[L’image de l’année] Une photo de mariage

S’il fallait garder de 2013 une image, un plan, un photogramme : les rédacteurs de Cinématraque se prêtent à l’exercice.

C’est une photo de mariage. C’est un cliché d’album de famille. C’est une image d’actualité. Le 29 mai 2013, Vincent Autin et Bruno Boileau sont devenus messieurs Autin-Boileau, le premier couple d’homosexuels légalement marié en France. On a connu les mariages princiers retransmis en Mondovision, mais jamais un mariage civil n’avait été ainsi diffusé en direct sur les chaînes d’information et sur Internet. La salle des mariages de la mairie de Montpellier était trop petite pour accueillir tous les invités et, surtout, les journalistes venus du monde entier. Il a fallu se replier sur la salle des rencontres de l’hôtel de ville.

Le dispositif, le décor, paraissent trop grand pour ces deux hommes. Ils sont un symbole. Leurs mots, leurs « oui », leur baiser, sont scrutés par les envoyés spéciaux, font crépiter les flashs des photographes. Les époux ont fait le choix de médiatiser leur union : pour montrer que le mariage d’un couple homosexuel, c’est simplement ça. Une cérémonie avec des parents émus, des invités qui portent beau, un bébé qui pleure dans l’assistance, indifférent à la solennité. Un mariage comme tous les autres. Les paradoxes se mêlent : l’événement intime observé par des millions d’yeux, la simplicité d’un mariage civil face à un dispositif médiatique hystérique. Ce que l’on regarde alors, c’est l’histoire en marche. Celle avec un grand h. Celle avec un petit h.

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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