Salvo : du Samouraï à GTA, le renouveau du cinéma italien?

Nos notes

Charles Tesson, Délégué Général de la Semaine de la Critique, annonçait Salvo comme le renouveau du cinéma italien, et les rumeurs étaient plutôt flatteuses. Le résultat est-il à la hauteur? Oui et non.

Oui, parce qu’il faudrait être d’une absolue mauvaise foi (chose courante après tout dans la critique) pour ne pas admettre les qualités évidentes de mise en scène des deux cinéastes. Ainsi, les premières minutes sont assez fascinantes, non dans leur façon de mettre en avant l’influence des arts vidéo ludiques, mais en désignant la naissance d’une génération de cinéastes qui n’ont plus à revendiquer leur amour des jeux vidéos : les expérimentations proposées dans certains jeux, ils les ont aujourd’hui totalement digérées. Difficile par exemple de ne pas penser à Grand Theft Auto ou Counter Strike dans la scène qui ouvre le film : un vieux mafieux tombe dans une embuscade, et son homme de main à peine sorti de voiture élimine un par un les différents tueurs, méticuleusement. Le tour de force se poursuit dans une maison en bord de mer. Ayant obtenu le nom du commanditaire, Salvo se retrouve nez à nez avec la sœur aveugle de celui-ci. On assiste alors à un enchaînement de plans-séquences d’une absolue maîtrise. Encore une fois, c’est à un jeu que l’on pense : celui du chat et de la souris. Alors que l’aveugle tente de laisser croire au tueur qu’elle n’a pas remarqué sa présence, ce dernier en tombe amoureux. Étonnamment, il n’y a ici aucune volonté d’épater la galerie, d’exhiber un savoir-faire. Sans quasiment la moindre ligne de dialogue jusque-là, les auteurs nous présentent simplement la situation.

Non, car après un tel démarrage, le problème est de tenir sur la longueur, et c’est là que les promesses ne tiennent plus. Une fois le frère assassiné et la jeune fille kidnappée par le tueur, le film retombe à plat, dans une espèce d’hommage insistant au cinéma de Melville, Le Samouraï en premier lieu. Les scènes s’étirent alors en longueur, et le film finit par lasser. Malgré tout, il faudra retenir, pour l’avenir, les noms de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza.

Salvo, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, avec Saleh Bakri, Sara Serraiocco, Luigi Lo Cascio, Italie/France, 1h43.

Verdict ?

Après un parcours scolaire chaotique et pas mal de soirées vidéo bis, je me réfugie à l’université pour y faire grève et bouffer du film. Je m’y passionne pour la critique et l’écriture de scénario. Depuis, je m’efforce de trouver du boulot là où il est question de ciné. Après La Cinémathèque Française et UniversCiné et des collaborations aux Fiches du Cinéma et Culturopoing, je pris goût à l’ivresse du pouvoir, en 2012, en co-fondant Cinématraque. Je collabore également à La 7e Obsession.

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