariage comme sommet de l’accomplissement féminin.

L’ego des gars

Si les hommes n’y sont pas toujours brossés dans le sens du poil de barbe, Les Gazelles n’a rien du film revanchard jouant le couplet du « Tous les mêmes, tous des salauds, on n’a pas besoin d’eux ». Franck – les Kaïra – Gastambide est d’ailleurs surprenant, voire méconnaissable, en chic type romantique que l’on a envie de consoler. Les garçons susceptibles peuvent donc se glisser dans la salle sans risquer de voir leur amour propre s’y faire abîmer. Le film fera le bonheur des soirées entre copines, entre copains ou entre copains et copines.

Les Gazelles, de Mona Achache, avec Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Anne Brochet, Franck Gastambide, France, 1h39.

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

1 Comment

  • Répondre mars 28, 2014

    EVE

    HYPER d’ACCORD !
    une réussite du genre!

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