[Blu-Ray] Kiki la petite sorcière, de Hayao Miyazaki

C’est une ligne blanche que suit Kiki la petite sorcière, sur la crête des nuages et de l’animation nippone. Un itinéraire au long cours qui voit le récit initiatique ériger un panégyrique de l’enfance. On pourrait croire à un style rudimentaire, alliage de dessins souples et doux, fleuris et colorés, et c’est presque tout le contraire qui surgit : à l’image de la partition sibylline de Joe Hisaishi, le film dévoile un savant dosage, plus troublant qu’en apparence, sur l’enfance contrariée. La différence et l’altérité, assurément.

Bien avant Le Voyage de Chihiro, Miyazaki creuse ici l’opposition ville / campagne, soulignant au passage la dialectique entre le trivial et l’hétérogène. La bonté de Kiki l’apparente, comme Ponyo un peu plus tard, à un être sacré, quasi hybride. L’édition Blu-ray est une bénédiction. La copie enlumine les côtés du cadre et la palette nocturne qui sublime les séquences de vol. Grandeur du bleu nuit, immensité des miniatures : Kiki la petite sorcière plonge le spectateur dans les volutes sinueuses de l’enfance.

Kiki la petite sorcière, Hayao Miyazaki, Japon, 1h42.

Cousin lointain de Christophe Lambert. Aime Rosetta, Caroline Proust, la 3-D et les fondus enchaînés. S’enivre de films noirs. Devient tout vert quand on lui parle de Lars von Trier. Chasseur de têtes, rayon critique, fétichiste du texte, surtout ceux des autres.

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