[DVD] The ABCs of Death, l’horreur au pied de la lettre

Vingt-sept réalisateurs ont été sollicités pour constituer l’abécédaire macabre qu’est ABCs of Death. Cette anthologie inégale, mais qui n’est pas sans qualité, vient d’être édité en DVD.

Vingt-six sketches, comme autant de lettres de l’alphabet, et de façons de mourir. C’est le concept — simple — de cette anthologie qui réunit vingt-sept réalisateurs (le duo Hélène Cattet et Bruno Forzani a co-réalisé l’un des courts métrages), de différents continents, s’étant illustrés dans le cinéma de genre. Parmi les plus connus, on retrouve Ti West (The House of the Devil, The Innkeepers…), Xavier Gens (Frontières), Ben Wheatley (Kill List, Touristes, A Field in England) ou Angela Bettis (l’actrice de May). Chacun s’est vu attribuer une lettre de l’alphabet et un budget de 5000 $ pour réaliser son segment. A charge pour chacun d’imaginer un scénario autour d’un mot, commençant par la lettre qui leur a été dévolue, et ne sera révélé qu’à la fin du sketch. Si certains choix se révèlent convenus, d’autres s’avèrent surprenants ; l’intérêt de la variation de Ti West autour du M ne repose d’ailleurs que sur cette révélation.

ABC

Créativité

Malgré les contraintes de départ, chaque réalisateur a eu carte blanche pour son projet. Certains en ont pleinement profité, prouvant que l’exercice imposé n’était pas incompatible avec la créativité. Les services juridiques ont donné leur aval sans trop rechigner et, si certaines propositions ont été écartées, la raison serait à chercher du côté du manque d’efficacité — le film soumis par Christopher Smith (Creep, Triangle…) aurait ainsi été recalé pour ce motif. Les différents sketches de The ABCs of Death ne font pas vraiment dans le consensuel (à deux ou trois exceptions près). Sans grande surprise, Eros et Thanatos faisant bon ménage, le sexe est l’un des thèmes récurrents. Mais les animaux et la scatologie ont aussi particulièrement inspiré les différents réalisateurs.

Gore et poésie

Cependant, aucun des films ne ressemble à un autre et c’est cette hétérogénéité, qui ne nuit en rien à la cohérence de l’ensemble, qui fait la force de l’anthologie. De l’horreur à la science-fiction, en passant par le film expérimental et la comédie, la mort se décline ici sur tous les tons. L’exubérance gore voisine avec la poésie, la froideur documentaire avec la pochade surréaliste, l’esthétique clippesque avec l’animation en pâte à modeler. C’est parfois de mauvais goût (les films autour du F et du L décrochent la palme), souvent pas loin du sublime (guettez le D et le O), quelquefois perturbant et percutant (le P et le X), et l’avantage, c’est que quand c’est mauvais, cela ne dure pas longtemps.

ABC of Death, film collectif, 2h03. DVD édité chez Optimale – Film interdit aux moins de 16 ans.

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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