[L’Étrange Festival] The Agent, un lointain cousin coréen de Jason Bourne

Pyon Jong Suk, un espion nord-coréen considéré comme un héros national, est en poste à Berlin. Alors que l’une de ses missions vient d’échouer, il cherche à fuir l’Allemagne avec sa femme, traductrice à l’ambassade de Corée du Nord. Et s’il était la cible d’un complot ?

The Agent, film d’ouverture de la dix-neuvième édition de L’Etrange festival, devrait sortir directement en DVD en France. Dommage, en regard de la bonne tenue de ce film d’espionnage coréen qui lorgne aussi bien vers John Le Carré, pour son intrigue complexe, que vers la franchise Jason Bourne, pour l’efficacité de ses scènes d’action.

Berlin, je t’aime 

Le réalisateur, Seung-Wan Ryoo, était allé présenté son précédent film, The Unjust (2010), au festival de Berlin. Tombé amoureux de la ville, il a décidé que la capitale allemande serait le décor de son prochain projet. C’est chose faite avec The Agent (The Berlin File en VO), et force est de constater que le coup de foudre transparaît à l’écran, tant le cinéaste met en valeur la cinégénie de la ville, magnifiant les plus froids des cadres urbains. En faisant se croiser des agents nord-coréens et sud-coréens, le film évoque évidemment les relations tendues entre les deux pays, frères ennemis ; mais l’intrigue fait aussi intervenir des espions américains et israéliens, ouvrant The Agent sur une dimension cosmopolite.

Apparences trompeuses

Il est dommage que les états d’âmes du héros – nostalgique du pays – viennent ajouter de la confusion à un scénario déjà complexe, mais le film se rattrape dans des scènes de combats aux chorégraphies percutantes et grâce à ses twists successifs. Car, comme dans tout bon récit d’espionnage, les apparences trompeuses, les identités doubles et les desseins souterrains ne manquent pas de bousculer les plans trop bien huilés. Ce n’est pas d’une originalité folle, mais c’est assurément efficace.

The Berlin File, Seung-wan Ryoo, avec Jung-woo Ha, Suk-kyu Han, Seung-beom Ryu, Corée du sud, 2h00.

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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