« Moi et Toi », de la démesure à la demi-mesure

Un frère et une sœur, qui se connaissent mal, se découvrent, en passant une semaine enfermés dans une cave. Tourné en italien, avec de jeunes acteurs inconnus, Moi et Toi de Bernardo Bertolucci explore en mode mineur certains des thèmes flamboyants (tape-à-l’œil ?) d’Innocents, qui entremêlait un couple gémellaire parisien et un jeune américain dans un appartement sous-marin pendant mai 68 : la réclusion et le double érotique. Mais dans l’Italie des années 2010, l’enfermement est une respiration éphémère hors du monde pour mieux s’y replonger plutôt qu’une radicalisation politique et le désir, s’il n’a pas disparu, ne consume plus les êtres.

Est-ce à penser que le vieux Bertolucci souhaite pour les enfants d’aujourd’hui une adolescence plus douce que ne fut celle des enfants d’hier ? Difficile à dire, mais ce gentil conte risque de passer aux yeux de ceux qu’il décrit, comme les histoires de papi, pour un aimable radotage.

Moi et Toi, Bernardo Bertolucci, avec Tea Falco et Jacopo Olmo Antinori, Italie, 1h37.

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