Detention : We are the nineties

Riley est une ado légèrement loseuse sur les bords qui, au lycée, lutte quotidiennement. Aussi bien contre les pom-pom girls et autres avatars des ˵populaires˶ que contre un tueur en série. Non, les salles de cours n’ont rien d’ordinaire…

Imaginez un mélange de The Breakfast Club, Donnie Darko et The Doom Generation, et vous aurez une petite idée de ce à quoi Detention peut ressembler. Un mix détonnant pour un film qui ne l’est pas moins, oscillant entre hommage, parodie, pastiche et pure délire. Tout commence comme un slasher sous amphet’ : une lycéenne passe de vie à trépas, massacrée par un tueur masqué, tout droit sorti d’une péloche d’horreur nommée Cinderhella (tout un programme… l‘extrait parodique qui brocarde Saw est priceless). Mais Detention quitte bientôt le sentier bien balisé du trucidage en série et glisse vers la comédie teen et le trip fantastique.

L’intrigue se dénoue durant une heure de colle (la ˵détention˶ du titre), faisant clairement du pied au séminal The Breakfast Club de John Hughes, dont l’influence sur le teen movie reste vivace, près de 30 ans après sa sortie.

Le spectateur, lui, n’est pas loin d’être essoré dans ce flot de références pop et de trouvailles de mise en scène qui, parfois, va très vite. Trop, peut-être. Un zapping permanent, conçu pour les ados d’aujourd’hui (kikoolol ou non), mais à partir des références de leurs aînés (coucou, les années 90 !). Sorti directement en DVD l’an passé, le second film de Joseph Kahn, auteur de… Torque, la route s’enflamme (qu’il ne manque pas de dézinguer gentiment ici), a quelque chose de jouissif et d’euphorisant. Ceux qui l’ont vu en clôture du premier Paris International Fantastic Festival en 2011, en gardent un souvenir hystérique. Oui, cette série B mérite un A+, tant elle nous laisse sur le culte !

Detention, Joseph Kahn, avec Josh Hutcherson, Dane Cook, Spencer Locke, États-Unis (2012), 1h33.

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

2 Comments

  • Répondre septembre 19, 2013

    question avocat

    Après avoir visionnée deux fois la bande annonce, afin de comprendre à peu près ce qui se passe dans ce film, je me suis dis que le mieux c’était de le regarder. 🙂
    En tous cas merci pour ton post, il a titillé ma curiosité.

    • Répondre septembre 19, 2013

      Fabien Randanne

      Je suis content que ce billet vous ait donné envie de découvrir ce film – qui est effectivement aussi impossible à résumer que sa bande annonce est explicative… Lorsque vous l’aurez vu, revenez me dire ce que vous en avez pensé. 😉

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