2 automnes 3 hivers, plaisant mais anecdotique

Relative déception que ce film de Sébastien Betbeder, auteur plus tôt cette année du beau Mes nuits avec Théodore. Si l’on retrouve bien ici quelques motifs similaires – le souci d’une géographie précise, de noms de rues en localités de montagne ; le projet d’un réenchantement de la ville, Paris en l’occurrence ; une certaine mélancolie contemporaine, pas tout à fait étrangère aux mouvements de la Lune – Betbeder sacrifie par ailleurs à une veine bien trop anecdotique pour convaincre.

Au détour d’un plan, surgit une affiche des Quatre nuits d’un rêveur. Détail révélateur d’une influence plutôt rare dans un jeune cinéma français plutôt porté à citer (mal) son petit Pialat illustré. Mais la veine bressonienne en reste décidément au stade de l’intention.

Mes nuits avec Théodore suggérait un mal-être, un trouble, une violence enfouies sous le Paris boboïde. Ici, Betbeder confond l’essence du quotidien et ses petits désagréments, donnant des gages de connivence au jeune urbain contemporain : le jogging au parc (pour quel survêtement opter, afin de se donner une allure athlétique ou décontractée), la queue au Lidl du coin (la caissière vous informant qu’elle ne prend plus de clients, les petites vieilles comptant et recomptant leur monnaie). Plus près de Bref que de Bresson, en somme.

2 automnes 3 hivers, Sébastien Betbeder, avec Vincent Macaigne, Maud Wyler, Bastien Bouillon, France, 1h30.

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