[L’image de l’année] Instant situ à la Nouvelle Star

S’il fallait garder de 2013 une image, un plan, un photogramme : les rédacteurs de Cinématraque se prêtent à l’exercice.

De temps en temps, Nouvelle star recèle de surprises, trésors de manipulation, de mise en scène et de remontage. Début novembre, lors des castings parisiens, un jeune hurluberlu en haillons émerge du métro, des peintures sous le bras. Ce hobo immédiatement sympathique, mal rasé, s’invite à la mascarade et crée un grand moment de déflagration.

Le garçon taiseux et au visage légèrement pourpre est un artiste bohème : il dépose ses tableaux – il vit avec eux, s’en imprègne – et entonne une copie de Saez assez fidèle à l’original. À la posture cynique et totalement hors-jeu du bonhomme se greffe un pamphlet contre la télévision et ses diktats porté par un flow syncopé de rappeur. Et il s’en va, avec ses toiles.

Grand moment situationniste. Qui est-il, ce punk « ni peintre, ni musicien » ? Évacué, persona non grata. Soudain, on a coupé le son. Visages décomposés sans voix, mimant la stupeur chez les uns, l’effroi chez les autres : le casting de cinq minutes réduit à la plus simple expression – une petite chanson de gestes circonspects – libère alors un silence de toute beauté.

Cousin lointain de Christophe Lambert. Aime Rosetta, Caroline Proust, la 3-D et les fondus enchaînés. S’enivre de films noirs. Devient tout vert quand on lui parle de Lars von Trier. Chasseur de têtes, rayon critique, fétichiste du texte, surtout ceux des autres.

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